Recyclage: Un marché en plein essor pour l’économie circulaire: 250.000 palettes exportées par an, les déchets deviennent une richesse

0
149

Le recyclage, la récupération et le traitement des déchets, y compris les déchets dangereux, s’imposent progressivement comme une activité économique attractive, créatrice de valeur, d’emplois et respectueuse de l’environnement. De plus en plus d’opérateurs économiques s’inscrivent dans cette dynamique nationale, contribuant à la promotion de l’économie circulaire et à la préservation des ressources naturelles.

Dans ce sillage, des entreprises spécialisées développent des solutions innovantes couvrant l’ensemble de la chaîne, depuis la collecte jusqu’à la valorisation industrielle des déchets. C’est le cas de Green Sky, spécialisée dans le traitement et la valorisation des déchets industriels. Son PDG, Walid Hanifi, explique que l’entreprise opère à travers des solutions innovantes d’économie circulaire, en se concentrant notamment sur les déchets plastiques, le papier, le carton et le bois. Depuis deux ans, Green Sky a lancé une opération de valorisation et de recyclage des déchets bois destinée à la fabrication de palettes utilisées dans plusieurs secteurs, notamment l’agriculture et l’industrie pharmaceutique. Ces palettes sont destinées aussi bien au marché national qu’aux marchés étrangers. L’entreprise vient ainsi de conclure des contrats avec le Portugal et l’Espagne pour l’exportation de 250.000 palettes par an à des opérateurs logistiques, a indiqué son PDG, annonçant également l’ouverture prochaine d’une nouvelle usine dédiée au recyclage des bouteilles en plastique au profit du secteur agroalimentaire. Parallèlement, Green Sky prévoit le déploiement de nouveaux circuits de collecte, en collaboration avec des start-up et des microentreprises spécialisées. Cette démarche vise à renforcer l’employabilité et à structurer la filière. « Notre objectif est de valoriser les capacités locales et les ressources humaines nationales afin de faire de notre pays un leader régional », souligne Walid Hanifi, mettant en avant l’innovation et l’utilisation de compétences 100 % locales. L’entreprise est également en discussions pour établir des partenariats avec des universités et exploiter les résultats de leurs recherches. Il note, en outre, que les entreprises sont de plus en plus nombreuses à confier leurs déchets à des circuits de traitement conformes aux normes et aux certifications internationales intégrant l’environnement comme un axe managérial central. De son côté, Tonic Industrie affiche également de fortes ambitions en matière de création d’emplois et d’intégration des acteurs émergents. Son PDG, Mohamed Ali Lekha, annonce le prochain lancement d’un avis d’intérêt destiné aux collecteurs-citoyens, dans une logique de création de richesse et de formalisation de l’activité. Le service juridique de l’entreprise travaille actuellement sur l’encadrement juridique de ces collecteurs afin d’instaurer davantage de transparence et d’encourager leur intégration dans le circuit formel. À l’issue d’une réorganisation interne, Tonic Industrie a également mis en place une direction dédiée à la recherche et au développement, pilotée par des compétences nationales, précisant que l’ensemble de ses produits est issu du recyclage de différents types de papier. S’agissant du traitement des déchets dangereux, Green Sky intervient à travers un centre d’incinération basé à Chlef, spécialisé dans les déchets chimiques, pharmaceutiques et pétrochimiques. L’entreprise a également ouvert une division dédiée à la gestion des déchets hospitaliers, utilisant une technologie de pointe développée dans le cadre d’un partenariat avec un collaborateur belge. Selon son PDG, cette technologie figure parmi les plus propres existantes, avec zéro émission et zéro impact environnemental, tout en permettant de réduire significativement les volumes de déchets nocifs. Dans le même registre, NCC Environnement, active dans la collecte, le transport et le traitement des déchets ménagers et industriels, accorde une attention particulière aux déchets dangereux non recyclables. Son PDG, Abdelfetah Hamoud, explique que certains déchets nécessitent des technologies de très haut niveau, difficiles à installer localement en raison de leur coût. L’entreprise fait ainsi appel à des partenaires étrangers disposant de ces technologies pour assurer leur traitement, une solution jugée plus économique que l’installation de ces équipements en Algérie. Toutefois, NCC Environnement prévoit l’ouverture, dès l’année prochaine, d’une installation locale d’incinération destinée au traitement de certains déchets dangereux actuellement pris en charge à l’étranger. Cette infrastructure permettra un traitement local de ces déchets tout en réduisant sensiblement les coûts, renforçant ainsi l’autonomie nationale dans ce segment stratégique. À travers ces initiatives, le recyclage et le traitement des déchets s’affirment comme un véritable levier économique, conjuguant création d’emplois, innovation industrielle et protection de l’environnement, tout en ouvrant de nouvelles perspectives d’investissement durable.

Hakima Halimi

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici