Sécurité alimentaire: Une stratégie nationale dès 2026 pour réduire durablement les importations

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Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El-Mahdi Oualid, a présenté, dimanche 1er février 2026, les principaux axes de la nouvelle stratégie du secteur agricole visant à renforcer la sécurité alimentaire nationale et à réduire progressivement la dépendance de l’Algérie aux importations à court et moyen termes. Cette présentation a eu lieu lors d’une journée parlementaire organisée par la commission de l’agriculture et du développement rural au Conseil de la nation, consacrée à la réalité de l’agriculture et à son rôle stratégique dans l’atteinte de la souveraineté économique.

À cette occasion, le ministre a souligné que la nouvelle approche repose sur un principe fondamental : maximiser le recours à la production nationale pour satisfaire les besoins des citoyens, tout en réduisant de manière graduelle la dépendance aux importations, notamment pour les produits agricoles stratégiques et les intrants essentiels. Cette feuille de route, récemment présentée au Conseil des ministres, s’appuie sur les recommandations issues du Congrès national du secteur agricole organisé fin octobre dernier, qui a réuni plus de 1 200 experts, professionnels et chercheurs, en provenance d’Algérie et de l’étranger. Le ministre a mis en avant les défis majeurs auxquels fait face le secteur agricole, en particulier ceux liés au changement climatique et à l’exploitation durable des ressources, afin de préserver la sécurité alimentaire des générations futures. Il a insisté sur la nécessité de renforcer les politiques publiques et de connecter davantage le secteur agricole à la recherche scientifique et aux technologies modernes, considérées comme des leviers essentiels pour surmonter ces contraintes structurelles. À partir de 2026, la stratégie prévoit une série de décisions structurantes touchant l’ensemble des filières. Elle vise d’abord l’amélioration des performances de la filière céréalière, à travers l’augmentation des rendements à l’hectare sur la base des résultats de la recherche scientifique, l’adoption de semences à haut rendement, le développement de nouvelles variétés adaptées aux conditions climatiques nationales, l’utilisation raisonnée d’engrais fondés sur des études scientifiques et la création de coopératives spécialisées dans les techniques agricoles modernes. La feuille de route prévoit également le développement des capacités nationales en matière de santé végétale et animale, ainsi que le lancement de la production locale de semences, en particulier hybrides, en associant étroitement le secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Cette orientation vise l’autosuffisance à court terme dans ce domaine, tout en contribuant à la réduction des coûts de production et au renforcement de la compétitivité des produits agricoles algériens à l’exportation. La stratégie inclut aussi le développement de la production de plants d’arbres à forte valeur économique, notamment les cultures arboricoles telles que les amandes et les pistaches, ainsi que le lancement de projets destinés à couvrir les besoins nationaux en mères avicoles, avec la mise en place de programmes locaux de développement génétique. L’objectif est de libérer la filière avicole de sa dépendance aux importations d’intrants biologiques, tout en sécurisant son approvisionnement par la constitution d’un stock stratégique de maïs. Par ailleurs, de nouvelles formulations d’aliments pour bétail, à base de matières premières locales alternatives à l’orge et au soja, seront introduites. Une nouvelle loi sur l’élevage bovin est également en préparation. Elle prendra en compte la problématique du fourrage, l’identification électronique du cheptel, la criminalisation de l’abattage des femelles et le lancement d’un programme national de transfert d’embryons afin d’améliorer durablement la productivité du secteur. Le ministre a également annoncé le lancement de nouvelles offres d’assurance agricole couvrant les risques liés aux changements climatiques, ainsi que la mise en place de microcrédits et d’un Fonds d’investissement agricole pour diversifier les mécanismes de financement et soutenir les exploitants. L’exploitation responsable et durable du foncier agricole, considéré comme une ressource non renouvelable, figure également parmi les priorités, avec la préparation d’une nouvelle loi unifiée sur le foncier agricole, actuellement à l’étude au niveau du Secrétariat général du gouvernement. La révision du cadre législatif et réglementaire du secteur agricole est également prévue afin de s’adapter aux mutations en cours, de libérer les initiatives et d’alléger les charges administratives. Dans ce cadre, le décret exécutif relatif aux coopératives agricoles sera révisé pour faciliter leur création, permettre un meilleur accès aux subventions et aux programmes de soutien, et réduire les contraintes pesant sur les agriculteurs. Enfin, la stratégie prévoit l’augmentation de la production halieutique par le rattrapage du retard enregistré dans l’aquaculture, l’encouragement des investissements, la production locale d’aliments pour poissons et la promotion de la pêche en haute mer. Un système national d’information agricole sera également mis en place afin de disposer de données précises et fiables, indispensables à une prise de décision efficace et à une meilleure gouvernance du secteur agricole. Par cette nouvelle feuille de route, les pouvoirs publics affichent leur volonté d’engager une transformation en profondeur du secteur agricole, en vue de bâtir une agriculture plus résiliente, compétitive et souveraine, capable de garantir durablement la sécurité alimentaire du pays et de réduire la dépendance aux importations.

Amel Driss

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