Energies renouvelables- L’Algérie se fixe des programmes ambitieux et prometteurs

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L’Algérie est résolument engagée dans un vaste chantier pour préparer l’après pétrole et asseoir les assises d’une économie nationale qui soit totalement à l’abri des hydrocarbures et des fluctuations des cours du Brent. Pour ce faire, des programmes ambitieux et prometteurs ont été mis en place par le gouvernement qui a élaboré une stratégie adoptant les énergies renouvelables comme suppléant aux énergies fossiles, une politique qui s’avère plus que nécessaire pour faire face aux nouveaux défis économiques. En conséquence, il en résultera, à l’horizon 2030, un déploiement à plus grande échelle du photovoltaïque et de l’éolien accompagné, à moyen terme, de la production d’énergie à partir du solaire thermique, ainsi que l’intégration de la cogénération, de la biomasse et de la géothermie, selon des projections officielles. Grâce à ce programme, il est prévu de réaliser une économie de près de 300 milliards de m3 de gaz sur la période allant de 2021 à 2030, qui seront orientés vers l’exportation et rapporteront à l’Etat d’importants revenus supplémentaires. Des investissements de l’ordre de 120 milliards de dollars sont nécessaires pour atteindre cet objectif. En outre, jusqu’à 300 000 postes d’emplois directs et indirects devraient être générés à la faveur de la mise en œuvre de ce programme. Il faut dire qu’en cette conjoncture de récession économique, l’Algérie n’a d’autre choix que de se tourner vers de nouveaux secteurs créateurs de richesse et de la valeur ajoutée, dont celui des énergies renouvelables sur lequel le gouvernement mise énormément pour relancer l’économie du pays et augmenter le taux de croissance. Dans ce sens, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, avait réaffirmé l’engagement de l’Etat de poursuivre la mise en œuvre du programme national de développement des énergies renouvelables, en le plaçant au rang de «priorité nationale». A cet effet, le chef de l’Etat avait donné des directives pour la poursuite et la dynamisation de ce programme, rappelant, à cette occasion, que le développement des énergies renouvelables est à même de «prolonger durablement l’indépendance énergétique de notre pays et de générer aussi une dynamique de développement économique dans son sillage ». Sur le même chapitre, le chef de l’Etat avait ordonné la poursuite des efforts de rationalisation de la consommation nationale d’énergie en général, dont le gaz naturel, y compris à travers la consommation de l’électricité. Le programme national de développement des énergies renouvelables prévoit une production d’ici à 2030 de 22 000 MW d’électricité de source renouvelable, notamment solaire et éolienne, destinée au marché intérieur, en plus de 10 000 MW supplémentaires à exporter. Ce qui correspond à 27% de la production globale d’électricité et le double de la capacité actuelle du parc national de production de cette énergie. En effet, les pouvoirs publics se sont fixés l’objectif de réaliser un gain financier de 42 milliards de dollars à l’horizon 2030 avec une réduction de 9% de la consommation d’énergie à la faveur de la mise en œuvre du programme national de développement de l’efficacité énergétique. Récemment, le ministre de l’Energie, Noureddine Boutarfa, avait affirmé que l’Algérie est résolue à faire des 20 prochaines années une ère de véritable développement pour l’énergie durable, tout en rappelant que le programme national des énergies renouvelables prévoit l’installation d’une puissance de 47-51 TWh d’ici à 2030, dont plus de 9 TWh d’ici à 2020. La phase initiale de ce programme a déjà été lancée et, depuis la fin de 2016, l’Algérie a une capacité de 343 MW répartis sur 14 wilayas, a-t-il relevé, soulignant qu’actuellement, 16 usines d’une capacité de 195 MW sont déjà fonctionnelles et fournissent de l’énergie renouvelable au réseau, et six autres le seront prochainement. Ces premières usines ont permis d’identifier les contraintes et les défis qui peuvent survenir lors du développement de grands projets d’énergies renouvelables, a expliqué le ministre, soulignant que le programme national de développement de l’énergie renouvelable permettra le développement à grande échelle, des installations renouvelables associées à une industrie nationale qui comprendra tous les éléments de la chaîne de valeur renouvelable, dont l’ingénierie, l’équipement et la construction. L’évaluation du secteur énergétique national a confirmé que l’Algérie possède les compétences et les capacités nécessaires, et c’est sur cette base que sa stratégie visera à aider les entreprises participantes à se développer en leur garantissant un environnement propice à leur développement. Cela devrait permettre aux investisseurs de construire des centrales pour l’énergie renouvelable sur des sites présélectionnés, ce qui facilitera les aspects procéduraux pour les investisseurs, et permettra d’accroître le rythme de mise en œuvre. Ceci, d’autant que l’Algérie dispose de capacités importantes d’énergies renouvelables, solaire, éolienne et autres, d’où la nécessité de développer ce secteur dans la perspective de préservation des ressources fossiles, de diversification des filières de production de l’électricité et de contribution au développement durable.