Les pays européens signataires de l’accord sur le nucléaire ave l’Iran, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, ainsi que l’Union européenne ont rejeté jeudi « l’ultimatum » de Téhéran leur accordant un délai de 60 jours avant de remettre en cause de nouveaux aspects de l’accord.
« Nous rejetons tout ultimatum et nous évaluerons le respect par l’Iran de ses engagements en matière nucléaire », préviennent ces pays ainsi que la Haute représentante de l’UE pour la politique étrangère, Federica Mogherini, dans un communiqué commun.
La ministre française des Armées, Florence Parly, a indiqué mercredi que l’Union européenne pourrait envisager même des sanctions contre l’Iran si ce dernier suspendait certains de ses engagements de l’accord nucléaire signé en 2015. « Cela fait partie des choses qui seront examinées. Si ces engagements n’étaient pas respectés, naturellement », a-t-elle signifié. La décision de l’Iran de revoir certains de ses engagements a été prise suite aux sanctions et aux pressions qu’elle subit de la part des Etats-Unis et la passivité des pays sus-cités.
L’Allemagne, la France et le Royaume-Uni qui avaient signé un accord avec l’Iran en début de l’année en cours pour permettre à Iran de contourner les sanctions de Washington n’ont pas tenu leurs engagements, faute de représailles des Etats-Unis. Le président américain Donald Trump avait demandé même aux pays en question de boycotter l’achat du pétrole iranien à partir du 2 mai.
La Chine qui fait partie des pays signataires dudit accord a exhorté mercredi toutes les parties à tenir leurs engagements. « Maintenir et appliquer l’accord est de la responsabilité de toutes les parties », a déclaré devant la presse le porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang, avant d’d’ajouter: « nous appelons toutes les parties en présence à faire preuve de retenue, à renforcer le dialogue et à éviter une escalade des tensions ». M. Geng a rappelé que la Chine s’opposait aux sanctions unilatérales des Etats-Unis contre l’Iran.
La décision de l’Iran a été soutenue par ailleurs par la Russie. La réaction de Téhéran est tout à fait compréhensible pour Vladimir Poutine. « Les décisions irréfléchies et arbitraires, menant à une pression déraisonnable sur l’Iran, provoqueraient des mesures fâcheuses par la suite, auxquelles nous sommes confrontées aujourd’hui », a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, avant d’ajouter que la Russie restait « engagée » à l’accord sur le nucléaire iranien.
Les sanctions des Etats-Unis contre l’Iran se sont répercutées négativement sur son économie.
Selon le Fonds monétaire international (FMI), le PIB de la République islamique va chuter de 6% en 2019, après un recul de 3,9% en 2018. Depuis le 8 mai 2018, le rial iranien s’est déprécié de plus de 57% par rapport au dollar sur le marché libre, engendrant une forte poussée de l’inflation. Celle-ci atteint désormais 51% en glissement annuel (contre 8% il y a un an), selon le taux officiel.






