Sahara occidental

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Ould Salek dénonce les tentatives visant à confisquer le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination

«Nous assistons aujourd’hui, avec rejet et désapprobation, à la poursuite des tentatives injustes visant à confisquer le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, à l’indépendance et à la souveraineté, en totale violation des résolutions de la légalité internationale», a déclaré Ould Salek, cité par l’agence SPS.

«Cette approche est injuste et n’a pas d’avenir, aussi, cachée soit-elle dans des termes et des phrases éloignés de l’esprit et de la lettre de l’accord conclu entre les deux parties au conflit, le Front Polisario et le Royaume du Maroc, en 1991, sous la supervision des Nations unies et de l’Organisation de l’unité africaine, qui a été adopté à l’unanimité par le Conseil de sécurité», a souligné le MAE sahraoui, affirmant que cette approche est «vouée à l’échec». Ould Salek rappelle que «l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, comme élément de l’accord» avait pour «seul objectif la création des conditions propices et nécessaires pour l’organisation du référendum. Mais «le retrait du Maroc de cette voie, à mi-chemin, avec la bénédiction et le soutien de pays bien connus, a conduit, malheureusement, à la reprise de la guerre, qui ne s’arrêtera plus jusqu’à la fin de l’occupation marocaine illégale de notre pays et le respect de nos frontières et les droits sacrés de notre peuple pour lesquels il a tant sacrifié et sacrifiera encore avec toutes ses forces», met-il en garde. Il estime que «le moment est venu pour parler, haut et fort, dans un langage de vérité, en toute responsabilité et transparence, pour alerter et attirer l’attention sur l’imprudence et les dérapages dangereux pratiqués par certains pays, membres et non membres, du Conseil de sécurité, qui poussent toute la région à la guerre». Avant d’ajouter que le Front Polisario tient ces pays «pleinement responsables des graves conséquences de cette politique injuste». Dans sa déclaration, le ministre relève que «la partie sahraouie, qui a fait preuve de la plus grande retenue pendant trois décennies et a coopéré avec tout le sérieux, la sagesse et la responsabilité avec les  Nations unies, tous les secrétaires généraux et envoyés successifs, ainsi qu’avec la Minurso, n’acceptera jamais que l’on porte atteinte, d’un iota, aux droits inaliénables du peuple sahraoui, à la nature juridique de la cause sahraouie comme une question classique de décolonisation ou à la situation de belligérance dans le conflit entre les deux parties, à savoir, le Front Polisario et le Royaume du Maroc». Le conflit sahraoui-marocain n’entrera «dans une étape de solution pacifique, consensuelle, réaliste, juste et définitive» que si le Conseil de sécurité fixe la date de l’organisation du référendum, pour lequel a été instituée la Minurso, et le Maroc renouvelle son engagement et son adhésion au Plan de Règlement, indique-t-il. Les représentants des Nations unies «trouveront chez la partie sahraouie  une coopération constructive et responsable sur la base de la clarté des principes et paramètres de la voie du processus politique, rassure Ould Salek. Et de réitérer que le processus onusien ne «peut s’écarter de sa nature juridique et des principes sacrés sur lesquels il est établi, et qui sont au demeurant inscrits dans la Charte et dans toutes les résolutions, et réaffirmés par la Cour internationale de justice et dans l’Acte constitutif de l’Union africaine et les décisions de cette dernière».

Le Front Polisario a le droit de représenter le peuple sahraoui en justice La décision était attendue par les indépendantistes du Front Polisario, à l’origine de la saisie du Tribunal de l’Union européenne pour des accords estimés «litigieux» entre le Maroc et l’UE concernant le Sahara occidental. La juridiction européenne leur a donné raison, mercredi 29 septembre, en annulant les deux accords de partenariat commerciaux. Dans une déclaration conjointe publiée à Bruxelles juste après l’annonce du Tribunal, l’UE et le Maroc se sont engagés à poursuivre leur «partenariat stratégique». Saluant «une victoire triomphale», le Front Polisario s’est, lui, félicité d’une décision «historique» pour la cause sahraouie. Dans une déclaration conjointe publiée à Bruxelles juste après l’annonce du Tribunal, l’UE et le Maroc se sont engagés à poursuivre leur «partenariat stratégique». Saluant «une victoire triomphale», le Front Polisario s’est, lui, félicité d’une décision «historique» pour la cause sahraouie. Le Sahara occidental, au centre de l’attention, est un territoire non autonome depuis 1963, selon l’ONU. Il est disputé depuis plus de 45 ans entre Rabat et les indépendantistes sahraouis, soutenus par l’Algérie. Ancienne colonie espagnole de 266 000 km², et peuplé de plus d’un demi-million d’habitants, il est essentiellement contrôlé par le Maroc, qui détient 80% de ce territoire quasi désertique, au sous-sol riche en phosphates et au littoral très poissonneux. Cette situation perdure depuis 1975. Le Front Polisario a d’emblée refusé cette annexion. Les sahraouis demandent un référendum d’autodétermination sur le Sahara occidental, constamment refusé par le Maroc. Actuellement, le territoire est séparé depuis 1980 par un «mur de défense» construit par le Maroc, qui a été suivi d’un exode des populations locales. On estime aujourd’hui qu’entre 100 000 à 200 000 réfugiés sahraouis sont installés dans ces camps situés à 1800 km au sud-ouest d’Alger, près de la frontière avec le Maroc. En 1991, la  guerre entre le Maroc et le Front Polisario s’est soldée par un cessez-le-feu, mais à condition qu’un référendum d’autodétermination puisse être organisé. L’expansion et l’agression marocaines visant à modifier ces frontières, internationalement reconnues, «sont la cause de la guerre et de l’instabilité dans la région du Nord- Ouest de l’Afrique», a-t-il pointé du doigt, relevant que «l’utilisation de la brèche illégale d’El Guergarat, pour évacuer le fruit du pillage illégal des ressources naturelles du Sahara occidental, et faciliter l’entrée de grandes quantités de drogues sur le marché africain, exposant ainsi sa jeunesse aux ravages de sa consommation, et compromettant par la même occasion, non seulement le développement de l’Afrique, mais aussi la construction et l’intégration du Maghreb.