Une vaste campagne nationale de plantation de 5 millions d’arbustes sera lancée samedi prochain à l’initiative du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, à travers la Direction générale des forêts (DGF). L’opération, qui s’annonce comme l’une des plus importantes de ces dernières années, mobilisera la société civile ainsi que les acteurs économiques dans un effort collectif destiné à protéger les écosystèmes et à ancrer durablement les principes de l’éco-citoyenneté.
La directrice de la restauration des terres et du reboisement à la DGF, Sabrina Rachedi, a souligné que cette édition marque une évolution notable par rapport à la précédente campagne. « Contrairement à l’année passée, où la majorité des plants, plus d’un million, provenait de l’administration des forêts, du Groupe de génie rural (GGR) et des dons associatifs, cette nouvelle campagne s’inscrit dans un partenariat structuré avec l’association Algérie Verte et fait appel à tous les opérateurs économiques pour participer au challenge national de 5 millions de plants », a-t-elle précisé. À ce jour, plus de 4 millions de plants sont déjà assurés par les opérateurs économiques engagés dans l’opération. À ce volume s’ajoutent les plants fournis par l’administration des forêts et les services agricoles, consolidant ainsi l’objectif fixé. Cette mobilisation élargie traduit, selon la responsable, une volonté de structurer l’action environnementale autour d’une démarche d’éco-citoyenneté organisée et partagée. L’initiative, de portée nationale, vise en priorité la restauration des écosystèmes dégradés et le renforcement de la biodiversité. Elle s’inscrit également dans le cadre des engagements internationaux de l’Algérie en matière d’atténuation du changement climatique et de restauration des terres à l’horizon 2030. La campagne adopte une approche équilibrée, combinant dimensions écologique, économique et ornementale. Ainsi, 71 % des plants prévus seront destinés aux forêts, 26 % concerneront des arbres fruitiers et 3 % des espèces d’ornement. Cette répartition reflète une vision intégrée qui associe préservation environnementale, valorisation agricole et amélioration du cadre de vie. Parmi les actions phares figure la plantation de 100 000 arganiers, une espèce à forte valeur écologique et économique. Selon Mme Rachedi, ce choix vise à renforcer la biodiversité tout en soutenant les filières agricoles locales adaptées aux zones arides et semi-arides, où l’arganier peut constituer un levier de développement durable. Le choix des espèces repose sur « des critères scientifiques précis », tenant compte des spécificités de chaque écosystème — forestier, steppique ou saharien. « Chaque espèce est sélectionnée en fonction de son adaptation au sol, au climat et à la disponibilité de l’eau », a expliqué la responsable, insistant sur la nécessité d’une planification rigoureuse pour garantir la réussite des plantations. Au-delà de l’acte symbolique de planter, l’accent est mis sur le suivi et la durabilité de l’opération. « La réussite d’une campagne de reboisement se mesure par la survie des plants après le premier été », a-t-elle rappelé. Dans cette perspective, des actions d’entretien, d’arrosage, de désherbage et de protection seront assurées par les administrations locales, les Assemblées populaires communales (APC) ainsi que par les citoyens, notamment dans les zones urbaines et périurbaines. La responsable a également souligné que les campagnes de reboisement s’inscrivent dans une dynamique continue de volontariat, accompagnée d’actions de sensibilisation et d’éducation environnementale. « L’objectif n’est pas seulement de planter, mais de réussir les plantations, grâce à une programmation anticipée, une préparation rigoureuse des sites et une implication durable de tous les acteurs », a-t-elle affirmé. Les opérations de reboisement s’appuient sur un réseau structuré de pépinières centralisées, comprenant 67 pépinières publiques et environ 60 privées recensées, même si leur nombre réel sur le terrain est supérieur. Cette organisation garantit la traçabilité des plants, un critère essentiel pour assurer leur qualité et respecter un calendrier saisonnier adapté aux conditions climatiques. Avec cette campagne ambitieuse, les pouvoirs publics entendent renforcer la résilience écologique du territoire tout en mobilisant l’ensemble des forces vives autour d’un objectif commun : restaurer les terres, préserver la biodiversité et inscrire l’action environnementale dans une dynamique durable à l’horizon 2030.
Sarah Cheriet






