Les impacts du conflit Usa- Israël-Iran: Coûts financiers et risque de récession de l’économie mondiale

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Par le professeur des universités expert international Docteur d’Etat en management stratégique 1974 – Abderrahmane MEBTOUL

Le conflit USA -Israël-Iran menace l’économie mondiale déjà fragile, , la  croissance économique mondiale en 2026 avant ce conflit étant déjà caractérisée par un ralentissement structurel  s’établissant  entre 2,6 à 3,3%  selon FMI/BM, certainement encore plus bas  selon la directrice du FMI si ce conflit devait se prolonger ,   agissant  comme un choc d’offre négatif, par une hausse de l’inflation, par une hausse des  et la perturbation des chaînes d’approvisionnement,  donc   une stagflation: faible taux de croissance, chômage et inflation. 

Cela est accentué  à travers  la fermeture du    détroit d’Ormuz où transitent 20/25% des  flux d’hydrocarbures sans compter les tensions en Mer rouge. Cela se traduit  par   un cours élevé   des hydrocarbures fluctuant  au gré des déclarations du président américain entre 100/120 dollars le cours du Brent  et entre 50/70 dollars le cours du mégawattheure de gaz (les prix du gaz en Asie ont augmenté de plus de 140 % après des frappes sur des infrastructures au Qatar), impactant les coûts de production et de transport. L’OCDE prévoit que l’inflation mondiale sera relancée, atteignant potentiellement 4,2 % aux États-Unis (contre 2,6 % initialement prévus) et augmentant significativement  dans la zone euro.

Face à cette situation, les  bourses ont été fébriles mais pas effondrées, la vulnérabilité étant moindre qu’en 2022 selon certains analystes  et cette  hausse de l’inflation liée à la guerre a entraîné  une augmentation des taux d’intérêt, réduisant la capacité d’emprunt immobilier Pour les trois zones qui tirent à plus e 80% l’économie mondiale nous avons :  pour  la Zone Euro, la croissance pourrait ralentir à seulement 0,5 % au second semestre 2026 ;  la croissance américaine, après avoir ralenti à environ 2,2 % en 2025, devrait stagner autour de 1,5 % à 1,8 % en 2026 ; pour l’Asie qui devrait maintenir une croissance robuste, prévue autour de 4,5 % en 2026, consolidant son rôle de moteur économique mondial, mais pour la Chine, pivot essentiel de l’Asie, la  croissance pourrait tomber sous la barre des 3 % en raison de sa forte dépendance aux importations énergétiques du Moyen-Orient ;  les pays  du Golfe comme le Koweït ou le Qatar pourraient voir leur PIB chuter de 14 %  en 2026  si les hostilités persistent  et  l’ONU évalue le coût pour les pays arabes à 186 milliards de dollars ,en un mois ,soit 6% du PIB régional  soulignant la fragilité de leur économie de rente. Pour l’Afrique, la vulnérabilité est structurelle, bien que seulement 13% des importations totales du continent passent par le détroit d’Ormuz, ce conflit impactera les économies et  pourrait coûter jusqu’à 3 points de croissance aux économies africaines ( source United Nations Development Programme

https://www.undp.org )  via  ses   exportations, une crise mondiale  entrainant  une diminution de la demande en volume et une diminution des IDE, , excepté les  pays riches en hydrocarbures mais ce qu’ils , ils le perdent   par la hausse des prix des produits  alimentaires du fait de la hausse  des inputs ( prix de l’engrais)  et de la hausse  du prix des matières premières  et produits finis importés

1.-Coût financier  USA

Il s ‘agit de replacer les coûts financiers des USA au sein de leurs objectifs  géostratégiques  qui entendent  rester  qui restent la première puissance mondiale  économique et militaire , leur principal concurrent étant la Chine.  En 2025, pour 113.000 milliards de PIB mondial, selon les données du FMI les USA  représentent  30.600 milliards de dollars de PIB pour une population ne dépassant  de 342  millions d’habitants   contre  20.000 milliards de dollars de PIB  pour la Chine , 1,4 milliard d’habitants, 2.540 milliards de dollars de PIB  pour la Russie avec une population de 140 millions d’habitants,   selon l’indice de « soft power », tout en surveillant des zones stratégiques comme le Sahel d’où leur plan pour la résolution du conflit du Sahara occidental , concentrent leurs actions sur le maintien du dollar comme monnaie internationale et soutien aux entreprises stratégiques, sur le maintien de leur hégémonie mondiale face à la Chine, la sécurisation énergétique (prix du pétrole , et le contrôle de zones clés comme le Moyen-Orient et l’Arctique, cette posture implique une militarisation accrue (750 bases)  le Pentagone anticipant  une militarisation de l’Arctique due à la fonte des glaces, cruciale pour les routes maritimes et les ressources . A fin mars 2026  les dépenses militaires américaines ont explosé dès le début du conflit en février/mars 2026 sont estimées : Entre 800 millions et 1 milliard de dollars par jour en moyenne  et  plus de 11,3 milliards de dollars ont été dépensés rien que durant les six premiers jours  et  le coût budgétaire total pour les États-Unis pourrait atteindre entre 65  115 milliards de dollars selon la durée de l’engagement, en rappelant  que la perte de radars américains sophistiqués (ex: AN/TPY-2) coûte environ 500 millions de dollars par unité. Avec une hausse de l’inflation pénalisant les ménages américains, la promesse du président américain lors de son élection  est la maîtrise de l’inflation .Si le conflit dure plus de trois mois, son coût total pourrait dépasser celui de la guerre en Irak de 2003 (plus de 60 milliards de dollars).   Des estimations à long terme (Stiglitz/Bilmes) suggèrent une facture totale, incluant la dette et les soins aux vétérans, comprise entre 1 000 et 3 000 milliards de dollars.  Et selon Kevin Hassett, conseiller économique de la Maison Blanche. Le Pentagone a par ailleurs demandé à la Maison Blanche d’approuver un budget supplémentaire de plus de 200 milliards de dollars à soumettre au Congrès

2.-Coût financier  Iran

Bien que le régime dispose de ressources énergétiques massives, sa capacité à soutenir un effort de guerre prolongé est sérieusement remise en question par une crise financière systémique ,ses réserves de change fin 2025 étant inférieures à 35 milliards de dollars et tirant ses ressources  en devises à plus de 80% de ses exportations.  L’économie, étant  déjà sous sanctions, devrait   subir une contraction sévère (prévue à 10 %pour 2026 ), des destructions d’infrastructures et une baisse drastique des revenus.  Le gouvernement a annoncé une augmentation de 200 % de son budget militaire largement contrôle comme l’économique à plus de 60% par les gardiens de la révolution, pour l’année 1404 (mars 2025 – mars 2026), suivie d’une hausse nominale de 145 % pour l’année suivante (2026-2027, le   coût des opérations militaires étant  estimé à plusieurs  centaines de millions de dollars par jour   une charge colossale pour un budget national total estimé à environ 65,7 milliards de dollars en 2024.Il s’ensuit  l’effondrement de sa monnaie, le  rial qui  a atteint des bas historiques, s’échangeant à plus de 1,7 million pour un dollar début 2026, reflet  selon la Banque mondiale d’une contraction de l’économie iranienne en 2025 et 2026, avec une inflation globale approchant les 60 % où uniquement l’ inflation alimentaire dépasse les 70 %, alimentant un mécontentement social qui fragilise la stabilité interne du régime. Certes l’économie iranienne, bien que riche en ressources (3e réserve mondiale de pétrole, 2e de gaz), un potentiel industriel (automobile, pétrochimie) et une main-d’œuvre formée, bien que  structurellement affaiblie par des sanctions internationales prolongées a prouvé sa capacité à encaisser de multiples chocs, notamment grâce à des décennies de sanctions  donc très résiliente grâce à  ses liens avec la Russie, surtout de la Chine qui maintient l’économie iranienne sous perfusion, limitant l’isolement total, avec des accords à long terme qui garantissent un minimum de revenus et donc  malgré les frappes, continue de tirer des revenus de l’exportation de pétrole, le détroit d’Ormuz n’étant pas totalement fermé. Mais ces alliances sont mises à rude épreuve  d’autant plus  que l’objectif des américains  est d’occuper   l’Île  de Kharg (ou Khârg), située dans le golfe Persique, qui est le principal hub pétrolier de l’Iran. Elle abrite le plus grand terminal d’exportation de brut du pays, traitant environ 90 % à 95 % des exportations de pétrole et gaz  iranien  . A l’heure actuelle, IL  ne s’agira pas d’une invasion de l’intégralité du territoire iranien, qui n’aurait que peu de chances d’aboutir et qui n’aurait que peu de sens d’un point de vue stratégique mais s’agir essentiellement de raids menés par des forces spéciales et de la prise de contrôle, par des forces conventionnelles, de sites stratégiques pour une durée déterminée avec pour but d’asphyxier  financièrement l’Iran pourtant  membre des BIRCS+ et du groupe de défense de Shanghai  . Qu’en sera t-il  où les gardiens de la  révolution, sauf si  d’autres forces politiques prônant la négociation ne prennent pas le dessus ce qui préfigure non pas un changement du régime mais sa mutation interne ,  opteraient pour une déflagration de toute la région? Quel sera aussi  la réaction   des réactions de  la Chine le plus grand perdant  et de la Russie   le plus grand bénéficiaire de ce conflit accroissant ses recettes des ventes d’hydrocarbures , , qui lors de l’attaque US contre le Venezuela ont été passifs  car dans les  relations internationales n’existent pas de sentiments  mais que des intérêts?  Il n’est ni dans l’intérêt des USA et d’une manière générale de l’Occident  de renouveler les expériences négatives  de l’Irak, et de la Libye et de plonger l’économie mondiale dans une longue récession, ni d’Israël dont l’immense majorité de  la population aspire à la paix, ni de l’Iran étant  déjà sous sanctions,   subissant une contraction sévère (prévue à 10 %pour 2026 ), des destructions d’infrastructures et une baisse drastique des revenus pétroliers car  une  durée de plusieurs mois du conflit   avec une « autarcie totale » est insoutenable à terme, le pays traversant  une crise profonde, marquée par une chute du pouvoir d’achat et une pauvreté en hausse, entraînant des tensions sociales.

3.-Cout financier  Israël

Le coût économique des guerres est  colossal : depuis le 7-Octobre, Israël ayant  perdu l’équivalent de 8,5 % de croissance de son PIB, soit 177 milliards de shekels,(0,33  pour un dollar) d’après l’estimation de la banque centrale. Les opérations de Tsahal coûtent environ 500 millions de dollars par jour. Israël est largement soutenu financièrement par les  USA et l’Occident à travers ses nombreux réseaux .  Pour d’autres estimations,  les  dépenses de l’armée israélienne au cours des 20 premiers jours de la guerre contre l’Iran ont atteint environ 6,4 milliards de dollars, le gouvernement israélien ayant  approuvé une allocation budgétaire d’urgence de 825 millions de dollars pour l’achat de « fournitures de sécurité urgentes »d’un déficit croissant en missiles intercepteurs selon le quotidien israélien Haaretz ett la chaîne israélienne Channel 12 se préparant  à demander des financements supplémentaires et toujours selon ce quotidien   les dépenses quotidiennes ont atteint en moyenne environ un milliard de shekels (soit près de 320 millions de dollars) durant cette période. Le budget total alloué à la gestion de la guerre s’élève à environ 39 milliards de shekels (près de 12,5 milliards de dollars), les sources indiquant que le rythme actuel des dépenses permettrait d’estimer la durée potentielle de cette guerre.

Quelles  perspectives ?

L’évolution du conflit  face à une résistance iranienne que n’avaient pas anticipé Washington et Tel-Aviv , la guerre contre l’Iran a conduit  à un choc négatif sur  toute  l’économie mondiale. Il a    changé de nature de part  et d’autre. Des objectifs militaires, elles visent désormais   les centres de santé ,  les centrales électriques, les champs pétroliers et gaziers  et  les installations de désalinisation de toute la région   alors que  ces infrastructures dans un espace relativement désertique constituent le socle du fonctionnement   de leurs économies et les besoins essentiels de leurs populations. Le président Trump vient d’annoncer le 02 avril 2026 qu’à court terme  qu’au cours des deux et trois  prochaines semaines, le conflit devrait se poursuivre et  les campagnes de bombardements devraient continuer avec une intensité égale, Sur le moyen terme cependant, des évolutions devraient avoir lieu, en raison notamment de la nécessité, tant pour Washington ,  Israël et que pour  l’Iran  de trouver une issue à ce conflit .

 La  potentielle opération terrestre US  en Iran, alors que des négociations informelles  est de faire  la pression militaire et diplomatique contre les autorités iraniennes dans le cadre d’éventuelles négociations directes , le président Trump étant pris par le temps désirant se désengager de ce conflit existant  une divergence  avec l’aide extrémiste d’Israël,  risquant de perdre les élections  de novembre 2026  sous la pression  d’une large fraction de la population américaine hostile à cette intervention.En bref, après cette guerre, et ce qui se passe en Palestine,  au Liban, dans les pays du Golfe,  la carte  du Moyen Orient ne sera plus jamais comme avant , ce qui annonce d’ailleurs plus généralement une profonde mutation géostratégique. La crise au Moyen-Orient rappelle que l’Afrique reste vulnérable face aux chocs externes et doit développer sa résilience : diversification énergétique, industrialisation et diplomatie proactive sont autant de leviers pour limiter les effets de la guerre . L’Afrique , devra    préserver ses intérêts et donc  tirer les leçons de ce conflit  par des stratégies d’adaptation reposant sur la nécessaire cohésion sociale interne  renvoyant à la bonne gouvernance.

A.M

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