Tebboune prononcera un discours devant la 78e session de l’assemblée générale de l’ONU: Le grand retour de la diplomatie algérienne sur la scène internationale

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La participation du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, aux travaux de haut niveau de la 78e session ordinaire de l’assemblée générale de l’ONU, la plus prestigieuse des tribunes mondiales, constitue une opportunité significative du grand retour de la diplomatie algérienne sur la scène internationale.

Il s’agit, en fait, d’un come-back teinté de succès, puisque l’Algérie prendra sa place au sein du Conseil de sécurité des Nations unies à partir de janvier prochain en sa qualité de membre non permanent. L’assemblée générale de l’ONU est un événement  très attendu dans un contexte international marqué par des crises multiples et exacerbé par des conflits sur fond de polarisation du monde, en passant par l’urgence climatique ainsi que l’aggravation des inégalités en termes de qualité de la vie des populations entre les pays développés et le reste de la planète. D’ailleurs, il suffit de consulter la longue liste des thématiques retenues dans l’ordre du jour du rendez-vous, soit une dizaine, pour mesurer l’ampleur des défis que les dirigeants des Etats membres de l’ONU devront relever. Promotion des droits humains et du droit international, promotion d’une croissance économique soutenue et d’un développement durable, maintien de la paix et de la sécurité internationale, lutte contre le terrorisme, développement de l’Afrique et aussi des questions d’organisation et de réforme des institutions financières internationales, pour ne citer que ces points, renseignent sur les difficiles tâches à accomplir par une organisation mondiale dont l’efficacité et la pertinence sont l’objet d’opinions ambivalentes depuis quelques années, selon les analystes et observateurs de l’action de l’ONU. Dans ce contexte difficile, l’Algérie, à travers son président de la République, constitue une voix de sagesse qui doit être écoutée avec attention et sans aprioris car à travers ses positions immuables, ses propositions mûries et ses actions diplomatiques reconnues, elle apporte une vision de neutralité et de détachement nécessaires à toute prise de décision efficace. Car elle est l’un des principaux porte-parole des pays non-alignés, de l’Afrique, des pays du Sud, et est farouchement attachée à la souveraineté des Etats ainsi qu’aux droits légitimes des peuples. L’Algérie, par son respect des résolutions et son fort attachement à l’application des décisions, a été classée en 2022 au premier rang aux niveaux africain et arabe en matière de réalisation des 17 Objectifs de développement durable (ODD), des objectifs dont les gouvernements sont appelés, durant ce sommet, à agir vite. En matière de paix et de sécurité internationale, l’Algérie a maintenu une position claire en faveur du multilatéralisme et de la résolution des conflits par les voies non-violentes, diplomatiques et sans ingérence des forces étrangères. Elle a prouvé que sa lecture des crises politiques et sécuritaires sont les plus sages et les moins dommageables. Faut-il dans ce cas rappeler ces alertes concernant la Libye, la Syrie ou encore tout récemment le Niger, où le Président Tebboune a proposé une feuille de route de six points pour régler la crise dans ce pays voisin et éviter une intervention militaire étrangère qui aura certainement des effets dévastateurs sur la région du Sahel.

L’Algérie est également un pivot incontournable dans la lutte contre le terrorisme transnational et le crime organisé.

Elle est, sans concession, la voix acharnée qui rappelle au monde que les peuples palestinien et sahraoui souffrent encore d’un mal qu’on pensait aboli au siècle dernier et qui est celui de la colonisation. Pour ce qui est de la réforme des institutions internationales, l’Algérie fait partie des pays qui prônent déjà la prise en compte de l’équité internationale et demandait que les pays du Sud aient une place plus importante dans ces organisations universelles et que leurs voix soient mieux écoutées. Ainsi, et par ses positions constantes et réfléchies, l’Algérie prouve qu’elle est un élément nodal de l’ONU depuis plus de 60 ans, que l’institution internationale devrait écouter avec attention si elle veut maintenir son rôle de garant de la stabilité mondiale, une voix que les membres de l’ONU entendront plus souvent à partir du 1er janvier prochain, cette fois en tant que membre non-permanent du Conseil de sécurité.Récemment, et dans un rapport adressé au Conseil de sécurité, le secrétaire général de l’Organisation onusienne, Antonio Guterres, a salué l’engagement personnel du Président Abdelmadjid Tebboune dans la promotion de la paix et de la stabilité en République du Mali. Dans ce cadre, M. Antonio Guterres a fait l’éloge de l’implication directe du Président Abdelmadjid Tebboune dans les efforts visant à redynamiser le processus de mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du Processus d’Alger. Il a particulièrement rappelé que le président de la République avait successivement reçu en janvier et février derniers des délégations représentant toutes les parties maliennes signataires de l’Accord d’Alger, en l’occurrence le gouvernement et les Mouvements politico-militaires. A la lumière de ces développements, le SG de l’ONU s’est félicité du leadership de l’Algérie, en sa double qualité de chef de file de la Médiation internationale et de président du Comité de suivi de l’Accord, en mettant en exergue ses initiatives tendant à surmonter l’impasse que connaît actuellement le processus de mise en œuvre de l’Accord qui reste, selon le chef des Nations unies, l’instrument privilégié pour favoriser une paix et une réconciliation durables au Mali.

Le secrétaire général de l’ONU avait exprimé également son admiration pour la vision globale du Président Tebboune pour les affaires du monde, saluant son engagement constant et son rôle dans la promotion de la paix et de la stabilité régionale et internationale.

A cette occasion, M. Guterres s’est félicité des relations privilégiées entre l’Algérie et l’ONU qu’il a qualifiées d’exemplaires, saluant, en outre, les efforts et la position de principe de l’Algérie pour un règlement rapide des crises dans la région. Au niveau continental, l’Algérie poursuit ses efforts visant à contribuer au renforcement de l’action africaine commune dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme à travers notamment l’élaboration d’un nouveau plan d’action. Le président de la République avait relevé, à cet égard, un fléchissement de l’intérêt de la communauté internationale pour les menaces croissantes imposées par le fléau du terrorisme et de l’extrémisme violent aux Etats et aux peuples africains dans un contexte mondial empreint d’agitation et de polarisation, soulignant que l’Afrique est confrontée à une menace globale qui ne reconnaît aucune frontière et qui n’est liée à aucune religion, race ou nationalité. Il avait précisé, à cet égard, que cette menace ne doit, en aucun cas, être assimilée à la lutte légitime des peuples sous occupation pour reconquérir leurs droits légitimes, au premier rang desquels leur droit inaliénable et imprescriptible à l’autodétermination et à l’indépendance consacré par la légalité internationale.  Il avait fait observer que la gravité croissante de ce fléau dans de nombreuses régions africaines, en particulier dans l’espace sahélo-saharien, est devenue la principale menace à la sécurité et à la stabilité des pays africains qui inhibe leurs efforts de développement économique et de concrétisation des objectifs de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.  Louant, dans ce sens, les grands efforts déployés par les pays africains dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, le président de la République avait appelé toutefois à un soutien effectif de la communauté internationale. Il avait invité les partenaires internationaux à œuvrer autant au niveau bilatéral que multilatéral dans le cadre des Nations unies à soutenir les efforts africains contre le terrorisme, suivant plusieurs priorités, notamment en œuvrant au renforcement des capacités individuelles des Etats africains, en empêchant l’utilisation des territoires des partenaires internationaux comme bases-arrière pour l’incitation et/ou le soutien aux activités terroristes dans d’autres pays, tout en redoublant d’efforts pour éviter de contribuer directement ou indirectement au financement du terrorisme. M. Tebboune avait cité également le soutien des opérations conjointes mandatées par l’UA pour lutter contre le terrorisme, l’encouragement de l’émergence d’une nouvelle génération d’opérations de maintien de la paix qui soit en phase avec la réalité et les menaces nouvelles et changeantes, notamment le terrorisme et le crime organisé, ainsi que davantage d’investissement dans le développement économique du continent africain. Tout en réitérant l’engagement constant de l’Algérie à poursuivre ses efforts pour concrétiser le mandat continental qui lui a été confié en matière de prévention et de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, M. Tebboune avait exprimé son aspiration à renforcer la contribution dans ce domaine, eu égard au contexte actuel très compliqué suite aux conditions difficiles que traverse la région. Cela impose une vigilance permanente et un déploiement rigoureux pour faire face aux groupes terroristes.

T. Benslimane