Marches pacifiques pour le changement: La classe politique appelle au calme et à la sagesse

0
1292
Photo Fatah Guidoum@L'Echo d'Algérie

De nombreux acteurs politiques ont appelé au calme et à la sagesse dans la conjoncture sensible que traverse le pays et qui exige un rapprochement entre toutes les franges du peuple algérien.

Il s’agit de relever les défis qui se posent, dont notamment la préservation de la sécurité, la stabilité, l’unité nationale et les intérêts suprêmes du pays, tout en affirmant que la stabilité du pays est quelque chose de sacré et qu’elle constitue une ligne rouge à ne pas franchir. Le peuple algérien qui s’est toujours dressé en rempart contre les manœuvres visant la stabilité de son pays, sa sécurité et son unité nationale, aura démontré, une fois de plus, que ces attaques ne pourront nullement atteindre l’intégrité de l’Algérie, forte et protégée par son peuple loyal et fidèle au serment des martyrs de la glorieuse révolution de novembre 1954. Récemment, de nombreux partis politiques ont appelé les citoyens à avoir une profonde conscience des défis, notamment en ce qui concerne la mise en échec des tentatives visant à porter atteinte à la stabilité et à la sécurité du pays, tout en mettant en garde contre les grandes manipulations qui risquent de conduire à de vives tensions. De son côté, l’Armée nationale populaire (ANP) n’a pas manqué d’interpeller, par la voix de son haut commandement, la conscience des citoyens pour faire échouer les tentatives de porter atteinte à la paix et à la sécurité dans le pays. Garante de la stabilité, l’ANP a appelé les Algériens à être plus vigilants que jamais, estimant que cette vigilance est d’autant plus nécessaire au vu du contexte actuel, marqué par des bouleversements géostratégiques sur les niveaux régional et international et ce qu’ils impliquent comme tentatives de porter atteinte à la stabilité et à la sécurité du pays. Selon de nombreux observateurs avertis, si l’ANP a tenu d’alerter l’opinion nationale à propos des manipulations, c’est qu’elle a conscience du risque que celles-ci peuvent entraîner. Et il faut dire que ce n’est pas la première fois que l’Armée lance un appel à la vigilance, puisque le général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah, a évoqué «les ingrats dont les desseins sont hostiles et les discours pleins de haine, qui ne mesurent nullement le poids de la stabilité et de la sécurité de l’Algérie et ne considèrent aucunement le devenir du peuple algérien combattant, qui a su déjouer toutes les manœuvres et manigances et faire face à l’hostilité de certains ennemis de l’intérieur et de l’extérieur», tout en insistant sur l’expression «ennemis de l’intérieur et de l’extérieur» qui, a-t-il dit, aspirent à «faire de l’Algérie et de son peuple, qui est et restera attaché à l’esprit de Novembre en tant que doctrine et source d’inspiration, les otages de leurs intérêts abjects et de leurs ambitions sordides».Gaid Salah s’est dit, en outre, convaincu que le peuple qui a réussi à « mettre en échec les manœuvres méprisables du colonisateur français, des pratiques et des manigances auxquelles il a fait face et des propagandes qu’il a su contrer  grâce à son esprit patriotique et à sa grande conscience du sens de l’intérêt suprême de l’Algérie, un peuple d’une telle conscience et d’un tel discernement, n’a jamais été et ne pourra être une proie facile entre les mains de ceux qui se nourrissent de rêverie et d’illusions, qui sont prêts à vendre la sécurité de leur pays et la stabilité de leur patrie au prix de leurs intérêts, sacrifiant, sans scrupule, l’Algérie et le futur de son peuple».Ainsi donc, l’ANP qui tient à respecter ses missions constitutionnelles, comme l’a toujours répété son chef d’état-major, a tenu à alerter sur l’existence de menaces sur la stabilité et la paix de l’Algérie en cette période électorale. S’ils ont entièrement la liberté de s’exprimer sur la présidentielle, les citoyens son appelés néanmoins à garder à l’esprit que le vote est une base pour la démocratie et que seule l’urne devra avoir son mot à dire le 18 avril prochain.  Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, s’est engagé à organiser, s’il sera réélu le 18 avril prochain, des élections présidentielles anticipées conformément au calendrier arrêté par la conférence nationale indépendante, précisant qu’il ne sera pas candidat à cette élection qui assurera sa succession. Dans un message de candidature à l’élection présidentielle, M. Bouteflika s’est dit « déterminé » en cas de sa réélection à « assumer la responsabilité historique de la concrétisation de l’exigence fondamentale du peuple, c’est-à-dire le changement du système », ajoutant que « dans cet esprit, je prends solennellement devant Dieu, et devant le peuple algérien, plusieurs engagements ». En ce sens, il s’est engagé à organiser « une élection présidentielle anticipée conformément au calendrier arrêté par la conférence nationale indépendante. Je m’engage à ne pas être candidat à cette élection qui assurera ma succession dans des conditions incontestables de sérénité, de liberté et de transparence. La date de cette élection présidentielle anticipée sera fixée par la conférence nationale », a souligné le Président Bouteflika dans son message, qui énuméré six engagements. Il s’est ainsi engagé à tenir « juste après l’élection présidentielle, d’une conférence nationale inclusive et indépendante pour débattre, élaborer et adopter des réformes politiques, institutionnelles, économiques et sociales, devant constituer le socle du nouveau système rénovateur de l’Etat national algérien en harmonie avec les aspirations de notre peuple », de même que « l’élaboration et l’adoption par référendum populaire d’une nouvelle Constitution qui consacrera la naissance de la nouvelle République et du nouveau système algériens ». Le chef de l’Etat a en outre évoqué « la mise en œuvre rapide de politiques publiques garantissant une redistribution des richesses nationales plus juste et plus équitable et l’élimination de la marginalisation et de l’exclusion sociales, y compris le phénomène de la Harga, ainsi qu’une mobilisation nationale effective contre toutes les formes de corruption ».  L’autre engagement pris par le Président consiste en « la prise de mesures concrètes pour faire de tous nos jeunes des acteurs et des bénéficiaires prioritaires dans la vie publique à tous les niveaux et dans toutes les sphères du développement économique et social », ainsi que « la révision de la loi électorale avec notamment la création d’un mécanisme indépendant d’organisation des élections qui aura la responsabilité exclusive de l’organisation des élections ». S’exprimant sur sa candidature, il a relevé qu' »il y a quelques jours et en réponse aux sollicitations des citoyens, de la classe politique et de la société civile, dans un esprit d’accomplissement d’un devoir ultime au service de notre pays et de notre peuple, j’ai annoncé ma candidature à l’élection présidentielle du mois d’avril prochain », soulignant que l’Algérie « est le plus grand honneur qui m’ait été fait tout au long de ma vie ». « Je vous invite instamment à écrire ensemble une nouvelle page de notre histoire en faisant de l’échéance électorale du 18 avril prochain l’acte de naissance d’une nouvelle république algérienne à laquelle le peuple algérien aspire », a-t-il souligné. A propos des marches populaires du 22 février et du 1er mars, le Président Bouteflika « a tenu saluer le civisme qui a caractérisé ces marches populaires » ainsi que « le comportement professionnel exemplaire des différents corps de sécurité ». « Je salue aussi l’attitude de tous nos concitoyens qui ont réservé l’expression de leur opinion pour le jour du scrutin à travers les urnes. Je tiens enfin à saluer l’Armée nationale populaire pour sa mobilisation en toutes circonstances dans l’accomplissement de ses missions constitutionnelles », a-t-il ajouté, affirmant qu’il reste « à l’écoute de toutes les opinions qui s’expriment dans notre société ». « Je fais le serment que je ne laisserai aucune force, politique ou économique, détourner le destin et les richesses de notre nation au profit d’intérêts personnels ou de groupes occultes », s’est en outre engagé le Président. « J’ai écouté et entendu le cri du cœur des manifestants et en particulier des milliers de jeunes qui m’ont interpellé sur l’avenir de notre patrie. Ces jeunes dont beaucoup ont l’âge porteur de dignité et de générosité que j’avais au moment où j’ai rejoint les rangs de la glorieuse Armée de libération nationale, ont exprimé une inquiétude compréhensible face aux incertitudes qui les animent ». « J’ai le devoir et la volonté d’apaiser les cœurs et les esprits de mes compatriotes. Je le fais également en tant que président de la République pleinement respectueux de la volonté populaire qui m’a accordé l’insigne privilège de me porter à la magistrature suprême. Je le fais enfin en qualité de candidat à la prochaine élection présidentielle, avec conviction », a conclu le Président son message.