Transformation numérique: Un chantier d’État: Cinq axes stratégiques pour refonder la gouvernance publique

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L’année 2025 a marqué une étape déterminante dans l’engagement de l’Algérie vers une transformation numérique globale, menée en application directe des instructions fermes du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Cette orientation stratégique traduit la volonté de l’État de consacrer la transparence dans la gestion publique, d’améliorer l’efficacité administrative et de lutter durablement contre la corruption et les lourdeurs bureaucratiques.

Le président de la République a fait de la numérisation un fondement essentiel de la gouvernance moderne, soulignant à plusieurs reprises qu’il s’agit désormais d’« une nécessité incontournable ». Il a insisté sur le fait que l’intégration de l’ensemble des secteurs à cette dynamique ne constitue pas une option, rejetant toute justification pouvant expliquer un retard dans la mise en œuvre de ce chantier structurant. Dans ce contexte, la Haute-commissaire à la numérisation avec rang de ministre, Meriem Benmouloud, a mis en avant l’importance capitale accordée par le chef de l’État à ce dossier, soulignant son suivi personnel et régulier de l’avancement du processus. Cette implication directe, a-t-elle indiqué, reflète une forte volonté politique visant l’aboutissement d’une transformation numérique globale en Algérie. Dans le cadre de cette approche intégrée, le Haut-Commissariat à la numérisation a annoncé, en mai dernier, le contenu de la stratégie nationale de transformation numérique à l’horizon 2030, première référence nationale destinée à encadrer la concrétisation de cette mutation. Cette stratégie repose sur cinq axes majeurs : le développement des infrastructures de base des technologies de l’information et de la communication, le capital humain et la formation, la gouvernance numérique, l’économie numérique et la société numérique. Elle s’appuie également sur deux piliers structurants. Le premier concerne le cadre juridique et réglementaire régissant le domaine numérique, actuellement en cours de consolidation à travers l’élaboration d’un projet de loi sur la numérisation. Le second pilier porte sur la cybersécurité, incluant la protection des données et des systèmes d’information contre les cybermenaces. Compte tenu du lien étroit entre transformation numérique, souveraineté nationale et sécurité cybernétique, le président de la République a décidé la mise en place d’un dispositif national de sécurité des systèmes d’information, composé du Conseil national de la sécurité des systèmes d’information (CNSSI) et de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI). Ce dispositif vise à renforcer la résilience des infrastructures numériques nationales. Parallèlement, le Haut-Commissariat œuvre à la mise en service du système national d’information, comprenant une base de données nationale, un système national d’interopérabilité destiné à assurer l’interconnexion entre les ministères et organismes publics, ainsi qu’un système national d’aide à la prise de décision. Cet ensemble permettra de fournir des données fiables, actualisées et structurées, afin de soutenir l’élaboration et le suivi des politiques publiques. Dans ce cadre, Mme Benmouloud a fait état de la réalisation de 46 opérations de raccordement à la fibre optique à haut débit au profit de différents départements ministériels et organismes publics, afin de garantir un transfert sécurisé et fluide des données vers la base nationale. L’année 2025 a également été marquée par la conclusion de plusieurs conventions de coopération intersectorielle dans les domaines de la numérisation et du renforcement de la transparence, notamment entre le Haut-Commissariat à la numérisation et la Haute autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption (HATPLC). Ces accords visent à consolider les capacités nationales en matière de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption. Dans le même sillage, et afin de parachever le processus de création du Haut-Commissariat lancé en 2023, le Comité scientifique et technique de cette institution a été installé en octobre dernier. Sa mission consiste à contribuer à l’orientation et à l’évaluation des politiques numériques nationales. Sur le plan juridique, la transformation numérique a été renforcée par l’adoption d’un nouveau texte de loi fixant les règles générales relatives aux services de confiance pour les transactions électroniques et à l’identification électronique. Ce cadre vise à instaurer un environnement numérique sécurisé et à renforcer la protection des systèmes d’information nationaux. Enfin, l’année écoulée a vu le lancement de plusieurs plateformes numériques sectorielles, destinées à améliorer la prise en charge des préoccupations des citoyens et à faciliter leur accès aux services publics à travers des interfaces numériques modernes, confirmant ainsi l’ancrage progressif de la transformation digitale dans le fonctionnement de l’État et de ses institutions.

Yasmine Derbal

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