3,5 milliards de tonnes de fer et 10 millions de tonnes de phosphate en ligne de mire: L’Algérie passe à l’échelle industrielle

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L’Algérie amorce une transformation qualitative majeure de son modèle de développement à travers une relance ambitieuse de son secteur minier, portée par la mise en exploitation de grands projets structurants et l’accélération d’investissements stratégiques à fort impact économique.

Avec l’entrée en production de sites d’envergure tels que la mine de fer de Gara Djebilet à Tindouf et celle de zinc-plomb de Tala Hamza–Amizour à Béjaïa, ainsi que le lancement imminent du projet intégré de phosphate dans l’Est du pays, les bases d’une véritable renaissance minière sont désormais posées, ouvrant la voie à de nouvelles perspectives de croissance et de diversification économique . Cette dynamique s’inscrit dans la vision stratégique du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui place la valorisation des ressources naturelles au cœur du développement national. L’objectif est clair : bâtir une économie diversifiée, moins dépendante des hydrocarbures, en exploitant intelligemment le potentiel minier du pays et en renforçant la souveraineté économique. L’année 2026, marquant le 60e anniversaire de la nationalisation du secteur minier, s’impose comme un tournant décisif. Elle est notamment marquée par l’entrée en exploitation de la gigantesque mine de Gara Djebilet et par l’inauguration de la ligne ferroviaire stratégique reliant Gara Djebilet à Tindouf et Béchar sur une distance de 950 kilomètres, un projet structurant visant à assurer l’interconnexion du Grand Sud avec le reste du territoire national. Avec des réserves estimées à 3,5 milliards de tonnes de minerai de fer brut, Gara Djebilet constitue un pilier central de cette nouvelle stratégie industrielle. Ce projet intégré s’inscrit dans une vision globale de valorisation des ressources nationales, combinant extraction, transformation et logistique. Dans le même élan, la mise en exploitation de la mine de zinc-plomb d’Oued Amizour marque une nouvelle étape dans la relance du secteur. Ce gisement, dont les réserves sont estimées à 53 millions de tonnes, devrait atteindre une production annuelle de 2 millions de tonnes de minerai brut, avec une capacité de transformation de 200.000 tonnes de concentré par an . Au-delà de sa dimension industrielle, ce projet présente un impact socio-économique significatif, avec la création de plus de 700 emplois directs et près de 4.000 emplois indirects, ainsi que la dynamisation du tissu de sous-traitance, des start-up et des petites entreprises. Parallèlement, le projet intégré de phosphate de Tébessa connaît une accélération notable. Ce programme structurant vise à positionner l’Algérie parmi les principaux exportateurs mondiaux d’engrais phosphatés et azotés, en portant la production nationale de 2,5 millions à 10 millions de tonnes par an. Ce projet se décline en plusieurs phases, incluant l’exploitation du gisement de Bled El Hadba, le traitement local du minerai, la production d’engrais et l’extension du port minier d’Annaba. Il s’accompagne également de la réalisation d’une ligne ferroviaire de 450 kilomètres, reliant les sites d’extraction au port, dont il reste entre 150 et 175 kilomètres à finaliser. L’extension du port d’Annaba permettra d’accueillir des navires de grande capacité, transformant la wilaya en une plateforme logistique internationale et renforçant la compétitivité des produits miniers algériens sur les marchés extérieurs. Les premières opérations de chargement de phosphate sont prévues pour la fin de l’année 2026, avec une montée en cadence attendue au plus tard au premier semestre 2027. À travers cet ensemble de projets, l’Algérie ambitionne de franchir un cap décisif dans son développement économique, en faisant du secteur minier un levier stratégique de croissance, d’industrialisation et d’intégration dans les chaînes de valeur internationales.

Selma Dey

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