À l’occasion de la 153e Assemblée de l’Union interparlementaire organisée à Arusha, en République-Unie de Tanzanie, le président du Parlement panafricain, Dr. Fateh Boutbig, a exhorté les parlementaires africains à intensifier leur action législative et budgétaire en faveur de la santé publique. S’exprimant lors de l’atelier intitulé « Le leadership parlementaire sur les taxes de santé pour un avenir plus sain et plus prospère », qui s’est tenu, hier, au Centre international de conférences d’Arusha, le dirigeant africain a mis l’accent sur la nécessité d’adopter des réformes fiscales fondées sur des preuves scientifiques solides pour protéger les populations et renforcer la résilience des systèmes de santé.
Cet événement, coorganisé par l’Organisation mondiale de la santé et l’Union interparlementaire dans le cadre de leur partenariat stratégique, a réuni un parterre de parlementaires et d’experts internationaux. Les discussions ont porté sur l’impact positif des taxes appliquées au tabac, à l’alcool et aux boissons sucrées pour réduire la consommation de produits nocifs tout en générant des recettes fiscales précieuses. Ces ressources supplémentaires sont destinées à financer la couverture sanitaire universelle, la prévention et les priorités de développement durable sur le continent.
Dans son discours d’ouverture prononcé aux côtés du directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, le Dr Fatih Boutbig a salué la synergie entre les deux institutions pour traduire les engagements mondiaux en politiques nationales concrètes. Il a rappelé l’urgence de la situation en s’appuyant sur les données de l’OMS, soulignant que les maladies non transmissibles ont causé au moins 43 millions de décès en 2021, dont 18 millions de personnes âgées de moins de 70 ans. Le président du Parlement panafricain a également soutenu l’initiative « 3 d’ici 35 » de l’OMS, qui vise une augmentation de 50 % du prix réel de ces produits nocifs d’ici 2035 grâce aux leviers fiscaux.
Afin de guider l’action des députés, le président a structuré sa vision autour de quatre axes prioritaires, à savoir la promulgation de lois appuyées par des données probantes, la hausse des allocations budgétaires pour les soins primaires, le suivi rigoureux de la collecte des recettes fiscales et la sensibilisation active des citoyens aux enjeux de ces mesures. Il a insisté sur l’importance de concilier la souveraineté des choix nationaux et l’équité sociale pour éviter d’alourdir inutilement la charge financière des ménages à faibles revenus, tout en préservant l’élaboration des politiques de toute ingérence commerciale ou conflit d’intérêts.
La séance a donné lieu à un dialogue parlementaire riche auquel ont pris part des représentants de plusieurs pays, dont la Tanzanie, la Pologne, la Malaisie et la Mauritanie, représentée notamment par la Dr Fadima Habib, ancienne vice-présidente du Parlement panafricain. Les échanges ont permis d’analyser les obstacles politiques, la lutte contre l’évasion fiscale et le commerce illicite, ainsi que le rôle indispensable des parlements dans l’évaluation post-législative. Pour concrétiser ces ambitions, le Dr Fatih Boutbig a proposé une feuille de route axée sur le renforcement des capacités des commissions de la santé et des finances, un accompagnement technique accru et un suivi régulier des progrès accomplis pour transformer ces engagements vertueux en résultats tangibles pour les citoyens africains.
Maria T.






