À l’occasion de la Journée mondiale de la Protection civile, célébrée le 1er mars de chaque année, la Direction générale de la Protection civile a arrêté un programme riche et diversifié, placé cette année sous le slogan : « Gestion des risques environnementaux pour un avenir résilient et durable ».
Invité ce dimanche de l’émission « Invité du matin » sur la Chaîne 2 de la Radio nationale, le sous-directeur des Statistiques et de l’Information à la Direction générale de la Protection civile, Nassim Barnaoui, a indiqué que le thème retenu cette année revêt un caractère essentiellement préventif. Il vise à ancrer la culture de la prévention et à promouvoir les mécanismes indispensables à la protection de l’environnement, dans un contexte marqué par la recrudescence des catastrophes naturelles et des risques majeurs. Selon le responsable, l’objectif principal consiste à bâtir un avenir résilient et durable pour les générations futures, à travers le renforcement des dispositifs de prévention, des études d’aménagement appuyées par des enveloppes financières dédiées, ainsi que par la consolidation des volets préparation, opérationnel et investissement dans la prévention.
Un programme national ouvert aux citoyens
Pour marquer cette journée, un programme diversifié a été élaboré en adéquation avec le thème de l’année. Il comprend l’organisation de colloques, de conférences et de journées d’étude réunissant les différents acteurs concernés afin d’approfondir la réflexion sur la gestion des risques environnementaux. Des activités culturelles et sportives ainsi que des programmes de sensibilisation destinés aux citoyens sont également prévus. L’événement sera aussi l’occasion d’ouvrir les portes de l’ensemble des unités de la Protection civile au public, afin de faire connaître les missions du secteur et de renforcer la culture de la prévention face aux différents dangers. Le commandant Barnawi a rappelé que la Protection civile assume des missions sensibles et étendues, notamment la protection des personnes et des biens ainsi que la préservation de l’environnement, ce qui exige une disponibilité et une préparation permanentes.
Plus de 1,3 million d’interventions en 2025
Évoquant l’activité opérationnelle, le responsable a précisé que la Protection civile a effectué en 2025 plus de 1,3 million d’interventions à travers le territoire national. Parmi elles, 750 000 ont concerné les secours et les évacuations sanitaires, représentant 55 % du total. Les autres opérations constituent 15 %, suivies des accidents de la circulation avec 10 %, en plus des incendies urbains et industriels. Face à ces chiffres, une stratégie de terrain s’impose. Celle-ci repose d’abord sur le renforcement du facteur humain, à travers le déploiement des effectifs dans les casernes et unités d’intervention réparties sur l’ensemble du territoire, qu’il s’agisse d’unités principales ou de structures plus légères comme les centres de secours routiers. Le responsable a également insisté sur la réduction du temps d’intervention conformément aux standards internationaux, estimé entre 10 et 14 minutes, selon la superficie géographique et le nombre d’unités disponibles.
Gestion des risques majeurs et préparation continue
Outre la gestion des incidents quotidiens, la Protection civile se prépare à faire face aux risques majeurs. Cela implique des investissements soutenus dans les équipes spécialisées et les équipements, mais également un travail en amont dans le domaine de la prévention : analyse des risques, élaboration de mesures de réduction et mise en place de stratégies opérationnelles en coordination avec les autres secteurs concernés. Dans ce cadre, une manœuvre nationale a été organisée il y a environ deux semaines, simulant un séisme de forte intensité ayant causé d’importants dégâts matériels et humains. Pas moins de 6 000 agents ont été mobilisés en l’espace de 20 heures, provenant de différentes wilayas. Cette opération a permis de tester la capacité de mobilisation, l’efficacité de l’alerte locale, l’organisation des premières équipes d’intervention et leur déploiement rapide vers la zone sinistrée.
Des chiffres préoccupants durant Ramadhan
S’agissant des accidents de la route durant le mois de Ramadhan, les chiffres restent préoccupants. Durant les dix premiers jours, 54 décès et 1 800 blessés ont été enregistrés. À titre comparatif, le mois de Ramadhan 2025 avait comptabilisé 161 décès et plus de 6 800 blessés. Malgré les efforts déployés sur le plan législatif, l’amélioration et l’extension du réseau routier ainsi que les campagnes de sensibilisation, le facteur humain et les comportements à risque demeurent la principale cause des accidents. Le responsable a également attiré l’attention sur les accidents domestiques durant le mois sacré, notamment les brûlures et explosions liées aux appareils électroménagers et aux fuites de gaz, ainsi que les chutes d’enfants et de personnes âgées, souvent dues à la fatigue et au manque de vigilance.
Une reconnaissance internationale
Enfin, le commandant Barnawi est revenu sur le classement de la Protection civile algérienne parmi les dix meilleurs dispositifs au monde, selon une étude académique de l’Université Harvard. Cette distinction repose sur des critères précis, notamment la rapidité d’intervention, l’organisation, le niveau de préparation, le nombre d’effectifs par rapport à l’étendue géographique et l’efficacité dans la gestion des urgences. Une reconnaissance qui, selon lui, reflète la professionnalisation et la capacité organisationnelle du corps, tout en renforçant l’exigence de maintenir un haut niveau de performance au service de la sécurité des citoyens et de la protection de l’environnement.
Yasmine Derbal






