Les travaux de la 48e session du Conseil exécutif de l’Union africaine (UA) se sont ouverts mercredi à Addis-Abeba, dans un contexte international qualifié de « délicat » par les responsables de l’organisation panafricaine. Cette réunion ministérielle précède le 39e Sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu samedi et dimanche, et s’inscrit dans une séquence décisive pour l’avenir de l’action africaine.
L’Algérie y est représentée par le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, chargé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Cette 48e session du Conseil exécutif intervient dans le cadre des préparatifs du Sommet de l’UA et vise à examiner un ensemble de dossiers stratégiques liés au rôle et à la place de l’Afrique dans la gestion des principaux défis politiques, sécuritaires et de développement auxquels le continent est confronté. Parmi les priorités inscrites à l’ordre du jour figure l’étude du rapport de la 51e session ordinaire du Comité des représentants permanents (COREP), tenue du 12 au 30 janvier dernier. Les ministres doivent également examiner le rapport relatif à la participation de l’Union africaine au G20, un dossier stratégique qui traduit l’ambition du continent de renforcer sa présence dans les enceintes de gouvernance mondiale. Les travaux porteront en outre sur l’adoption des rapports des commissions présidentielles concernant le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), le Comité des dix (C-10) chargé de la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi que sur les questions liées aux changements climatiques. La session sera également marquée par des échéances électorales importantes. Les ministres devront élire dix nouveaux membres du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA, trois membres de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples et sept membres du Comité africain d’experts sur les droits et le bien-être de l’enfant (CAEDBE). Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, avait souligné, à l’ouverture de la 51e session du COREP, l’importance stratégique du 39e Sommet, organisé « dans une conjoncture délicate » marquée par des défis majeurs en matière de paix et de sécurité. Lors d’une réunion tenue le 5 février avec les doyens des régions de l’Union africaine, il a insisté sur la nécessité de mettre en œuvre le deuxième Plan décennal de l’Agenda 2063, de renforcer l’action climatique et de dynamiser le commerce intra-africain dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Il a également précisé que la question de l’eau figurera parmi les thématiques centrales du sommet de cette année. Intervenant lors des travaux consacrés à l’examen du rapport du COREP, Ahmed Attaf a réaffirmé le soutien de l’Algérie à tout effort visant à renforcer l’Union africaine et à la sortir de « la logique du repli sur soi ». « L’Algérie soutient tout effort à même de renforcer et de sortir notre organisation de la logique du repli sur soi, d’asseoir davantage sa présence aux niveaux continental et international et de lui permettre de s’attaquer, avec réalisme et responsabilité, aux défis actuels, qu’ils soient continentaux ou mondiaux », a-t-il déclaré. Le ministre d’État a également exprimé l’appui de l’Algérie à la Commission de l’UA ainsi qu’à la présidence tournante de l’organisation, réaffirmant l’engagement d’Alger en faveur d’une action africaine coordonnée et efficace. Évoquant le Sommet en préparation, Ahmed Attaf a mis en garde contre un contexte international susceptible de marginaliser l’Afrique, d’occulter ses priorités et de neutraliser sa voix sur la scène mondiale. Il a appelé à dépasser les considérations ponctuelles liées à la gestion interne de l’organisation pour adopter une vision collective et prospective, capable d’identifier les menaces, d’adapter l’action commune aux mutations rapides de l’environnement international et de réhabiliter le projet d’unité africaine. Pour le chef de la diplomatie algérienne, l’unité continentale demeure un choix stratégique incontournable pour préserver le destin commun des peuples africains dans un monde instable, et pour faire entendre une voix africaine plus forte, plus cohérente et plus influente. À travers cette participation active aux travaux du Conseil exécutif, l’Algérie confirme sa volonté de contribuer au renforcement institutionnel de l’Union africaine et à la consolidation d’une action continentale à la hauteur des défis actuels et des aspirations des peuples africains.
Yasmine Derbal






