Avec les tensions au Moyen Orient, éviter des extrapolations hasardeuses: Les neuf déterminants du cours des hydrocarbures

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Pr des universités- Dr d’Etat 1974- Expert international – Abderrahmane MEBTOUL

 Avec les tensions au Moyen Orient   le cours du pétrole Brent  le 02 mars 2026 16H GMT  est coté  78,73 dollars   et le Wit  71,61 et du fait de la dépréciation du dollar (1,17 dollar un euro)  renchérissant les produits importés, la cotation  en euros  étant  de  67,21 euros pour le Brent et à  61,13 euros   Le prix du gaz  a connu  une forte augmentation début mars 2026, avec des hausses marquées de près de 4 % enregistrées pour le prix repère, atteignant des niveaux inédits depuis 2022,  notamment en raison de tensions au Moyen-Orient. Il faudrait  dans toute analyse éviter toutes précipitations  et analyser avec lucidité les  déterminants des cours du pétrole qui sont nombreux, complexes et interdépendants. Mais on peut les regrouper en plusieurs catégories principales :  l’offre et la demande avec les anticipations des marchés, les facteurs géopolitiques et l’avenir de l’économie mondiale qui devrait connaître une profonde transformation.

Le premier facteur  qui détermine le cours des hydrocarbures  ce sont les tensions géostratégiques comme en témoigne actuellement les tensions au Moyen Orient  avec le  conflit Iran USA-Israël. Mais  ce facteur est conjoncturel  et  contrairement à certains supputations prévoyant un cours  de plus de 100 dollars ,, pouvant effectivement atteindre ce niveau mais pas plus d’un à deux mois en cas  de perduration du conflit  et pour l’année 2026, la moyenne  le ramenant serait  entre 65/7O dollars  fonction  de l’offre et la demande. Et  certes pénalisant les pays les plus pauvres  dépendants des hydrocarbures  ce que gagneraient les pays mono exportateurs , ils le perdraient  avec leurs importations dont le prix  croître proportionnellement au taux de  l’accroissement du prix de l’énergie  avec  l’inflation mondiale  et le risque de récession de l’économie mondiale , baisse de la demande  Rappelons nous les expériences historiques  et les  crises par le passé lors de la faillite, aux USA des banques liées au monde de la crypto, secteur partiellement régulé qui est depuis le théâtre d’une série de scandales , les tensions entre l’Occident  et la Russie via la guerre en Ukraine qui après  des répercussions à la hausse sur le cours des hydrocarbures a connu par la suite une stabilisation

Le deuxième facteur est la croissance de l’économie mondiale notamment des pays développés et des pays émergents. Selon la Banque mondiale, la croissance économique mondiale en 2026 devrait être modérée et résiliente  oscillant entre 2,6  et 3,3% selon les institutions internationales , affichant un léger ralentissement par rapport à 2025. Portée par l’intelligence artificielle (IA) et l’investissement technologique, cette croissance compense les tensions commerciales, malgré un ralentissement attendu aux États-Unis et en Chine.

Le troisième facteur est  l’action de l’OPEP+ : réduction ou augmentation de la production : les treize membres de l’OPEP sont l’Algérie, l’Angola, l’Arabie saoudite, le Congo, les Émirats arabes unis, le Gabon, la Guinée équatoriale, l’Iran, l’Irak, le Koweït, Libye, le Nigeria et le Venezuela. Les 10 autres pays membres de l’OPEP+ sont l’Azerbaïdjan, le Bahreïn, le Brunei, le Kazakhstan, la Malaisie, le Mexique, Oman , le Soudan , le Soudan Sud et la Russie, principal acteur . Selon l’Agence internationale de l’Énergie, l’OPEP représente 34% de la production mondiale et l’OPEP+ plus de 50%, cet accroissement étant due essentiellement à la Russie  le O1 mars 2026, huit    pays de l’Opep+ ont décidé, dimanche, un ajustement volontaire de leur production pétrolière, en injectant sur le marché de 206.000 barils par jour à partir du mois d’avril prochain, tout en réaffirmant leur engagement d’adopter une approche prudente en faveur de la stabilité du marché.

Le quatrième facteur est le poids des USA qui sont l’un des plus grands producteurs mondiaux d’hydrocarbures grâce au pétrole et gaz de schiste. Du côté de l’offre, nous assistons à une hausse plus rapide que prévu de la production de pétrole (non conventionnel) aux USA qui a bouleversé toute la carte énergétique mondiale, étant passé de 5 millions de barils/jour il y a une quinzaine d’années à a  un niveau record en 2025, atteignant environ 13,6 millions de barils par  jour , ce niveau soutenu, confirmé par l’EIA en janvier 2026 Selon The Telegraph, les Etats-Unis devraient pénétrer fortement le marché mondial avec des quantités sans précédent de gaz naturel liquéfié (GNL). 30 projets sont en cours de réalisation, grâce au gaz de schiste pesant ainsi sur le marché mondial du GNL.

Le cinquième facteur est l’entrée de nouveaux producteurs notamment en Afrique avec les importantes réserves de pétrole-gaz devraient avoir une part significative de la production mondiale dans les années à venir, avec une production prévue en augmentation entre 13 et 15% des réserves mondiales, et cette part est susceptible d’augmenter entre 2026/2030. En nous en tenant à l’Afrique la Libye, sous réserve d’une stabilisation politique qui dispose du premier réservoir de pétrole en Afrique,( pour le gaz en Afrique c’est le Nigeria 5300 milliards de mètres cubes gazeux suivi du Mozambique 4000) des réserves de 44 milliards de barils de pétrole et plus de 1500 milliards de mètres cubes gazeux, pour une population ne dépassant pas 6,5 millions d’habitants, pouvant facilement produire plus de 4 millions de barils/jour. Sans oublier le importantes réserves de l’Ile de la Tortue contrôlé conjointement par le Sénégal et la Mauritanie qui avec la Libye devraient augmenter substantiellement leurs exportation du direction de l’Europe, le projet des gazoducs Nigeria Europe étant toujours en gestation  En plus  de l’entrée massive des compagnies américaines récemment au Venezuelas  premier réservoir mondial de pétrole  près de 3OO milliards de barils ( pétrole lourd) et  environs  de 5OOO milliards de mètres cubes gazeux,  cas d’apaisement avec l’Iran  avec la levée   des sanctions  , nous devrions assister à un accroissement de l’offre qui   aura un impact sur les prix  du fait  que ce pays  a des  réserves de pétrole approchant  entre 18O/2OO  milliards de barils  et étant le  deuxième réservoir mondial de gaz naturel après la Russie et le premier réservoir au Moyen Orient   avec plus de 32.OOO milliards de mètres cubes gazeux

Le sixième facteur, expliquant les tensions récentes au  Groenland ,  ce sont les nouvelles découvertes  en océan Arctique où si on rapporte ces calculs à l’échelle mondiale, l’Arctique contiendrait 13 % des réserves de pétrole et 30 % des réserves de gaz naturel mondiales, expliquant en partie les tensions au niveau de ces régions, leur exploitation étant fonction du coût élevé..

Le septième facteur  est le contrôle du   détroit d’Ormuz  par l’Iran qui constitue une des principales voies de navigation connectant les pays pétroliers du Moyen Orient avec les marchés asiatiques où environ 25/30% des produits hydrocarbures y transitent quotidiennement qui s’ajoutent aux tensions en Mer rouge où 12 % du commerce mondial de marchandises ,qui concentre 30% du trafic mondial de conteneurs et environ 8% de produits pétroliers, qui ont fait augmenter le coût du transport maritime du transport de 15 à 20%.

Le huitième  facteur ,ce sont les fluctuations des stocks américains mais également chinois  et les fluctuations des monnaies notamment le duo euro dollar  A   l’avenir sous l’impulsion des Brics et notamment de la Chine avec des réserves de change de 3140 milliards de dollars, la création de la banque de développement des transactions entre certains pays, du pétrole et du gaz pourraient se faire, en roubles russes et surtout en yuan chinois.

Le neuvième  facteur qui sera le facteur déterminant à l’horizon 2030/204O, ce sont, les politiques de la transition énergétique fondées  sur un  nouveau modèle de consommation énergétique mondial qui influe sur les prix des hydrocarbures transitionnels. D’ici à 2030/2050, nous devrions assister à des investissements massifs dans le cadre de la transition énergétique- bio gaz, efficacité énergétique et énergies renouvelables dans toutes ses variétés dont le développement du solaire, de l’hydrogène vert, bleu et blanc. Les grandes compagnies devraient réorienter progressivement leurs investissements dans ces segments rentables à terme, les industries de la vie pour reprendre l’expression de Jacques Attali. Car, si les Chinois, les Indiens et les Africains, chacun pesant 1,4 milliard d’habitants, avaient le même modèle de consommation énergétique, il faudrait cinq fois la planète.

En conclusion,  l’énergie est  le cœur  de la sécurité des Nations et  les tensions actuelles  au Moyen Orient ont montré toute son importance.  Concernant leurs impacts sur le cours des hydrocarbures, il n’est pas  dans l’intérêt  du futur  de l’économie mondiale , ni des Etats Unis d’Amérique, encore moins  de  l’Europe et de l’Inde  , de la Chine fortement dépendantes de l’importation  de  l’énergie , ni d’ailleurs de l’Iran qui risque  l’asphyxie    financière  à ce que ce conflit se prolonge. C’est pourquoi  , après analyse, et consultations  d’experts crédibles , non les organiques évoluant au gré de la conjoncture, le cours pourrait fluctuer entre 80/90 dollars pour une courte durée  et j’écarte  l’hypothèse d’un embrasement généralisé  de longue durée  au Moyen Orient.

A.M

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