L’association de musique andalouse, « El Djazira » a animé, lundi à Alger, un concert de chants M’dihs, dans le cadre du programme d’animation des soirées du mois sacré du Ramadhan.
Organisé par l’Etablissement Arts et Culture en collaboration avec l’Office Riad El Feth, ce concert haut en couleurs, accueilli a la salle Ibn Zeydoun de l’OREF, a vu la vingtaine d’instrumentistes virtuoses -dont 13 musiciennes- dirigée par Nasreddine Hammouche (Bassirou), faire montre d’une prestation remarquable de maîtrise et de professionnalisme.Dans des atmosphères de bien-être et de convivialité, les instrumentistes sont apparus sur scène sous les applaudissements et les youyous du public, élégants et élancées dans leurs costumes et leurs accoutrements traditionnels en soie et en velours, frappés de belles broderies et de dorures renvoyant à l’ancestralité et au patrimoine culturel algérien.Devant un public relativement nombreux, les voix suaves des solistes, Hafida Boungab, Lina Benelmouloud, Neila Koriz et Amira Slatna ainsi que celle du ténor Bassirou, ont rendu un répertoire décliné en trois parties, dans les modes Raml El Maya, Zidène et Gh’rib notamment.Ainsi, et dans de belles variations modales et rythmiques, l’ensemble El Djazira a entonné, entre autres M’dihs, d’abord dans le mode Raml El Maya, « Ahcen ma youqal âïndi », « Ya Mohamed hay Sidi » et « Ya Rassoul Allah, enta El Habib ».Enchainant ensuite dans le mode Zidène, « Zawedna fi H’Mek » et « El Horm ya R’soul Allah » les prestataires ont conclu dans le mode Gh’rib avec entre autres pièces, « Mahboubi ya men zarou » et « La ilaha illa Allah ya Moulana ».De leurs côtés, les solistes à l’instrument, Mourad Bernoussi au Banjo et Adlane Hammouche à l’Oud (luth) ont embelli les atmosphères de cette soirée ramadhanesque, lors des « Istikhbars » (préludes musicaux), avec de belles envolées phrastiques, faisant ainsi montre d’une grande maitrise technique.Durant près de deux heures de temps, la richesse du patrimoine de la musique andalouse dans son volet M’dih, empreint du génie créatif des premiers musiciens et auteurs de cette musique savante, a été mise en valeur par un orchestre d’instrumentistes virtuoses issus de plusieurs générations.Parmi ce bel ensemble, le professeur Bachir Mazouni au piano, un des maîtres du genre qui, sur les pas de son père, Mohamed Mazouni, a voué toute sa vie à servir le patrimoine algérien de la musique andalouse, tant sur le plan de l’interprétation, que ceux de la formation et la transmission.A l’issue du spectacle, les instrumentistes de l’Orchestre « El Djazira » ont été longuement applaudis par l’assistance qui a savouré dans la solennité du M’dih et de cette musique savante, tous les moments de ce récital haut en spiritualité.Créée en octobre 1993 à Alger et présidée par l’artiste Brahim Bahloul, l’association « El Djazira » de musique andalouse se fixe pour objectif de promouvoir, préserver et universaliser le patrimoine musical andalou.
M.Taous






