Les prochaines élections législatives, prévues le 2 juillet, constituent la dixième étape dans l’histoire du pluralisme politique en Algérie depuis l’indépendance. Elles se déroulent dans un contexte politique et juridique renouvelé, marqué à la fois par des réformes internes et par des mutations géopolitiques affectant l’environnement régional et international, a affirmé le professeur de droit public à l’Université d’Alger, Hamza Khadri.
Intervenant ce mardi dans l’émission « L’invité du matin » de la Chaîne 1 de la Radio algérienne, M. Khadri a souligné que ce rendez-vous électoral revêt une importance particulière en ce qu’il traduit la volonté populaire dans la formation des institutions de l’État. Il a rappelé que ce principe est consacré par l’article 8 de la Constitution de 2020, selon lequel le peuple exerce sa souveraineté à travers les institutions qu’il choisit et détient le pouvoir constituant. Dans ce cadre, il a mis en avant la démarche du président de la République qui, en consultant le peuple pour la révision de la Constitution, a consacré ce principe dans une pratique inédite depuis près d’un quart de siècle, après une longue période sans recours au référendum en Algérie. Selon l’intervenant, les élections interviennent dans un climat qualifié de positif, résultant de profondes réformes politiques. Il a notamment cité la révision technique de la Constitution de 2020, destinée à corriger certaines insuffisances relevées lors de son application, ainsi que l’adoption par le Parlement, dans ses deux chambres, d’une nouvelle loi sur les partis politiques accordant davantage de libertés et de prérogatives. À cela s’ajoute la mise en place d’une nouvelle loi électorale conforme à la Constitution amendée. Dans le même sillage, M. Khadri a relevé que l’un des indicateurs de ce climat réside dans l’organisation des élections à l’écart de l’influence de l’argent illicite, grâce à des dispositions strictes introduites par le nouveau code électoral pour lutter contre ce phénomène. Il a également évoqué la révision exceptionnelle des listes électorales, supervisée par l’Autorité nationale indépendante des élections, qui constitue, selon lui, une opportunité d’assainir les listes et de mieux encadrer le corps électoral dans un cadre de transparence. Cette question, a-t-il rappelé, a longtemps fait l’objet de débats entre la classe politique et les instances en charge de l’organisation des scrutins. Abordant les conditions de candidature, l’universitaire a estimé que les nouvelles dispositions juridiques permettent de lever plusieurs contraintes qui entravaient l’accès aux élections. Il a précisé que le nombre de signatures exigées a été réduit à 150 signatures par siège électif, aussi bien pour les partis politiques que pour les listes indépendantes, une mesure de nature à faciliter les candidatures après avoir suscité de nombreuses controverses. Concernant la représentation féminine, M. Khadri a indiqué que la nouvelle loi électorale opère un passage du système de parité à celui du tiers, en adéquation avec l’évolution du rôle de la femme dans la société. Cette évolution, a-t-il expliqué, permet aux femmes de concourir sur un pied d’égalité avec les hommes, tout en ouvrant la voie, à terme, à un abandon du système de quotas dans un contexte d’égalité des chances. S’agissant de la participation des jeunes, il a souligné que la loi impose l’intégration d’une proportion significative de candidats âgés de moins de 40 ans sur les listes électorales. Cette disposition est de nature à favoriser le renouvellement des élites et à insuffler une dynamique de rajeunissement des assemblées élues, tant au niveau national que local. Enfin, évoquant le niveau de qualification des candidats, M. Khadri a rappelé que la loi exige qu’un tiers des postulants soient titulaires de diplômes universitaires. Il a estimé que cette exigence constitue un levier important pour attirer les compétences nationales et encourager la participation des jeunes et des élites, que ce soit à travers la candidature ou la participation au vote, contribuant ainsi au renforcement du processus démocratique en Algérie.
Rym Hamzaoui






