Le Hirak demeure toujours mobilisé :  Le pouvoir sous pression

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Pour le 24ème Vendredi de la protestation citoyenne, il n y avait certes pas les foules des grands jours, mais suffisamment de manifestants pour enterrer l’idée que le Hirak allait tout droit vers l’essoufflement.

Malgré la chaleur suffocante, malgré les vacances et surtout malgré l’embargo imposé à Alger à travers la fermeture de tous ses accès aux algériens qui viennent d’autres wilayas, la mobilisation  a été, le moins que l’on puisse dire, intacte. Ce 24ème vendredi fut de ce point de vue là, un test de vérité grandeur nature. Et le résultat est éclatant à l’arrivée. Des milliers de manifestants parmi eux des jeunes, des moins jeunes et surtout des vieux et des vieilles, ont bravé la nature et la pression policière pour maintenir la flamme de la mobilisation dans une capitale qu’on disait désertée par ses occupants partis  bronzer à la plage. Erreur d’appréciation. Ce valeureux peuple a visiblement décidé de tout sacrifier : vacances, farniente, plaisir et repos pour porter son combat pour une Algérie libre, heureuse et débarrassée du système. C’est la principale conclusion qu’on pourrait tirer de cette incroyable mobilisation qui a dû surprendre (agréablement s’entend) les millions d’algériens qui marchent depuis le 22 février avant le pouvoir de fait qui tablait sans doute sur le coup de grâce du mois d’août. Et, autre surprise : la 24ème vendredi  signé un montée en puissance en terme de discours du Hirak. Pour la première fois, des slogans appelant à une «désobéissance civile» ont été copieusement scandés. Tous les marcheurs ne l’ont pas fait, mais on ne pouvait pas ne pas entendre ce slogan radical poussé par des centaines de gorges. Il y a clairement une volonté de mettre la pression sur le pouvoir qui a décidé que seul le dialogue selon son propre format était acceptable.

Radicalité tactique

La radicalité exprimée par un secteur plus au moins important du Hirak via le menace du recours à la désobéissance civile se veut plutôt comme  un message clair aux tenants du pouvoir que d’autres formes de lutte plus radicales, pourraient être testées s’ils s’entêtaient à rester sourds aux appels à la raison pour une vraie négociation à la  sorte de crise. C’est une sorte d’avertissement que le rapport de force n’est pas forcément défavorable au Hirak contrairement à ce que suggérait le discours comminatoire du chef d’état-major de l’armée,  Ahmed Gaid Salah. Dans son dernier discours, il avait en effet fermé le jeu du dialogue en imposant l’ordre du jour et sa finalité et en excluant catégoriquement la satisfaction des préalables politiques et juridiques tel que convenus entre le panel et le président de l’Etat, Abdelkader Bensalah. Précisément, les observateurs ont relevé la contradiction évidente entre la bienveillance de Bensalah et le ton ferme et menaçant de Gaid Salah. Le patron de l’armée avait parlé comme un président de la république qui invitait les membres du panel, trop exigeant à son goût, à rentrer dans les rangs et d’oublier ces «préalables» et ses «diktat» inspiré de la «Issaba». Le ton était largement menaçant pour pousser Smail Lalmas à jeter l’éponge et plus tard Azzedine Benaissa d’un panel devenue une coquille vide. Son coordinateur, Karim Younes quant à lui, à accepté de poursuivre sa mission à la demande de ses collègues mais a tenu a préciser qu’il traitait avec le président Bensalah.  Une précision curieuse qui pourrait suggérer d’autres lectures politiques et peut être même d’autres rebondissements. Quant au Hirak, pour lui les choses sont claire : çà marche plus que jamais et la pression doit changer de camp.

H.M