L’Office national de l’assainissement (ONA) élabore une nouvelle étude visant à mettre en place un cadre national intégré pour la réutilisation des eaux usées épurées, dans l’objectif de mieux valoriser cette ressource hydrique dans l’agriculture, l’industrie et les usages urbains, a indiqué lundi à Alger le responsable de l’étude, Mohamed Mouhoub.
« Ce projet, piloté par l’ONA en coordination avec trois bureaux d’études nationaux, permettra de faire des eaux usées épurées une option stratégique pour le renforcement de la sécurité hydrique, à travers le développement d’outils de planification et de gestion, ainsi que la mise à jour du schéma directeur d’aménagement par bassin hydrographique à l’échelle nationale », a expliqué M. Mouhoub à l’occasion d’un séminaire organisé par l’ONA sur cette étude.L’étude actualisera celle réalisée en 2007 relative à la réutilisation des eaux traitées issues des stations d’épuration, a-t-il précisé lors de cette rencontre qui a réuni les représentants des secteurs concernés, notamment l’Hydraulique, l’Agriculture, l’Industrie, l’Habitat, ainsi que les directions des forêts et de la Protection civile, les bureaux d’études et des experts techniques.Après la première phase, en cours d’achèvement, qui consiste en la collecte des données de base, l’étude prévoit d’élaborer la mise à jour du schéma directeur de la réutilisation des eaux usées traitées à l’horizon 2045, concernant les stations existantes, en exploitation, en cours de réalisation ou programmées.La deuxième phase, qui sera lancée prochainement, portera également sur la réalisation de 18 études de faisabilité technique et économique au niveau de cinq régions hydrographiques du pays, pour la réutilisation des eaux usées épurées à des fins agricoles, industrielles et urbaines de manière détaillée, permettant la mise en œuvre de projets concrets et adaptés aux spécificités locales, a-t-il ajouté.Cette étude devrait aboutir à l’élaboration d’un système d’information géographique (SIG) national regroupant l’ensemble des stations de traitement des eaux usées, ainsi qu’à la mise en place d’un cadre réglementaire et de normes appropriées pour la réutilisation selon les différents usages.Expliquant que chaque station d’épuration devrait avoir un usage identifié, M. Mouhoub a précisé que les eaux traitées seraient réutilisées dans les secteurs vitaux tels que l’agriculture pour l’extension des superficies irriguées, l’industrie pour le refroidissement, le nettoyage ou certains process, ainsi qu’en milieu urbain pour la voirie, les espaces verts et la lutte contre les incendies.Selon le responsable, cette étude s’imposait afin de tenir compte des nouvelles données du secteur par rapport à 2007, date d’élaboration de la première étude, notamment en matière de stations d’épuration qui sont passées d’une cinquantaine à plus de 600, en incluant les projets en cours de réalisation ou programmés.Il a ajouté que cette mise à jour intègre également les nouvelles normes internationales, notamment celles de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de la FAO, ainsi que les expériences de pays avancés, afin de réduire les risques sanitaires et environnementaux.Pour sa part, le directeur général de l’ONA, Abdelkader Ziouche, a déclaré que cette étude s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale mise en oeuvre par le ministère de l’Hydraulique, conformément aux hautes instructions du président de la République, visant à mobiliser les ressources en eau non conventionnelles afin de faire face au stress hydrique aggravé par les changements climatiques.Selon lui, l’ONA exploite actuellement 187 stations d’épuration dans un réseau de plus de 71.000 kilomètres linéaires.Ces infrastructures ont permis en 2025 de traiter environ 260 millions de mètres cubes (m3) d’eau sur un volume total collecté estimé à 1,3 milliard de m3, un effort ayant un impact positif sur la santé publique et le confort des citoyens, ajoute M. Ziouche.Le séminaire a été ponctué par une série de présentations sur des expériences de réutilisation des eaux, animées par des experts techniques et des représentants des secteurs concernés, en vue de contribuer à l’amélioration des visions stratégiques et au renforcement de la coordination intersectorielle dans le domaine de la valorisation des ressources en eau non conventionnelles.
Saki Taklit






