La nouvelle stratégie énergétique de l’Union européenne, baptisée T-MED et dédiée à la coopération transméditerranéenne dans les domaines des énergies renouvelables et des technologies propres, ouvre de nouvelles perspectives pour l’Algérie. Considérée par Bruxelles comme un acteur clé de la transition énergétique dans la région, l’Algérie pourrait tirer d’importants bénéfices économiques et industriels de ce partenariat, estime le directeur général de Green Energy Cluster Algeria, Boukhalfa Yaïci.
Intervenant ce dimanche dans l’émission L’Invité du jour de la Chaîne 3 de la Radio algérienne, M. Yaïci a qualifié ce programme d’ambitieux et de mutuellement avantageux pour l’Algérie et l’Union européenne. Selon lui, l’initiative T-MED permettra à l’Europe de sécuriser son approvisionnement en énergie verte décarbonée, tandis que l’Algérie pourra développer localement une industrie dédiée aux énergies renouvelables, renforcer son tissu industriel et générer de nombreux emplois. L’expert a rappelé que l’Algérie affiche déjà un intérêt marqué pour les grands projets énergétiques régionaux, notamment South H2 Corridor et Medlink, qui s’inscrivent dans la dynamique de développement des interconnexions énergétiques entre les deux rives de la Méditerranée. Pour Boukhalfa Yaïci, le partenariat avec l’Union européenne revêt une importance stratégique.
Il souligne que l’Europe demeure l’un des espaces économiques les plus puissants au monde et constitue un partenaire naturel pour l’Algérie. Dans ce contexte, le renforcement de cette coopération pourrait permettre au pays de franchir une nouvelle étape dans son développement économique. L’enjeu, selon lui, ne se limite pas à l’exportation d’énergie. L’Algérie pourrait progressivement évoluer d’un statut de fournisseur de matières premières énergétiques vers celui de producteur et d’exportateur de biens manufacturés à faible empreinte carbone, créant ainsi davantage de valeur ajoutée sur son territoire. Toutefois, le responsable a insisté sur la nécessité de relever un défi majeur : celui de la compétitivité du coût de production de l’électricité verte.
« Disposer d’un fort ensoleillement et d’un potentiel éolien appréciable ne suffit pas à garantir une production compétitive », a-t-il souligné, estimant que la réussite de cette transformation dépendra de la capacité du pays à réduire durablement ses coûts de production. Dans cette optique, Boukhalfa Yaïci considère que l’Algérie doit poursuivre le déploiement de son programme national de développement des énergies renouvelables. Il plaide pour l’achèvement du programme en cours de 3 200 MW ainsi que pour le lancement du futur programme de 3 000 MW, dans le cadre de l’objectif global fixé à 15 000 MW. Selon lui, la multiplication des projets permettra d’accroître les investissements, de renforcer les compétences industrielles locales, d’améliorer les performances des entreprises, de réduire les délais de réalisation et d’élever les standards de qualité.
L’expert estime également que l’un des principaux leviers de compétitivité réside dans la baisse progressive du coût de l’électricité verte. Aujourd’hui évalué à environ 5 centimes de dollar par kilowattheure, ce coût devrait, selon lui, être ramené à un niveau compris entre 1,5 et 2 centimes de dollar par kilowattheure afin de rendre les projets suffisamment attractifs pour les investisseurs internationaux. Pour Boukhalfa Yaïci, la réussite du programme T-MED dépendra ainsi de la capacité de l’Algérie à conjuguer développement industriel, compétitivité énergétique et intégration aux nouvelles chaînes de valeur de l’économie bas carbone.
Sarah Cheriet






