La culture algérienne entre dans une nouvelle phase. Abdelkader Djemaa, conseiller auprès de la ministre de la Culture, a affirmé que le secteur connaît une dynamique de réformes ambitieuses visant à transformer la richesse culturelle nationale en levier stratégique de développement et d’influence internationale.
Invité ce mardi à l’émission « L’Invité du matin » sur la Chaîne I de la Radio nationale, M. Djemaa a souligné que la scène culturelle algérienne se distingue par sa diversité et son potentiel considérable. Selon lui, l’État œuvre à inscrire cette richesse au cœur de sa politique publique afin de renforcer la place de l’Algérie aux niveaux régional et international et de faire de la culture un pilier de la croissance économique. Il a insisté sur le fait que le secteur de la culture et des arts ne peut plus être perçu uniquement sous l’angle du divertissement. Il constitue désormais un instrument de « soft power », capable de valoriser l’identité nationale, d’exercer une influence positive à l’échelle régionale et internationale et de générer une valeur ajoutée tangible pour l’économie nationale.
Réforme du cadre juridique et nouvelle vision du financement
Le processus de réforme a été engagé à travers une révision approfondie du cadre juridique régissant le secteur. La première étape a concerné le cinéma, suivie de directives issues de la dernière réunion du Conseil des ministres relatives à l’opéra, à l’orchestre et à la philharmonie. Un chantier global de modernisation des textes encadrant les différentes activités culturelles est également en cours.
Parallèlement, une nouvelle approche du financement public est adoptée. Elle vise à réduire la dépendance exclusive aux subventions de l’État et à privilégier les projets à viabilité économique. Cette orientation repose sur la mobilisation de financements alternatifs, la recherche d’investisseurs et l’implication de sponsors issus du tissu économique national, notamment dans les domaines du livre, du théâtre et du cinéma.
La philharmonie nationale, symbole du renouveau
Dans ce contexte, la création ou la relance d’un orchestre philharmonique national est présentée comme un signal fort de la transformation engagée. Selon M. Djemaa, une philharmonie représente l’une des formations musicales les plus importantes, réunissant généralement entre 120 et 140 musiciens, couvrant l’ensemble des familles d’instruments – cordes, vents et percussions – et interprétant un répertoire musical exigeant et diversifié. Les objectifs assignés à cette formation sont multiples : élever le niveau des jeunes musiciens, représenter l’Algérie dans les grandes manifestations internationales, promouvoir le patrimoine musical national à travers des festivals et des tournées artistiques, et créer une académie musicale spécialisée. Il a rappelé qu’une formation de ce niveau requiert entre dix et quinze années d’apprentissage et d’entraînement.
Premières prestations attendues à l’horizon 2027
Les démarches administratives et organisationnelles ont déjà été lancées à la suite des orientations du président de la République. Les premières représentations de l’orchestre pourraient être programmées à la fin du second semestre de l’année en cours ou au début de l’année 2027. Pour Abdelkader Djemaa, ces initiatives s’inscrivent dans une vision globale visant à redynamiser la vie culturelle nationale et à faire de la culture un axe structurant du projet de réforme. À travers cette stratégie, l’Algérie ambitionne de consolider son rayonnement international tout en transformant la création artistique en véritable moteur de développement économique.
Rym Hamzaoui






