Tunisie : La justice annonce une enquête sur les conditions d’arrestation  d’un candidat à la présidentielle

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Le ministre tunisien de la Justice, Mohamed  Karim Jamoussi, a annoncé, hier l’ouverture d’une enquête sur les  circonstances de l’émission de mandat de dépôt à l’encontre d’un candidat à  la présidentielle, l’homme d’affaires Nabil Karoui afin de s’assurer de la légalité des procédures empruntées, a rapporté la TAP.

Réagissant à la polémique soulevée par l’arrestation, vendredi, de Nabil  Karoui, propriétaire de Nessma TV, président du parti « Au Cœur de la Tunisie » et candidat à l’élection présidentielle anticipée, le ministre tunisien de la Justice, Mohamed Karim Jamoussi, a affirmé avoir ordonné à  l’inspection générale au sein du département de la Justice d’enquêter sur les circonstances de l’émission de mandats de dépôt à l’encontre de Nabil Karoui et de son frère Ghazi, a ajouté la même source. « La loi stipule que l’inspection générale exerce sous l’autorité directe  du ministre, une mission d’inspection sur l’ensemble des juridictions et sur tous les services et les établissements relevant du ministère à l’exception de la cour de cassation. (…) La mission d’inspection est effectuée par ordre de mission du ministre », a précisé, dans ce contexte,  le ministre tunisien de la Justice. Le président du parti « Au Cœur de la Tunisie » a été arrêté vendredi par une brigade de la Direction générale de la sûreté nationale au niveau de l’autoroute Tunis-Béja et conduit à la prison de la Mornaguia. Son arrestation a suscité une large polémique dans le pays, alors que  certains ont mis en doute la légalité des procédures empruntées lors de son interpellation. Des parties politiques ont accusé le chef du gouvernement Youssef Chahed d’être à l’origine de cette affaire, alors que d’autre estiment que l’émission d’un mandat de dépôt à l’encontre des frères Karoui constitue « une victoire de la loi dans sa lutte contre la corruption ».  Selon eux, la justice ne doit pas prendre de congé en période électorale. M. Karoui et son frère Ghazi sont visés par une instruction judiciaire du pôle financier depuis 2017, après le dépôt par l’ONG anticorruption I-Watch d’un dossier les accusant de fraude fiscale.