Infrastructures portuaires: L’Algérie enregistre une hausse de 4 % du trafic de marchandises en 2025

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En 2025, les ports algériens ont traité 133 millions de tonnes de marchandises, enregistrant une hausse annuelle de 4 %, tandis que le temps d’attente des navires au large a chuté de 24 % et leur durée moyenne de séjour à quai s’est réduite de 13 %.

Selon un bilan d’activité du secteur relayé par les médias, ces indicateurs témoignent d’une amélioration tangible de la fluidité du commerce extérieur et révèlent l’ambition de transformer la façade maritime nationale en un hub logistique majeur reliant la Méditerranée au reste du continent africain. Le bilan de l’activité portuaire fait état d’une augmentation du nombre de navires accostés, atteignant 16 923 unités en 2025 contre 15 141 en 2024, soit une croissance de 12 %. Dans le même temps, le trafic des conteneurs à l’importation et à l’exportation a dépassé les deux millions d’équivalents vingt pieds (EVP), en hausse de 19 %. Ces performances prennent une dimension stratégique majeure sachant que près de 95 % des échanges commerciaux de l’Algérie transitent par la voie maritime. L’efficacité des infrastructures portuaires influe donc directement sur la maîtrise des coûts d’importation, la compétitivité des exportations et la réduction des délais d’immobilisation des marchandises, des équipements et des matières premières. S’exprimant sur les ondes de la Chaîne 3 de la Radio algérienne, le président-directeur général du Groupe des services portuaires (SERPORT), Ali Boularas, a expliqué que le passage au système de travail continu (24h/24 et 7j/7) a permis d’obtenir des résultats mesurables sur le terrain. Outre la baisse de 24 % de l’attente en rade et le recul de 13 % de la durée moyenne de séjour, le taux d’occupation des terminaux à conteneurs est passé de près de 110 % à moins de 40 %. Chaque journée gagnée sur le transit portuaire diminue les pénalités de retard, les frais de Surestaries et de magasinage, tout en libérant plus rapidement les stocks et la trésorerie des entreprises. De plus, la réduction des délais de traitement contribue à contenir la répercussion des coûts logistiques sur les prix de vente finaux, notamment pour les produits alimentaires et les intrants industriels, tout en offrant aux exportateurs algériens une meilleure capacité à respecter leurs engagements internationaux. Ces résultats découlent d’une réorganisation du travail, du renforcement des ressources humaines et d’une meilleure coordination entre les intervenants de la chaîne portuaire. Depuis février 2025, le groupe SERPORT a renforcé les moyens matériels, faisant l’acquisition de nouveaux scanners et améliorant la synergie avec les services des douanes et du commerce. Pour consolider ces acquis, un programme d’investissement massif a été engagé. En 2025, une enveloppe de 29 milliards de dinars a été allouée à l’acquisition de portiques de quai, de grues mobiles, de chariots cavaliers et de scanners. À cela s’ajoute un montant de 14 milliards de dinars destiné à la réhabilitation des infrastructures, au confortement des quais et aux opérations de dragage, portant l’effort global à 43 milliards de dinars. Cette politique vise à faire passer la gestion portuaire du traitement des urgences à l’extension des capacités opérationnelles. Au port d’Oran, la cadence de manutention cible désormais 30 à 35 conteneurs par heure. De son côté, le port de Djen Djen constitue l’axe central de la stratégie d’expansion, avec la finalisation de son terminal à conteneurs pour porter sa capacité à deux millions d’EVP par an, en vue de devenir un hub majeur sur la rive sud de la Méditerranée. À l’est du pays, le projet d’extension du port minier d’Annaba s’inscrit dans la prise en charge des grands projets phosphates et industriels. Prévu pour entrer en service en mars 2027, cet ouvrage comprend 1 600 mètres linéaires de quai, un tirant d’eau de près de 16 mètres, un terre-plein de 82 hectares et un raccordement ferroviaire direct, permettant d’ajouter une capacité de 8 à 10 millions de tonnes par an. Par ailleurs, le port de Mostaganem amorce la spécialisation des enceintes portuaires en se consacrant aux flux des entreprises publiques, appuyé par une plateforme aux normes internationales et une zone supplémentaire de cinq hectares connectée aux réseaux ferroviaires et routiers. Cette stratégie globale repose sur la création de trois couloirs logistiques à l’est, au centre et à l’ouest du pays, intégrant le transport maritime, le rail et la route pour fluidifier l’acheminement des marchandises vers l’intérieur du pays et vers les marchés africains. La digitalisation joue un rôle clé dans cette transformation grâce à la plateforme « APCS » interconnectée avec les systèmes douaniers, bancaires et d’assurances. Pour accompagner ces mutations, SERPORT concrétise la création d’un centre de formation aux métiers portuaires à Mostaganem afin de doter le secteur de compétences humaines qualifiées, indispensables à l’exploitation optimale de ces nouvelles infrastructures.

Meryam M.