Après ceux du monde universitaire et des startups: Le Cercle Saint-Augustin du mouvement associatif  à Paris inauguré à  son tour

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Phot: PPAgency

 Le Cercle Saint-Augustin du mouvement associatif  algérien en France a été lancé hier à Paris dans le cadre d’une rencontre  à l’ambassade d’Algérie en France. C’est le troisième cercle, après ceux du monde universitaire et des  startups, que l’ambassade d’Algérie en France a voulu un cadre de  réflexion, d’échange et de regroupement dans le but d’établir des  passerelles entre les membres de la communauté algérienne actifs et leur  pays d’origine.

La rencontre, qui a été présidée par l’ambassadeur d’Algérie, Abdelkader  Mesdoua, a regroupé environ 70 associations venues de plusieurs régions de  France, dont l’Ile-de-France, la Normandie, l’Occitanie, Rhône-Alpes et du  Grand Est, malgré la mobilisation du mouvement des « gilets jaunes ». Après avoir expliqué l’objectif de la rencontre, l’ambassadeur a rappelé  aux présents, tous responsables d’associations de droit français, que le  Cercle Saint-Augustin est une initiative qui vise essentiellement de  reconstruire la communauté algérienne établie en France, de l’aider à  mettre en place leurs réseaux et d’établir des passerelles avec l’Algérie  qui a « tant besoin » de ses enfants pour consolider et booster son  développement. Au cours des débats, les responsables des associations ont expliqué,  chacun pour sa part, leurs activités et les difficultés rencontrées sur le  terrain, exprimant leur volonté d’élargir leurs activités en Algérie,  notamment dans les domaines de la formation, du bénévolat, du soutien aux  malades et du désenclavement des localités algériennes (éco-tourisme). Pour la question de la mémoire algérienne en France, la rencontre a offert  aux présents l’opportunité de se connaître en vue de s’organiser pour  mettre la pression, dans les futures mobilisations, sur les autorités  françaises afin qu’elles reconnaissent les crimes coloniaux, dont notamment  les massacres du 8 mai 1945 et ceux du 17 octobre 1961. Certaines associations ont demandé, dans ce cadre, le concours de  l’ambassade pour jouer un rôle de facilitateur avec les autorités des  localités françaises dans le cadre des commémorations des événements liés à  l’histoire commune entre l’Algérie et la France. Des responsables ont même noté que des élus, notamment de la droite et de  l’extrême droite, demeurent « hostiles » à ces genres de commémorations ou  aux projets de baptiser des places et rues au nom de ses massacres. D’autres n’ont pas manqué de souligner qu’ils que sentent « isolés »,  déplorant « le manque de cohésion et l’absence de lobbying » auprès des  institutions françaises, en dépit du nombre considérable des membres de la  communauté algérienne et de son importance en France. Ils ont indiqué, dans  ce contexte, qu’ils n’arrivent pas à « unifier » leurs actions à l’instar des  autres communautés en France. Inquiets de l’avenir de leurs enfants par rapport aux questions  identitaires, certains ont évoqué la difficulté d’assurer en France  l’enseignement des langues arabe et tamazight. A cet effet, l’ambassadeur a indiqué que l’Algérie a consenti un « énorme  effort » en prenant en charge 305 enseignants pour l’apprentissage de ces  langues à plus de 270.000 enfants de la communauté. Par ailleurs, dans ses différentes interventions, Abdelkader Mesdoua a  rappelé l’engagement de l’Etat algérien et des plus hautes autorités envers  la communauté algérienne à l’étranger, citant les mesures du président de  la République, Abdelaziz Bouteflika, concernant les possibilités d’acquérir  des logements et d’investir ou de créer des entreprises en Algérie.

C’est dans ce sens, a-t-il insisté, que ces rencontres « nous offrent  l’opportunité de voir avec vous comment rayonner l’Algérie en France et  dans votre pays d’origine », soulignant par ailleurs que « les relations  algéro-françaises, contrairement à ce qui se dit ici et là, sont très  bonnes et il y a une concertation politique et économique. Ce qui ne nous  empêche pas, par ailleurs, d’inscrire la question des visas parmi nos  priorités, aux côtés des intérêts de notre communauté », a-t-il souligné. A cet effet, il a réaffirmé aux responsables des associations la  disponibilité de l’ambassade de les accompagner dans des projets concrets  qu’ils veulent réaliser en Algérie. A la fin de la rencontre, l’ambassadeur a annoncé le lancement prochain  d’une caravane culturelle qui va sillonner les villes des circonscriptions  des cinq consulats généraux d’Algérie en France (Paris, Lille, Strasbourg,  Lyon et Marseille). Il a indiqué également que l’Institut du monde arabe va organiser une  exposition sur le monde arabe et le football et que l’Algérie sera à  l’honneur par l’équipe historique du FLN et celle de 1982 qui avait donné  lieu à un changement des règlements de la FIFA dans la programmation du  déroulement de la coupe du Monde de football.

Yasmine Derbal