Les relations bilatérales entre l’Algérie et le Niger s’intensifient dans le secteur de l’énergie. L’Entreprise Nationale de Forage (ENAFOR), filiale du groupe Sonatrach, finalise les préparatifs pour le perçage d’un puits d’exploration baptisé « Kafra Sud-Est 1 ». Cette intervention d’envergure se déroule dans la zone stratégique d’Agadez, à proximité immédiate de la frontière sud algérienne.
Cet événement marque une première absolue pour une entité industrielle algérienne opérant dans cette zone frontalière du territoire nigérien, illustrant concrètement la volonté des deux nations partenaires d’intensifier leur coopération bilatérale dans la gestion et l’exploitation des ressources souterraines. Pour mener à bien cette entreprise d’envergure, les équipes techniques ont dû surmonter un défi logistique particulièrement ardu. Le transfert de l’ensemble de l’infrastructure opérationnelle a exigé la mobilisation d’un convoi exceptionnel depuis la zone pétrolière de Hassi Messaoud jusqu’au site d’implantation final au Niger. Le matériel lourd de forage, les chantiers mobiles ainsi que les structures d’hébergement composant la base de vie ont parcouru une distance impressionnante dépassant les 2 000 kilomètres. Ce convoyage s’est déroulé dans un délai record, en dépit d’obstacles environnementaux majeurs caractérisés par un relief particulièrement escarpé, des conditions météorologiques sahariennes extrêmes et des contraintes logistiques complexes liées au passage des frontières. Ce succès opérationnel témoigne du savoir-faire accumulé par l’entreprise de forage algérienne. Selon Abdelaziz Mahfoudh, responsable de l’organisation du transport et de la préparation des équipements sur le terrain, la phase préparatoire est désormais pleinement achevée et les installations sont prêtes à entrer en activité. Le responsable a tenu à rappeler que la société s’appuie sur une solide expérience internationale, ayant déjà exécuté avec succès des chantiers de nature similaire à l’étranger, notamment dans le Sultanat d’Oman. Cette maîtrise technique s’avère essentielle pour garantir la sécurité et l’efficacité des opérations à venir dans une zone à la géographie exigeante. L’intérêt fondamental du forage de « Kafra Sud-Est 1 » repose avant tout sur le potentiel géologique prometteur identifié lors des campagnes d’évaluation initiales. Les données accumulées au cours des études préliminaires affichent des indicateurs très encourageants quant à la présence de volumes exploitables d’hydrocarbures. Au-delà des performances extractives espérées, l’initiative intègre une dimension humaine et technologique essentielle. Le projet prévoit en effet un programme structuré de transfert de compétences et de technologies algériennes vers le Niger. Ce volet comprend l’accompagnement, le perfectionnement et la formation appliquée des cadres et des techniciens nigériens du secteur pétrolier, favorisant ainsi le développement de compétences locales durables. Sur le plan politique et diplomatique, cette avancée concrétise une vision commune portée au plus haut sommet des deux États. Le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, avait précédemment souligné la portée stratégique du gisement de « Kafra », rappelant que Sonatrach y mène des activités de prospection régulières ayant déjà donné des résultats significatifs. Du côté nigérien, le ministre du Pétrole, Mahaman Moustapha Barké, s’est félicité de ce partenariat, y voyant l’illustration d’un rapprochement inédit et mutuellement profitable entre Alger et Niamey. Ce projet pétrolier ne constitue pas une initiative isolée, mais s’insère dans un cadre coopératif global et diversifié. Il s’ajoute à plusieurs autres réalisations d’envergure, à l’image de la centrale électrique construite par l’Algérie au Niger à titre de don, et participe à l’application concrète des engagements souscrits lors des réunions de la Grande Commission mixte algéro-nigérienne tenues à Niamey en mars dernier. Avec l’amorce des opérations de forage sur le puits « Kafra Sud-Est 1 », les deux nations inaugurent une phase opérationnelle nouvelle dans leur dynamique énergétique commune, ouvrant la voie à des investissements industriels accrus et à un partenariat technique durable en Afrique subsaharienne.
Mohamed B.






