L’initiative du Forum de la société civile pour le changement qui a proposé une liste de personnalités nationales pour mener le dialogue pour une sortie de crise a été accueillie favorablement par le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, ce qui augure d’un début encourageant en vue du règlement de la crise politique que connait l’Algérie.
Bensalah a qualifié de « pas positif » l’initiative du Forum de la société civile pour le changement, affirmant que des consultations seront engagées pour la « constitution de ce panel » dont la composition définitive sera annoncée « prochainement ». Le chef de l’Etat a pris connaissance du contenu de la communication faite par le Forum de la société civile pour le changement et considère qu’il s’agit d’un « pas positif » dans le sens de la concrétisation de la démarche proposée par l’Etat. M. Bensalah a considéré, à ce titre, cette proposition « de nature à servir de base pour la constitution du panel de personnalités nationales appelées à mener le processus de facilitation du dialogue ». « Comme souhaité par nos concitoyens et comme l’avait souligné le chef de l’Etat, ces personnalités devraient être crédibles, indépendantes, sans affiliation partisane et sans ambition électorale. Des personnalités qui émergent du fait de leur autorité morale ou de leur légitimité historique, politique ou socioprofessionnelle », a souligné la présidence de la République. Selon la même source, « les personnalités proposées par le Forum, sont de ce point de vue, et sous réserve de leur disponibilité, pleinement éligibles à l’accomplissement de cette noble mission au service de notre pays ». Satisfaite de la démarche de la société civile pour tenter de trouver une solution à la crise, la présidence de la République a fait savoir, à ce titre, que « des consultations seront, donc, entreprises en vue de parvenir à la constitution de ce Panel dont la composition définitive sera annoncée prochainement ». « En prenant cette louable initiative, la Société civile, apporte ainsi une contribution concrète à l’amorce d’un dialogue constructif et de bonne foi, auquel n’a cessé d’appeler le chef de l’Etat », a-t-on ajouté. La présidence de la République a réaffirmé, dans ce contexte, que « ce dialogue, prôné également par notre Armée nationale populaire et sur lequel a insisté à maintes reprises le vice-ministre de la Défense, chef d’état-major de l’ANP, qui s’est engagé à l’accompagner, reste l’unique moyen pour construire un consensus fécond, le plus large possible, de nature à permettre la réunion des conditions appropriées pour l’organisation, dans les meilleurs délais, de l’élection présidentielle, seule à même de permettre au pays d’engager les réformes dont il a tant besoin ». Le président du Forum de la société civile pour la changement, Abderrahmane Arar, avait dévoilé, mercredi, une liste de 13 personnalités nationales, proposée par le Forum, pour mener la médiation et le dialogue avec la participation de tous, sur les propositions politiques pour une solution à la crise que vit le pays, et ensuite, tenir une conférence nationale inclusive pour adopter les résultats du dialogue assortis de garanties et un engagement à les mettre en œuvre. Des personnalités nationales, des anciens responsables, des militants des droits de l’Homme, des syndicalistes, des académiciens et des personnalités de la société civile figurent sur cette liste. Il s’agit, entre autres, de l’ex-président de l’Assemblée populaire nationale (APN) Karim Younès, de la constitutionnaliste Fatiha Benabbou, de l’avocat Mustapha Bouchachi, de l’économiste Smail Lalmas, du sociologue Nacer Djabi, du syndicaliste Lyès Merabet, de l’ancien chef du gouvernement Mouloud Hamrouche, de l’ex-ministre des Affaires étrangères Ahmed Taleb El-Ibrahimi ou encore de la moudjahida Djamila Bouhired. Si la plupart des personnalités proposées par le Forum pour mener le dialogue ont donné leur accord de principe, Mouloud Hamrouche et Djamila Bouhired ont démenti toute association à cette initiative. Bouhired a affirmé, dans un communiqué, que personne « n’a demandé son avis » sur sa participation à cette initiative et qu’elle n’avait « donné son accord à personne », alors que Mouloud Hamrouche s’est dit « pas concerné » par cette liste et que personne « n’a pris attache » avec lui. Dans un communiqué diffusé dans l’après-midi, le Forum a reconnu que Djamila Bouhired, Mouloud Hamrouche et Taleb El-Ibrahimi n’ont pas été dûment contactés pour faire partie de l’instance de médiation et que les noms de ces personnalités ont été ajoutés à la liste, à son initiative. Selon le Forum, ces trois personnalités ont été choisies en raison de leurs poids sur le plan politique et leur militantisme, mais surtout parce qu’elles sont « consensuelles ». Lors de son dernier discours à la nation, le chef de l’Etat avait lancé un nouvel appel pour « un dialogue national inclusif » sur la prochaine échéance présidentielle, assurant que l’Etat, y compris l’institution militaire, ne sera « pas partie prenante à ce dialogue ». M. Bensalah les a invités, ainsi, à participer à ce dialogue destiné à « débattre de toutes les préoccupations portant sur la prochaine échéance présidentielle » afin qu’ils apportent « leur contribution à l’organisation du scrutin dans un climat d’entente et de sérénité ». Jugeant ce dialogue « plus que nécessaire », le chef de l’Etat a estimé qu’il constitue également « la meilleure voie pour parvenir aux formules consensuelles nécessaires sur l’ensemble des questions en rapport avec l’élection présidentielle.
le chef de l’Etat a affirmé que le processus de dialogue qui sera lancé incessamment, « sera conduit et mené en toute liberté et en toute transparence par des personnalités nationales crédibles, indépendantes, sans affiliation partisane et sans ambition électorale ».
« Ce dialogue est urgent, parce que le pays doit recouvrer au plus vite sa normalité politique et institutionnelle, qui le mettrait en position de faire face aux incertitudes économiques et sociales et aux menaces qui pèsent sur notre sécurité nationale du fait d’un environnement extérieur particulièrement complexe », a-t-il soutenu. M. Bensalah a invité, à ce titre, toutes les parties à « mettre de côté les calculs marginaux et les exigences irréalistes », soulignant que celles-ci « sont de nature à prolonger la situation actuelle et d’entrainer notre pays dans une situation de vide constitutionnel, source d’incertitude et d’instabilité. Détaillant sa nouvelle offre politique, le chef de l’Etat a affirmé que le processus de dialogue qui sera lancé incessamment, « sera conduit et mené en toute liberté et en toute transparence par des personnalités nationales crédibles, indépendantes, sans affiliation partisane et sans ambition électorale ». Il s’est engagé, à cet égard, à ce que l’Etat dans toutes ses composantes, y compris l’institution militaire, ne sera pas partie prenante à ce dialogue et observera la plus stricte neutralité tout au long du déroulement de ce processus ». L’Etat, a-t-il poursuivi, « se contentera de mettre tous les moyens matériels et logistiques à la disposition du Panel de personnalités, qui décidera lui-même des modalités de son fonctionnement ».M. Bensalah a assuré, à ce propos, que « les participants au dialogue auront la liberté de discuter et de débattre des conditions à réunir pour garantir la crédibilité du scrutin et aborder l’ensemble des aspects législatif, réglementaire et organisationnel de cette élection, y compris le déroulement du calendrier électoral, ainsi que les mécanismes de son contrôle et de sa supervision ». Il a insisté, dans ce contexte, sur le fait que le dialogue « devra nécessairement se concentrer sur l’unique objectif stratégique que constitue l’organisation de l’élection », qui « devrait se tenir à une date la plus rapprochée possible » et se dérouler « dans le cadre de la Constitution qui impose la préservation de l’Etat, respect des Institutions et la prévalence de l’intérêt supérieur de la Nation ».Le dialogue devrait, en outre, axer ses discussions sur « l’organe ou l’autorité électorale indépendante à mettre en place » et qui « aura pour mandat d’organiser et de contrôler le processus électoral dans toutes ses étapes ». « Il s’agira de débattre et d’arrêter la configuration de cette entité et de fixer ses missions et attributions, son mode d’organisation et de fonctionnement ainsi que sa composante, y compris, éventuellement, les personnalités consensuelles devant la diriger », a-t-il détaillé. Pour le chef de l’Etat, cette entité qui va se substituer à l’administration publique « sera appelée à intervenir sur tout le territoire national et aura, en conséquence, des démembrements au niveau des wilayas, des communes et des circonscriptions électorales de notre communauté à l’étranger » .Une loi spécifique devrait être adoptée pour permettre la mise en place de cet organe, a affirmé M. Bensalah qui a souligné, en outre, la nécessité d’adapter, en conséquence, le dispositif législatif et règlementaire, notamment la loi électorale.Il a relevé ainsi la nécessité de réviser cette loi pour « y introduire toutes les garanties, à même de faire en sorte que ce scrutin puisse répondre à toutes les exigences d’impartialité, de régularité et de transparence ». « Comme il sera également nécessaire d’examiner l’articulation entre cet organe qui sera créé et la Haute instance indépendante de surveillance des élections, prévue par la Constitution, dont il est possible de revoir la composition », a-t-il ajouté.
T. Benslimane






