Par Professeur Abderrahmane Mebtoul, expert international
La Première ministre italienne Giorgia Meloni, se rendra à Alger le 25 mars dans le cadre d’une visite officielle visant à renforcer la coopération stratégique entre l’Italie et l’Algérie, notamment dans le secteur de l’énergie.
Selon Agenzia Nova, cette visite s’inscrit dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques et une pression croissante sur les marchés gaziers le prix du pétrole étant passé avant le conflit de 65 dollars le 22 mars 2026 14h GMT à 106,41 dollars le Brent et 98,32 dollars le Wit et le prix de cession du gaz surtout le GNL soumis au prix spot de 3O dollars le mégawattheure de 30 dollars à plus de 60 dollars (pour les canalisations les contrats étant à moyen et long terme et leurs révisions supposent des négociations) qui fera l’objet également de cette visite.
Quelques indicateurs macro- économiques et macro -sociaux de l’Italie : une économie dynamique
La superficie de l’Italie est d’environ 301 340 kilomètres carrés situé dans le sud de l’Europe, avec une forme de péninsule s’étendant dans la mer Méditerranée. La population de l’Italie en 2024 est estimée à 58 989 749 habitants mais en déclin démographique, avec un solde naturel négatif depuis plusieurs années. le PIB italien est estimé en 2O24 à 2 192 milliards d’euros soit au cours actuel environ 2564 milliards de dollars avec un PIB par tète d’habitant d’environ d’ environ 34 398, 2O dollars US. Entre 2023/2024, le commerce extérieur de l’Italie se compose de 80% de marchandises et de 20% de services et en pourcentage du PIB les exportations étant de de 37,15 % et les importations de 38,69 %. Pour 2024, les exportations de l’Italie ont été évaluées à 623 milliards d’euros et environ 7OO milliards d’euros pour 2025 Pour les biens exportés, nous avons les médicaments, les produits pharmaceutiques, les machines industrielles, les appareils de précision, les produits d’habillement et les véhicules. Les importations ont été en 2024 de à 569 milliards Parmi les produits importés, nous avons les produits chimiques, les véhicules, le pétrole brut, les métaux précieux et le gaz naturel. Le continent européen reste le premier client et le premier fournisseur de l’Italie, avec 66,1% des exportations et 66,3% des importations en 2024. Les cinq principaux partenaires commerciaux de l’Italie sont respectivement pour 2024 : Allemagne (11.4% des exportations totales), États-Unis (10.4%), France (10 %), Espagne (5.5%) et la Suisse (4.8%). Pour les importations, les principaux fournisseurs de l’Italie par ordre décroissant et en valeurs monétaires sont : l’Allemagne (14,9% du total), la Chine (8,7%), la France (8%), les Pays-Bas (6,4%) , l’Espagne (6%), la Suisse e (2,8%). l’inflation globale reste en dessous de l’objectif de 2% de la Banque Centrale Européenne et la Banque d’Italie avait prévu une inflation de 1,6% en 2025 et le taux de chômage, proche de la moyenne européenne selon l’Institut national des statistiques (Istat) est estimé en avril 2025 , à 5,9%. Les réserves de change, constituées d’actifs étrangers détenus par la banque centrale, ont atteint un niveau d’environ 3O7 193,9O millions d’euros en mai 2025 , d’après Trading Economics incluant de l’or, des devises étrangères, des droits de tirage spéciaux et des titres négociables. L’Italie a réduit son déficit public de 7,2% à 3,8% du PIB entre 2023 et 2024 et selon les prévisions environ 3,3 % en 2025, en réduisant la dépense publique passant de 155% en 2OOO à 133% fin 2024 sous la barre des 3OOO milliards d’euros et la cession de participation de l’État dans certaines grandes entreprises. les réformes structurelles sont permis des investissements directs étrangers à près de 453 milliards d’euros, les investissements italiens à l’étranger atteignant 557 milliards d’euros, avec une concentration dans les États-Unis, l’Espagne, et l’Allemagne
Les relations économiques entre l’Italie et l’Algérie
Ce voyage s’explique par le fait que l’Italie reste un pays très dépendant des importations pour son approvisionnement en énergie : en 2024, 75 % de l’énergie consommée dans le pays était importée. La Russie avant la crise avec l’Ukraine approvisionnaient l’Italie à plus de 4O% et en 2O24 le taux est descendu à environ 11 % via gazoduc (moins de 19 % en incluant le GNL).Depuis 2023/2024, le GNL couvre un quart des besoins en gaz, importé principalement du Qatar, des États‑Unis, parallèlement aux volumes acheminés par gazoducs depuis la Norvège et l’Azerbaïdjan l’Italie ayant pour objectif étant attentive à la d’investir massivement en Libye premier réservoir de pétrole en Afrique entre 45/46 milliards de barils en plus de réserves de gaz naturel dépassant les 1500 milliards de mètres cubes gazeux où des contrats sont en cours avec la société italienne l’INI et ce en plus d’accroître ses importations de la Russie en cas d’une paix Russie Ukraine . Pour l’Algérie, deux infrastructures concentrent l’essentiel de cet avantage. La première est le gazoduc Transmed, qui relie Hassi R’Mel à l’Italie via la Tunisie et le canal de Sicile. Mis en service en 1983 puis renforcé dans les années 1990, il s’étend sur plus de 2 500 kilomètres et atteint une capacité d’environ 32,7 milliards de mètres cubes par an. Sa robustesse technique et ses modernisations successives en font aujourd’hui l’un des principaux outils de la résilience énergétique italienne. seconde est Medgaz, qui relie directement Béni Saf à Almeria, en Espagne. Long d’environ 210 kilomètres, ce gazoduc sous-marin atteint par endroits plus de 2 000 mètres de profondeur. Sa capacité, initialement fixée à 8 milliards de mètres cubes par an, a été portée à 10,5 milliards. Pour Madrid, cette liaison directe avec l’Algérie reste un axe de sécurité majeur. Ces deux conduites donnent à Alger un avantage rare dans la crise actuelle : celui de pouvoir livrer l’Europe sans passer par les routes les plus vulnérables du commerce mondial. Cela renforce la position du pays auprès de ses partenaires, en particulier l’Italie et l’Espagne. En Italie, l’Algérie couvre désormais une part décisive des besoins gaziers, avec plus de 40 % des importations, lui permettant de jouer un rôle de stabilisateur du marché européen en maintenant des flux constants malgré la crise. En 2024, selon l’Agence italienne pour la promotion à l’étranger et l’internationalisation des entreprises italiennes (ICE), l’Italie est le premier client de l’Algérie en grande partie grâce aux importations d’hydrocarbures et le troisième fournisseur ayant atteint 14 milliards d’euros soit au cours actuel de 1,17 dollar un euro, 16,38 milliards de dollars et les importations de l’Algérie d’Italie ont totalisé 2,9 milliards d’euros, enregistrant une progression de 2,7 % par rapport à 2023. Pour 2025, les échanges commerciaux entre l’Italie et l’Algérie ont atteint 13 milliards d’euros soit au cours actuel 15,21 milliards de dollars et les importations de l’Algérie d’Italie se sont élevées à 3,2 milliards d’euros, soit 3,75 milliards de dollars une hausse de 12,93% par rapport à 2024 , donc un solde positif pour l’Algérie de 11,46 milliards de dollars. Selon les données de 2024, les exportations italiennes vers l’Algérie, nous avons les machines à usage général, telles que turbines, pompes et équipements de dynamique des fluides, avec un montant de 333 millions de dollars , en hausse de 31,8 %, les machines spécialisées pour les secteurs du bâtiment, de l’agroalimentaire, de la plasturgie et de l’impression pour 327 millions de dollars (+22,9 %) , les exportations de produits issus du raffinage du pétrole pour 306 millions de dollars (+23 %), les machines générales, y compris les équipements de levage et les équipements pour l’industrie chimique et pétrochimique, 269 millions de dollars , en hausse de 41,4% et les ventes de véhicules automobiles pour 316 millions de dollars , une baisse de 7,5% par rapport à 2O23. Le projet industriel de Stellitais en Algérie, étant pour l‘instant uniquement une usine de montage , le taux d’intégration en 2024 étant que de 1O%, tous les composants étant importés mais prévoyant un taux de 3O% pour fin 2026 , en précisant que le groupe Stellantis rencontre des difficultés financières, marquées selon l’agence Reuters par une perte nette de 2,3 milliards d’euros au premier semestre 2025, principalement due aux baisses de ventes en Europe et en Amérique du Nord, ainsi qu’aux coûts liés aux droits de douane et à la restructuration.
Quelles perspectives où l’Italie est l’un des principaux partenaires économiques européens de l’Algérie, avec une volonté politique mutuelle forte de renforcer les investissements directs ?
Lors de la visite du président algérien à Rome les 23 et 24 juillet 2025 plusieurs protocoles d’entente ont été signés dans divers secteurs la majorité étant des lettres d’intention et non des contrats définitifs, restant à résoudre le lancinant problème du financement dont : Une lettre d’entente entre le groupe Sonatrach et la société italienne Eni visant à renforcer leur partenariat dans les hydrocarbures, les énergies renouvelables et la transition énergétique. Dont la construction d’un complexe de production de fer pré-réduit (DRI) à faible émission de carbone, estimé à 1 milliard d’euros, portée par le consortium CEIP Scarl, Duferco et Copresud à renforcer l’autonomie stratégique de la sidérurgie italienne tout en promouvant l’hydrogène vert et les énergies renouvelables. Un accord avec la société italienne Sigit Spa pour une usine de 10 000 m² destinée à produire des composants plastiques pour le secteur automobile, en particulier pour Stellantis. Plusieurs accords pour valoriser les déchets organiques pour produire du biogaz (Tecnocryo – Rayanox), le traitement et fusion de ferraille (Stemin – Condor) et un projet intégré de production de fer préréduit avec énergies renouvelables (Copresud – CEIP Scarl). Dans l’agro-industrie notamment avec des groupes privés algériens et dans le domaine pharmaceutique, les groupes italiens Chiesi et Menarini–Stemline ont conclu des accords avec Clinica pour distribuer en Algérie des médicaments innovants contre les maladies rares et l’oncologie. Plusieurs accords dans la formation dont entre Sonarem et l’Agence italienne ICE qui prévoit la création d’un centre technologique de formation dans le secteur du marbre et la création de centres de formation spécialisés en automatisation industrielle. En conclusion, le constat est le dynamisme de l’économie italienne, la troisième en Europe après l’Allemagne et la France suivi de l’Espagne et au rythme actuel se rapprochant de l’économie française. Selon Agenzia Nova « les investissements italiens en Algérie s’inscrivent dans un cadre plus large dont le projet gazier Galsi toujours en gestation depuis 2012, dans le cadre du Plan Mattei promu par le gouvernement italien, visant à promouvoir le développement durable en Afrique, à travers des projets concrets dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures, de l’agriculture et de la formation. Pour la coopération économique entre l’Italie et l’Algérie , l’on doit être réaliste devant distinguer cette période conjoncturelle spécifique qui donne un avantage comparatif énergétique à l’Algérie encore que sa facture d’importation risque de s’alourdir important presque tout , le taux d’intégration des entreprise publiques et privées ne dépassant pas 15% en 2025, , d’une vision à moyen et long terme n’existant pas de sentiments dans les relations internationales et les affaires mais que des intérêts. Par rapport au PIB italien d’environ 25OO milliards de dollars avec une économie diversifiée concurrentielle, contre un PIB algérien de 268 milliards de dollars fortement irrigué par la dépense publique via la rente hydrocarbures à plus de 7O% soit 1O,72%, par rapport au PIB italien. En référence aux importations et exportations globales italiennes représentant 1192 milliards de dollars , le taux de commerce Algérie –italien en 2024 est de 1,90% du commerce global italien avec un fort déséquilibre en défaveur de l’Italie , comme d’ailleurs avec l’ensemble de l’Europe plus de 20 milliards de dollars en incluant les exportations d’hydrocarbures ce qui ne vas sans nous rappeler qu’en juillet 2025, l’Union européenne a initié une procédure d’arbitrage contre l’Algérie. auquel l’Italie a souscrit, étant membre et solidaire de l’UE des 27 car les principaux échanges de l’Algérie à environ 7O% se faisant au sein de l’UE et plus de 8O% avec l’Occident.
A.M






