Les enjeux de la nouvelle politique énergétique de l’Algérie: La problématique des carburants via la raffinerie de Hassi Messaoud avec des perspectives  économiques optimistes entre 2024/2030

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Lors du conseil des ministres en date  7 janvier 2024, un exposé présenté sur le projet de réalisation de la nouvelle  raffinerie de Hassi Messaoud ,le président de la république a souligné  « l’importance économique du projet, et instruit le gouvernement  à accélérer la réalisation pour entamer l’exploitation dans le cadre du renforcement de la production nationale en essence et gasoil, tout en s’orientant vers leur exportation, ainsi que de définir une nouvelle politique énergétique .»

1.-Sonatrach dispose de cinq (05) raffineries de pétrole brut, d’une capacité de traitement de 25 millions tonnes par an et d’une raffinerie de condensat d’une capacité de traitement de 05 millions tonnes par an.  Le plan de Sonatrach. Lors du  Conseil des ministres en date du 07 janvier 2024 a été décidé de relancer le  projet de la raffinerie de Hassi Messaoud. où en janvier 2020, le groupe Sonatrach avait signé un contrat avec un groupement composé de Tecnicas Reunidas (Espagne) et Samsung Engineering (Corée du Sud) pour la réalisation d’une raffinerie de pétrole au niveau de Haoud El Hamra à Hassi Messaoud. Plus précisément, selon les données de Sonatrach, la raffinerie aura spécifiquement vocation à produire sept produits à la norme Euro 5: propane (127 000 tonnes par an), butane (180 000 tonnes/an), essence NO 95 (352 000 tonnes/an), essence NO 91 (1 373 000 tonnes/an), kérosène (228 000 tonnes/an), gasoil (2 659 000 tonnes/an) et bitume (134 000 tonnes/an).  Ce contrat, d’un montant de 440 milliards de DA (quelque 3,3 milliards de dollars au cours de 137 dinars un dollar ), portait sur la réalisation d’une raffinerie de pétrole brut à conversion profonde d’une capacité de 5 millions de tonnes/an. Le projet devait être exécuté en EPC dans un délai de 52 mois et la livraison du projet était prévue en mars 2024, avec deux ans de garantie, soit mars 2026 pour la réception finale. Mais entre temps est survenu un conflit lié notamment relatif au  projet Touat Gaz en où Tecnicas Reunidas avait été sélectionné en 2013 pour concevoir et construire une usine de traitement de gaz naturel pour un coût de 1,1 milliard de dollars US, le  projet accusant  3 années de retard et la facture finale avait dépassé les 1,3 milliard de dollars US,  Técnicas Reunidas ayant  été accusé par Sonatrach et ses partenaires étrangers de manquer à ses obligations contractuelles, le dossier étant transféré à l’arbitrage international.  Selon Maghreb Intelligence en date du 03 mai 2024 en attendant le dénouement, « les espagnols de Técnicas Reunidas ont refusé d’entamer la moindre démarche pour lancer les travaux de la raffinerie de Hassi Messaoud alors que la Sonatrach leur avait versé auparavant pas moins de 200 millions de dollars US en 2020. Pour compenser ses éventuelles pertes dans le litige autour du projet de Touat Gaz, Técnicas Reunidas réclame depuis fin 2023 des avances onéreuses à Sonatrach ce qui va contraindre la compagnie algérienne à réévaluer le coût final de la raffinerie de Hassi Messaoud à plus de 4 milliards de dollars US, une perspective que refuse catégoriquement » Selon le quotidien Confidentiel espagnol , le  groupe Sonatrach a exigé  la somme de 852 millions d’euros, montant de  90 millions d’euros auparavant et dans la même affaire  en novembre 2023, la somme de 760 millions d’euros supplémentaires pour « manque à gagner » dans ce projet, ce qu’a rejeté la partie espagnole se plaint, du fait que la somme réclamée par la compagnie algérienne est dix fois supérieure aux 80 millions d’euros demandés par cette même entreprise au consortium, au début de cet arbitrage et donc  ayant décidé de recourir à nouveau à l’ arbitrage. International alors qu’il est souhaitable  dans l’intérêt des deux parties de régler rapidement ce conflit commercial à l’amiable.

2.- En 2022, environ 52% des produits issus des raffineries sont destinés pour couvrir les besoins du marché national, notamment en GPL, Essence, Gasoil et Lubrifiants, le reste de la production des raffineries est destiné à l’export comme le Naphta, le Fuel-oil et les Aromatiques. La consommation nationale de carburant s’est élevée à près de 17,7 millions de tonnes en 2022, soit une hausse de 3% par rapport à l’année 2021, devant atteindre les 41 millions de tonnes en 2050, avec une hausse de 3 millions de tonnes par an. La consommation de diesel a atteint 10,1 millions de tonnes en 2022, soit une hausse de 4% par rapport à 2021 alors que la production de diesel est de 9 millions de tonnes par an, la production devant être portée à 12,5 millions de tonnes à l’horizon 2030. Avec l’entrée en production du projet de transformation du fioul en diesel à Skikda en 2028, la production devrait être de près de 4 millions de tonnes.

Pour ce qui est de l’essence, la consommation a baissé de 2,26% à 3,3 millions de tonnes en 2022, contre 3,4 millions de tonnes en 2021 du fait de l’accroissement de la consommation du GPLc qui devrait atteindre 6,8 millions de tonnes d’ici 2050, la capacité de production de ce carburant étant estimée en 2022 à 4 millions de tonnes par an, la consommation du GPL, selon le président de l’ARH étant de 1,5 million de tonnes en 2022, contre 1,2 million de tonnes en 2021. S’agissant de la consommation du kérosène, elle a atteint 468.000 tonnes en 2022 contre 297.000 tonnes en 2021, soit une hausse de 58%, la consommation du carburant marin étant de 219.000 tonnes . La consommation du butane et du propane a été de 1,34 million de tonnes en 2022 et la consommation du bitume 619.000 tonnes en 2022, en baisse de 20%.Certes, une très forte baisse des carburants qui parfois ne couvrent pas les coûts (exemple Sonelgaz pour l’électricité),mais devant être réaliste, le revenu moyen de l’Algérien étant environ 20% de celui de l’européen,  d’où la nécessité de revoir leur marge commerciale, en appliquant le système des subventions directes au profit des catégories sociales et ménages à faible et moyen revenus ainsi que transitoirement pour des segments inducteur de valeur ajoutée ( étude réalisée sous la direction du professeur Abderrahmane Mebtoul assisté des cadres de Sonatrach et du bureau d’études américain Ernst & Young 8 volume 890 pages, MEM Alger, pour une nouvelle politique des carburants, dossier présenté d dossier aux députés APN axée sur une politique des subventions ciblées pour les carburants) Cette politique des carburants implique donc à l’avenir tant aux opérateurs économiques, aux institutions de l’Etat central et local et aux citoyens de rationaliser leur consommation, en vue d’économiser et d’exporter ce carburant vers les marchés extérieurs pour générer des devises qui profitent à l’économie nationale

3. Sonatrach dans le cadre du Mix énergétique entend  axer sa politique sur la diminution des gaz torchés, la réduction de l’empreinte carbone, être un acteur efficace au sein de la chaîne des  valeur internationales de l’ensemble  des énergies Les prévisions du ministre algérien de l’énergie  en ce mois de mai 2024, et du PDG  de Sonatrach, contrairement à certaines supputions de certains soi disant experts annonçant 2026, sont réalistes selon lesquelles  qu’entre 2028/2030 , une production de 200 milliards de mètres cubes gazeux .C’est que les  prévisions de Sonelgaz prévoient 80 milliards de mètres cubes gazeux  pour la consommation intérieure du fait de la forte pression démographique , plus de 50 millions d’habitants  en 2030 et bon nombre de secteurs  nouveaux consommateur d’énergie , et 100  entre 2035/2040, mais  devant injecter 20% soit  20 milliards de mètres cubes  gazeux dans les puits pour éviter leur épuisement. Cela  annonce  des perspectives prometteuses pour l’économie gazière en Algérie , volume qui pourrait entre supérieur  si on réalise le  gazoduc Nigeria -Algérie d’une capacité  de 33 milliards de mètres cubes gazeux /an,  et sous réserve d’un dialogue social et de la protection de l’environnement l’exploitation du gaz de schiste   dont l’Algérie est le troisième réservoir mondial  ,une réserve de  19500 milliards de mètres  cubes gazeux. A cela s’ ajoute, outre les énergies traditionnelles   dont le récent mémorandum avec le groupe Exxon Mobil,(mai 2024)  et des mémorandums ou contrats avec des groupes de renom français, italiens , allemands , chinois, russes,  des contrats pour   le développement des énergies renouvelables et de   d’hydrogène. Avec  un ensoleillement de  3000 heures de soleil par an),  l’objectif est d’ atteindre 35/340%  de la  couverture des besoins intérieurs  2030/2035  avec une  partie exportable de 10.000/11.000 MW  ( source Ministère Energie ) grâce aux interconnexions  ainsi que  le développement  hydrogène  vert et  bleu 15% de la couverture des besoins de l’Europe horizon 2035, mais n’oublions pas également  l’hydrogène blanc, un montant d’investissement  entre 25/30 milliards de dollars ayant été dégagé par le gouvernement algérien. Les recettes de Sonatrach , sous réserve de ces hypothèses, ne devant pas  confondre  chiffre d’affaires et profit net devant  soustraire les coûts,   pourrait s’accroître de 30 à40%   horizon 2030 , et à prix constant 2023, allant vers 80/100 milliards de dollars/an. Cependant l’objectif stratégique est d’éviter de dépendre d’une ressource éphémère ce qui suppose que les recettes des hydrocarbures permettent d’asseoir une économie diversifiée, condition d’une économie émergente, et non mono exportatrice  dans le cadre  des avantages comparatifs  mondiaux.  Les perspectives sont prometteuses avec un niveau de réserves de change dépassant les 80 milliards de dollars  fin 2023 y compris les 173 tonnes d’or, une dette extérieure inférieure à 1,6% du PIB  et  le dernier rapport du FMI, un PIB  en 2023 de  243 milliards de dollars au taux de change d’un dollar pour 137 DA, le PIB de l’Algérie qui  devrait passer   en 2024 à  268 milliards de dollars (la troisième puissance africaine) à 293 milliards de dollars en 2025,  à  318 milliards de dollars en 2026 et à  370 milliards de dollars  en 2028  et donc aller ,sous réserves de profondes réformes, les deux fondamentaux du développement du XXIème siècle étant  la bonne gouvernance et la valorisation du savoir  vers 400 milliards de dollars  entre 2029/2030.

En conclusion,  selon la majorité des observateurs internationaux, l’Algérie peut devenir  un acteur majeur d’approvisionnement  en énergie de l’ Europe,  2ème fournisseur avec 19% en 2023  , grâce à un partenariat gagnant – gagnant  et couvrir facilement plus de 30/40% des besoins de l’énergie de l’Europe horizon 2030/2040

A.M

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