OIT : La main-d’œuvre en Afrique atteint les 500 millions de personnes en 2019

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La main-d’œuvre en Afrique représente près de 500 millions de personnes et devrait augmenter de 40% en 10 ans,  selon un rapport de l’Organisation mondiale du travail (OIT) rendu public à l’occasion de la 14e réunion  régionale africaine qui se tient du 3 au 6 décembre en cours à Abidjan (Côte d’Ivoire).

La main-d’œuvre dans la région représente aujourd’hui près de 500 millions de personnes, mais, d’ici à 2030, elle devrait atteindre le chiffre de 676 millions, un bond spectaculaire de 40% qui s’expliquera par l’augmentation rapide du nombre de jeunes sur le marché du travail», précise le rapport du directeur général de l’OIT. Selon le document, «l’Afrique, à l’heure actuelle, est la région la plus jeune du monde, les moins de 25 ans représentant 60% de sa population (1,3 milliard), ajoutant que d’ici à 2030, «elle comptera pour près d’un 5e de la main-d’œuvre mondiale et près d’un tiers de la main-d’œuvre mondiale jeune». On dénombre, en outre, quelque 252 millions de travailleurs pauvres et approximativement 54,5 millions de jeunes sont sans emploi et ne suivent ni études ni formation», estime l’OIT, qui relève qu’en Afrique du Nord, le taux de chômage des jeunes est «supérieur à 30%» et à «40% pour les jeunes femmes, soit plus que nulle part ailleurs dans le monde». Le rapport estime, d’autre part, que «l’informalité est omniprésente en Afrique, puisqu’elle concerne 85% de tous les travailleurs et 95% des jeunes». Il relève, en outre, que «72 millions d’enfants africains représentant près de la moitié de la main-d’œuvre enfantine mondiale travaillent, et l’écart de rémunération entre hommes et femmes s’établit à au moins un tiers du salaire horaire moyen perçu par les hommes dans de nombreux pays africains». L’OIT indique, par ailleurs, que la création d’emplois est une «priorité élevée» dans l’ensemble de la région et que les gouvernements, organisations d’employeurs et organisations de travailleurs devront concerter leurs efforts pour parvenir à réaliser ce potentiel. Selon des estimations récentes du Bureau international du travail, cité dans le rapport, il faudrait que «le nombre d’emplois productifs sur le continent augmente d’ici à 2030 de plus de 300 millions, soit quelque 26 millions/an, représentant ainsi le double du nombre d’emplois productifs existants, pour atteindre 579 millions en 2030». «Il faudrait qu’environ la moitié de ces emplois, 13 millions/an, soient de nouveaux emplois afin de créer de l’emploi productif pour le grand nombre de personnes arrivant chaque année sur le marché du travail», ajoute le rapport. Selon Ryder, pour lutter efficacement contre le chômage, «2,2 millions d’emplois productifs supplémentaires par an seraient nécessaires» et pour éliminer la pauvreté dans le travail, il en faudrait «environ 10,6 millions de plus par an, soit en relevant le niveau de productivité et de revenu des travailleurs pauvres dans leurs emplois actuels, soit en leur permettant de trouver des emplois plus productifs». L’organisation onusienne suggère ainsi qu’«il faudrait, concrètement, quasiment multiplier par trois la croissance annuelle des emplois productifs et la faire passer de 9,5 millions par an (entre 2010 et 2017) à plus de 26 millions/n jusqu’en 2030».

M. M.