Ultimatum, menaces de représailles financières, investisseurs proches de Donald Trump : le projet secret de Gianni Infantino pour brader une part de la Coupe du monde a explosé au grand jour.
Face à ce coup de force, les 55 fédérations européennes ont répliqué sans trembler, votant à l’unanimité un boycott pur et simple de toutes les compétitions FIFA. Ce n’est pas une négociation qu’a menée Gianni Infantino, c’est un passage en force. Le président de la FIFA a dévoilé mardi son projet FIFA Forward Enterprise sans la moindre concertation avec les fédérations censées être ses partenaires, avant de leur adresser une lettre comminatoire : accepter la privatisation partielle de la Coupe du monde avant le 19 septembre, ou voir leur financement amputé de 75 %. En guise de carotte, Infantino promettait jusqu’à 10 milliards de dollars de fonds débloqués dès janvier et un accès à 40 millions de dollars par fédération via sa nouvelle structure. La méthode, résumée par l’UEFA elle-même, tient en une phrase : une gouvernance par la peur, un chantage organisé contre ses propres membres.
Derrière l’habillage philanthropique, développer le football mondial, réduire les inégalités entre confédérations, se cache un montage nettement moins désintéressé. La FIFA prévoyait de céder 20 % d’une filiale valorisée à 20 milliards de dollars à un consortium mené par Thrive Capital, le fonds de Joshua Kushner, frère de Jared Kushner et donc beau-frère de Donald Trump. La FIFA prévoyait de céder 20 % d’une filiale valorisée à 20 milliards de dollars à un consortium mené par Thrive Capital, le fonds de Joshua Kushner, frère de Jared Kushner et donc beau-frère de Donald Trump.Une proximité qui n’a rien d’anodin : Infantino entretient une relation personnelle affichée avec le président américain, au point d’avoir décroché en direct son téléphone pendant le Mondial pour obtenir l’annulation d’un carton rouge infligé à un joueur américain. L’ancien président de la FIFA lui-même, Sepp Blatter, pourtant peu suspect de vertu après des années d’accusations de corruption, n’a pas mâché ses mots : « La relation étroite entre le président de la FIFA et le président américain a atteint une dimension financière profondément nuisible au football.
Personne n’a le droit de vendre notre jeu. » Face à ce hold-up institutionnel, les 55 fédérations européennes n’ont pas cherché la nuance. Réunies en urgence, elles ont voté à l’unanimité une déclaration cinglante : « L’UEFA et ses 55 associations membres ne font qu’un. Nous rejetons unanimement et sans équivoque la proposition de la FIFA de transférer des parts de la propriété de la Coupe du monde et des autres compétitions de la FIFA à des investisseurs privés. La Coupe du monde ne peut être traitée comme un produit d’investissement. Elle n’est pas à vendre. » L’organisation basée à Nyon va plus loin, qualifiant la manœuvre d’acte de coercition indigne d’une institution censée servir le jeu, et prévient que la logique actionnariale finirait immanquablement par dicter le calendrier et le format même des tournois.La riposte n’a rien de symbolique : aucune sélection européenne, de la Coupe du monde féminine 2027 au Brésil jusqu’aux catégories de jeunes, ne foulera plus une pelouse FIFA tant que le projet ne sera pas retiré.






