Des données hasardeuses d’un Ex Ministre de 2003/2013 sur la situation économique, dont l’exploitation du fer de « Gara Djebilet »: Éviter d’induire en erreur l’opinion publique

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 Un ministre d’environ 10 ans sous  l’ère du président Bouteflika,  Mr Amar TOU   s’est livré à des  extrapolations hasardeuses et dans une contribution à un quotidien en date du 17 mai 2024,   selon les experts des mines consultés de hauts niveaux a livré des données qui  prêtent à confusion induisant en erreur tant l’opinion publique que les autorités du pays. Le  plus grand ignorant étant celui qui prétend tout savoir,  cette présente contribution  se veut un éclairage objectif pour l’opinion nationale.

1.-Des déclarations sans fondements scientifiques

La déclaration de cet ex ministre  a concerné  notamment  l’exploitation du  gisement de Djebel Onk au sud de la wilaya de Tébessa à l’Est algérien, affirmant qu’ à compter de 2026, l’Algérie deviendra l’un des trois premiers pays exportateurs, au monde du phosphate mais comme le souligne les experts et les études de l’Université de Tebessa , certes cette  mine  est l’une des plus grandes réserves de phosphate d’Algérie et du continent africain, avec des réserves estimées à environ 2,8 milliards de tonnes de minerai de phosphate mais avec une teneur de 24% d’oxyde de phosphore, contenant donc   divers minéraux de gangue, notamment des silicates et des carbonates, dont la teneur doit être réduite et autre affirmation sans analyse du Ministre Amar Tou  et qu’elle exporterait  de 100 milliards de mètres cubes gazeux en 2026 , supposant une tenant compte de la forte consommation intérieure  et de la nécessité d’injecter au moins 20% dans les puits pour éviter leur épuisement  près de 200 milliards de mètres cubes gazeux de production contredit par la récentes déclaration  du PDG de Sonatrach réaliste pour qui la production primaire des hydrocarbures connaîtra une hausse moyenne de 1,3% pour s’établir à 207 Mtep en 2028 ( source APS)  . Autre affirmation , sans analyses objectives  je le cite « en 2026 les exportations du minerai brut de fer seront  d’une valeur de l’ordre de 10 à 14 milliards de dollars » .Si l’on prend 100 dollars la tonne  de fer brut cela donne  entre 100 millions et 140 millions de tonnes, ce qui est impossible , une énorme bévue , en souhaitant que tout auteur s’éloigne des louanges sans nuances espérant une rente,  contre productives pour le pouvoir lui même,   vérifie  la cohérence des données avant de les  diffuser à la presse , le ministère de l’Energie officiellement  ayant donné des chiffres réalistes. Par ailleurs , selon   conseil  des ministres , pour pouvoir exploiter le fer de Gara Djebilet avec une rentabilité réelle,  , il faut  d’abord réaliser  la ligne de chemin de fer  dont e projet sera réceptionné dans 30 mois, sauf retarde de délai à compter du début de janvier r2024    soit fin 2026 soit  ensuite commencera seulement la production  soit début 2027. Dans une déclaration à l’ APS le  ministre de l’Energie et des Mines qui présidait l’ouverture de la mine de fer de Gara Djebilet a précisé que « ce projet structurel se déroulera en plusieurs phases sur une période allant de 2022 à 2040. La première phase (2022-2025) connaîtra une production de 2/3 millions de tonnes où le minerai de fer sera acheminé par voie terrestre à Béchar  et une fois  la voie ferrée réalisée, la seconde phase 2026/2030 commencera, ce qui permettra d’optimiser l’exploitation de la mine en produisant progressivement 10 2026 / 20 2027 /30 2028 /40 2029 / et   50 millions tonnes/an 2030..

2.- Quelle est la place du fer de Gara Djebilet au sein  de l’économie mondiale et la cotation des métaux au niveau international ?

La  consommation mondiale  en 2023 de minerai de fer est de 2.494 millions de tonnes par an pour une réserve estimée à 173 500 millions de tonnes. Les principaux pays en référence aux réserves et à la teneur en fer sont le suivants données de 2022: Australie 51.000 millions de tonnes de réserves de minerai de fer , dont 27.000 millions de tonnes en teneur de fer -Algérie 3.000 m – Brésil réserves 34.000 millions de tonnes de réserves de minerai de fer , dont 15.000 millions de tonnes en teneur de fer- Russie 29000 millions de tonnes de réserves de minerai de fer , dont 14000 millions de tonnes en teneur de fer- Algérie sur 3,5 milliards de tonnes , 20.000 millions de tonnes exploitables  dont  11700 millions de tonnes en teneur de fer- Chine 20000 millions de tonnes de réserves de minerai de fer , dont 6900 millions de tonnes en teneur de fer- Ukraine 6500 millions de tonnes de réserves de minerai de fer , dont 2300 millions de tonnes en teneur de fer- Canada 6000 millions de tonnes millions de tonnes de réserves de minerai de fer , dont 2300 millions de tonnes en teneur de fer- Inde 5500 millions de tonnes de réserves de minerai de fer , dont 3400 millions de tonnes en teneur de fer- USA 2700 millions de tonnes de réserves de minerai de fer, dont 1000 millions de tonnes en teneur de fer- Algérie 3500 millions de tonnes dont 1700  millions de tonnes en tenu de fer – Iran 2700 millions de tonnes de réserves de minerai de fer, dont 1500 millions de tonnes en teneur de fer-Kazakhstan 2500 millions de tonnes de réserves de minerai de fer, dont 900 millions de tonnes en teneur de fer. Pour mesurer la fiabilité d’un projet , outre le cout d’exploitation interne et la qualité de la ressource humaine pilier de tout processus de développement  , il faut se référer à  la cotation de quelques produits sidérurgiques entre le 10/15 mai 2024 qui  est la suivante .  Le prix de l’acier s’établit à 750 euros   la tonne, montrant l’importance de la transformation pour avoir une forte valeur ajoutée mais nécessitant d’importants investissements en aval. Pour les autres produits nous avons  le prix de l’aluminium  qui s’établit à 2160 euros  la tonne, sa fabrication  nécessitant une grosse quantité d’énergie, son prix étant  étroitement lié à celui du gaz/pétrole ;  le prix du cuivre s’établit à 8180 dollars la tonne  nécessaire  dans   dans la conception de câbles, de batteries, de circuits électroniques, mais aussi dans la tuyauterie, les transports, ou la fabrication de pièces de monnaie; le prix du plomb s’établit à 1880 euros   la tonne ; le prix du zinc s’établit à 2220  euros  la tonne; le cours de l’inox à  2 930  euros la tonne,  existant plusieurs formes de produits ,  utilisé dans la fabrication de pièces automobile, d’ustensiles de cuisine, d’appareils électroménagers, dans la construction, l’industrie alimentaire et pétrochimique, ou encore pour des applications médicales. Pour la cotation  la cotation du fer brut le , elle  est de 99 euros la tonne.

3.-Qu’en est-il de  l‘exploitation du fer de Gara Djebilet ?

Concernant  la   mine de fer de Gara Djebilet, elle  est  l’une des plus grandes mines de fer dans le monde, composée de trois zones d’exploitation: Gara Djebilet-Ouest, Gara Djebilet-Centre et Gara Djebilet-Est.  Le lancement du projet est tributaire de la disponibilité de quantités suffisantes d’eau dans la région, les infrastructures ferroviaires et énergétiques dont la réalisation de la ligne ferroviaire reliant Béchar à Tindouf (950 km),inauguré récemment par le président de la République, destinée à acheminer le minerai de fer vers les sites de transformation et d’exploitation et de la résolution des difficultés techniques notamment celles liées à la teneur élevée du minerai en phosphore et en arsenic en parvenant à réduire le taux du phosphore dans le fer pour le porter de 0,8% à 0,03%, offre la possibilité à l’Algérie soit d’exporter le fer à l’état brut soit de le transformer localement. En effet, le bilan relève que « le minerai est pénalisé par sa structure oolithique complexe et une teneur élevée en Phosphore  nuisible dans la fabrication de l’acier donc devant résoudre ce problème technique. Quel est la rentabilité du fer de Gara Djebilet au cours mondial du fer brut de devant tenir compte du coût et de l’évolution vecteur prix au niveau international et prévoir des coûts supplémentaires pour protéger l’environnement ainsi qu’une formation pointue, étant loin pour ce genre d’investissement une main d’œuvre non qualifiée, l’université de Béchar devant être associée. En prenant l’hypothèse optimiste, d’’un cours de 100 dollars la tonne, pour la phase préliminaire de trois millions de tonnes le chiffre d’affaires serait de 300 millions de dollars, pour le profit net, devant retirer les coûts importants de 50% selon les normes internationales restant  150 millions de dollars et en cas  de  la part du partenaire étranger 49%, restant à l’Algérie environ 76 millions de dollars. La seconde phase qui verrait   une production entre 40/50 millions de tonnes avec une augmentation progressive entre 2030/2040, pour une exportation brute de 30 millions de tonnes, nous aurons un chiffre d’affaires de 3 milliards de dollars. Ce montant c’est le chiffre d’affaires et non le profit net auquel on doit soustraire les coûts très élevés représentant environ 50% du chiffre d’affaires, soit 1,5 milliard de dollars et en cas de la règle 49/51% , avec le partenaire étranger restant à l’Algérie pour le profit net environ 750 millions de dollars et pour 50 millions de tonnes  5 milliards de dollars, un profit net de 2,5 milliards de dollars pour l’Algérie et en cas de la  règle 49/51% avec un partenaire étranger 1,25 milliard de dollars. Le 09 mai 2022, le ministre des Mines (source APS) annonce officiellement que la réalisation du projet de Gara Djebilet nécessitera la réalisation de plusieurs installations, avec  un coût variant entre 1 et 1,5 milliard de dollars par an sur une période allant de 8 à 10 ans.  Contrairement aux hydrocarbures dont le coût varie  entre 5 et 10  dollars selon les gisements , le prix du marché le baril  dépassant actuellement 80 dollars , l’exploitation du fer brut de Gara Djebilet ne procurera pas de rente, contrairement au segment hydrocarbures, mais un taux de profit moyen, sous réserve de la maîtrise des coûts. L’on devra descendre à l’aval de l’arbre généalogique, les aciers spéciaux, pour avoir une grande valeur ajoutée mais nécessitant une formation pointue et de lourds investissements (plusieurs milliards de dollars), ces segments étant contrôlés par quelques firmes multinationales au niveau mondial, étant impossible d’exporter sans un partenariat avec des firmes de renom.

En conclusion , au moment où j’étais jeune conseiller et directeur des études au ministère de l’Industrie et au ministère de l’Énergie entre 1974 et 1980, nous avons étudié la faisabilité du projet de l’exploitation de fer de Gara Djebilet qui a été longtemps ensuite en gestation et je  me félicite  que sa réalisation  soit devenue effectives  car  pouvant  contribuer  grandement à l’intégration  de l’économie nationale ( substitution ‘importation )   et sous réserve , suite aux orientations réédentes du conseil des ministres de pas exporter du fer brut,  de descendre à l’aval pour la fabrication de  produits  nobles , dynamiser les exportations hors hydrocarbures  et donc permettre  des entrées en  devises .

A.M

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