Face aux pressions du département de la Défense, Anthropic passe devant les tribunaux pour protéger ses technologies et partenaires. Après plusieurs semaines d’échanges houleux, la société spécialisée dans l’intelligence artificielle, Anthropic, a finalement saisi la justice américaine pour s’opposer à une décision du Pentagone.
L’enjeu : empêcher son inscription sur une liste noire nationale de sécurité. L’affaire s’inscrit dans un contexte où les relations entre les acteurs technologiques et le gouvernement fédéral n’ont jamais semblé aussi tendues. Tout remonte à la fin février. Le département de la Défense, dirigé par Pete Hesgeth, aurait fait pression sur Anthropic pour qu’elle retire certains garde-fous présents dans ses systèmes d’IA. L’objectif officiel : permettre un usage élargi, y compris dans des domaines controversés comme la surveillance de masse ou les armes autonomes. Or, le PDG Dario Amodei a fermement refusé toute compromission. Résultat immédiat : menaces de voir l’entreprise classée « risque pour la chaîne d’approvisionnement » et rupture du contrat public de 200 millions de dollars, sans compter l’ordre direct du président Trump intimant toutes les agences fédérales à cesser leurs relations avec la firme. Face à ces sanctions, Anthropic n’a pas tardé à réagir. Dans une plainte déposée devant les tribunaux, la société considère que cette désignation viole ouvertement les droits fondamentaux garantis par la Constitution américaine. Son argument central : « Ces actions sont sans précédent et illégales. La Constitution ne permet pas au gouvernement d’utiliser sa puissance pour punir une entreprise en raison de son expression protégée », affirme-t-elle via l’agence Reuters. Pour ses avocats, il s’agit autant d’une atteinte à la liberté d’expression qu’à la garantie d’une procédure équitable. Voici ce que précise un porte-parole de l’entreprise sur cette posture offensive : Saisir la justice n’altère en rien leur engagement envers la sécurité nationale. L’action judiciaire vise avant tout à protéger l’entreprise, ses clients et partenaires. Le dialogue reste privilégié, malgré les tensions actuelles avec le gouvernement. Pour l’heure, difficile de prédire l’issue d’un conflit aussi emblématique des nouveaux rapports de force entre grandes entreprises technologiques et institutions étatiques américaines. Néanmoins, chez Anthropic, on insiste : « Cela reste une étape nécessaire pour défendre nos intérêts, tout en poursuivant chaque voie possible vers une résolution, y compris le dialogue avec le gouvernement ». Le dossier reste évolutif et pourrait faire date dans l’histoire récente des relations entre technologie et sécurité nationale aux États-Unis.






