Sommet du NEPAD à El Alamein: Tebboune plaide pour le passage à l’action et la souveraineté économique de l’Afrique

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À l’occasion du 25e anniversaire du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique, l’Algérie a réaffirmé son engagement indéfectible en faveur du développement durable et de l’intégration continentale. Lors de la réunion des États fondateurs tenue à El Alamein, le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a adressé, hier, un discours à la fois pragmatique et stratégique, lu en son nom par M. Azouz Nasri, président du Conseil de la nation.

Dès l’entame de son message, le président Tebboune a rendu un hommage appuyé aux pères fondateurs du NEPAD, soulignant que cette initiative a marqué un tournant historique en consacrant le principe d’appropriation africaine des politiques de développement. Tout en saluant les acquis remarquables en matière d’infrastructures et de gouvernance, le chef de l’État a invité à un examen objectif du décalage persistant entre les ambitions affichées et les résultats enregistrés sur le terrain. Pour l’Algérie, l’enjeu principal réside désormais dans le passage décisif de la planification à l’exécution, afin de garantir un impact direct et mesurable sur le quotidien des citoyens africains.

L’allocution a également mis en lumière la contribution concrète de l’Algérie à la connectivité continentale à travers plusieurs infrastructures stratégiques majeures. C’est le cas de la Route transsaharienne reliant cinq pays voisins pour désenclaver la région du Sahel, ainsi que de la liaison routière entre Tindouf et Zouerate en Mauritanie. Cette dynamique s’appuie en outre sur la Dorsale transsaharienne à fibre optique pour accélérer la transformation numérique, et sur le projet de gazoduc transsaharien destiné à consolider la sécurité énergétique régionale. Sur le plan humain, l’Algérie poursuit son soutien constant à la formation de milliers d’étudiants et de cadres africains afin de bâtir un capital humain hautement qualifié. Abordant le volet crucial du financement, le président Tebboune a insisté sur la nécessité de mobiliser l’épargne africaine et de renforcer l’autonomie financière du continent. Dans cette optique, l’Algérie soutient fermement la création d’une Agence africaine de notation financière pour offrir des évaluations plus équitables des économies du continent. Parallèlement, le pays appelle à l’opérationnalisation effective de la Zone de libre-échange continentale africaine afin d’en faire un véritable levier d’intégration, de production et de commerce intra-africain. Sur la scène internationale, l’Algérie continue de plaider pour un traitement plus juste et durable de la dette des pays en développement, ainsi que pour une réforme profonde des institutions financières internationales garantissant une meilleure représentation de l’Afrique. Par ailleurs, l’Agence algérienne de coopération internationale pour la solidarité et le développement s’inscrit pleinement dans cette dynamique en accompagnant et en finançant des projets vitaux dans les domaines des infrastructures, de la santé, de l’éducation, de l’énergie et de l’eau à travers le continent.

Tout en saluant le rôle de l’Agence de développement de l’Union africaine comme partenaire de confiance, l’Algérie appelle à moderniser l’institution pour la rendre plus forte, flexible et efficace. Il convient de renforcer la complémentarité entre l’Agence, la Commission de l’Union africaine et les Communautés économiques régionales pour éviter les chevauchements et accroître la capacité à élaborer des projets bancables. Le défi ne réside pas dans la création de nouvelles structures, mais dans la capacité des institutions existantes à traduire les décisions politiques en résultats tangibles. Rappelant le lien indissociable entre sécurité et développement puisqu’il n’y a pas de paix durable sans développement global, ni de progrès sans stabilité, l’Algérie a exprimé sa solidarité face aux défis sanitaires du continent, préconisant le renforcement des systèmes continentaux de veille et de riposte face aux épidémies.

Ce 25e anniversaire ne doit pas être une simple commémoration, mais le point de départ d’une nouvelle étape de l’action africaine commune. L’initiative du NEPAD conserve toute sa pertinence stratégique, et l’Algérie aspire à ce que le sommet d’El Alamein enclenche une dynamique où les projets deviennent plus viables, les ressources africaines mieux mobilisées et les partenariats plus équilibrés, portés par une volonté strictement africaine et au service exclusif des peuples du continent.

Mohamed B.