Le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a reçu, hier, le haut conseiller du président américain pour l’Afrique, les affaires arabes et le Moyen-Orient, Massad Boulos, qui effectue une visite officielle en Algérie.
A cette occasion, le ministre d’Etat a eu une rencontre en tête-à-tête avec M. Boulos, suivie d’une réunion élargie aux membres des délégations algérienne et américaine. Cette rencontre a été l’occasion de passer en revue les différents aspects des relations algéro-américaines et d’examiner les moyens de les renforcer et de les hisser aux plus hauts niveaux possibles.Dans ce cadre, les deux parties ont souligné l’importance du renforcement du dialogue stratégique établi entre l’Algérie et les Etats-Unis d’Amérique et réaffirmé la nécessité de poursuivre la dynamique positive que connaît le partenariat bilatéral, notamment dans les domaines économiques.Les deux parties ont également procédé à un échange de vues sur les principales questions d’actualité dans le monde arabe et en Afrique, notamment les développements de la situation en Libye, dans la région sahélo-saharienne et au Sahara occidental.Il faut rappeler à ce titre que l’Algérie a pu confirmer, durant sa présidence tournante du Conseil de sécurité de l’ONU, son rôle pivot sur l’échiquier international, démontrant une fois de plus son leadership à mener des plaidoyers à même de défendre les causes justes, à faire taire les armes et à booster les réflexions internationales en quête d’un monde meilleur. Conformément aux instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, l’Algérie a pris à bras-le-corps aussi bien la défense des causes justes en Afrique et dans le monde arabe que la résolution des autres conflits hantant les quatre coins du monde.Agissant à la fois en sa qualité de membre non permanent du Conseil de sécurité et en tant que membre du groupe A3+, l’Algérie est parvenue, grâce à sa force de conviction et son approche basée sur la concertation, à convoquer de nombreuses réunions d’urgence sur la situation en Palestine et sur d’autres conflits tout aussi préoccupants, à savoir les conflits au Soudan, au Yémen, au Liban, en Libye, en Syrie, en République démocratique du Congo, en Haïti et en Colombie, ainsi qu’à initier des réunions inédites à même de penser un monde meilleur, à l’abri des fléaux et autres défis menaçant l’humanité.Concernant la Palestine, l’Algérie a réussi à convoquer en trente jours plusieurs réunions d’urgence sur notamment l’impératif de consolider le cessez-le-feu en vigueur dans la bande de Ghaza, sur les difficultés rencontrées par l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), ainsi que sur la situation des enfants dans l’enclave palestinienne, parvenant à atténuer à chaque fois la détresse des populations et à leur rendre espoir.Pour ce qui est de la Libye, les efforts de l’Algérie se sont avérés particulièrement fructueux en ce sens qu’ils ont arraché un « accord historique » permettant à l’Autorité libyenne d’investissement de réinvestir les avoirs libyens gelés dans les institutions financières internationales et une décision obligeant le Comité des sanctions sur la Libye à informer les autorités libyennes de toutes les correspondances relatives aux avoirs gelés.S’agissant des questions syrienne, yéménite, soudanaise et libanaise, la délégation algérienne est parvenue, après avoir pesé de tout son poids, à convaincre les membres du Conseil de sécurité de l’importance de soutenir les processus politiques initiés par les peuples desdits pays, en vue d’amorcer une nouvelle ère, loin de toute ingérence étrangère.Toujours dans le soucis de faire triompher la paix à travers le monde, l’Algérie a convoqué notamment, dans le cadre du groupe A3+, des réunions et des consultations sur la situation en Colombie, en RD Congo et en Haïti, mettant en avant à chaque occasion l’impératif de privilégier les voies diplomatiques et le dialogue pour apaiser les tensions.Parallèlement à ses efforts en faveur de la paix, l’Algérie, une voix écoutée et respectée par ses pairs, a initié des réunions inédites sur des thématiques clés cernant directement les défis guettant son espace géographique direct (l’Afrique et le monde arabe), à l’instar de la lutte contre le terrorisme, la consolidation de la coopération ONU-Ligue arabe, ainsi que la réforme de l’actuel système international.Tant attendue par la communauté internationale eu égard à l’expérience de l’Algérie en la matière, la réunion de haut niveau du Conseil de sécurité de l’ONU sur la question de la lutte contre le terrorisme en Afrique, présidée par le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a permis aux délégations ministérielles présentes de s’imprégner de l’approche algérienne axée, entres autres, sur l’impératif de traiter à la fois les manifestations de ce phénomène et ses causes profondes, ainsi que les différents aspects du développement et de la sécurité.L’approche algérienne a été saluée à l’unanimité par les ministres africains ayant pris part aux travaux de cette réunion, remerciant le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, pour ses efforts, ainsi que son rôle efficace dans la fédération des démarches continentales dans le domaine de la lutte contre ce fléau. Concernant le renforcement de la coopération entre la Ligue arabe et l’organe exécutif de l’ONU, la réunion présidée également par M. Attaf, a permis de mettre en évidence l’urgence de consolider et de valoriser l’action diplomatique arabe et onusienne en faveur de la paix, de la sécurité et de la prospérité dans la région arabe.
La réunion a mis aussi en relief les répercussions négatives de l’exclusion de cette question de l’équation de la paix régionale qui ne fera qu’aggraver les tensions et les crises, estimant que le système international a également besoin de cette relation complémentaire, qui est la raison d’être du multilatéralisme et l’un de ses principaux vecteurs.
D’autre part, et soucieuse de défendre les causes justes à travers le monde, l’Algérie a pleinement profité de son mandat pour porter haut et fort la voix du peuple sahraoui, en défendant farouchement et inlassablement le droit inaliénable de ce peuple opprimé à l’autodétermination et à l’indépendance. Malgré les tentatives désespérées du régime du Makhzen de faire miroiter de prétendus gains diplomatiques concernant le statut juridique du Sahara occidental, destinés essentiellement à cacher ses innombrables échecs au niveau local, et les revirements de certaines puissances étrangères au profit de vils intérêts économiques et de marchandages politiques, l’Algérie est restée fidèle à ses principes et n’a eu de cesse de réitérer son soutien indéfectible au peuple sahraoui. A travers sa diplomatie, l’Algérie a pesé durant les deux dernières années de tout son poids, sur instructions du président de la République, et sous la conduite de son ministre des Affaires étrangères et de son représentant permanent au Conseil de sécurité, pour mettre la cause sahraouie sous le feu des projecteurs afin d’éviter qu’elle ne soit vidée de toute sa substance. A l’initiative de plusieurs autres pays, elle a notamment réussi à faire passer des amendements cruciaux au (projet) de la résolution 2797 du 31 octobre 2025 portant renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), réaffirmant le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui et rendant le texte plus équilibré, malgré les pressions marocaines visant à liquider la question. L’Algérie a transformé une première mouture du projet de résolution qui favorisait le prétendu plan d’autonomie marocain en un texte plus conforme au droit international, en insistant sur la légitimité du référendum d’autodétermination, conformément à la Charte des Nations Unies et au droit international, et veillé à ce que le texte ne porte pas atteinte aux résolutions antérieures du Conseil de sécurité, qui constituent le socle juridique pour une solution juste et durable. Dans ce contexte, Ahmed Attaf avait expliqué, lors d’une conférence de presse le 18 novembre dernier à Alger, que le Conseil de sécurité n’a pas adopté les thèses marocaines concernant la question du Sahara occidental, soulignant que le dossier « n’est pas clos » et reste soumis aux Nations Unies au niveau de l’Assemblée générale, du Conseil de sécurité et du Comité spécial de la décolonisation (C-24). « La résolution adoptée par le Conseil de sécurité a préservé, dans sa teneur, tous les fondamentaux de la solution à la question du Sahara occidental, sans toucher à aucun de ses éléments interdépendants et complémentaires », s’était félicité le ministre d’Etat. Ainsi, à travers ses positions tranchées, en droite ligne avec les principes qui constituent le socle de sa diplomatie étrangère, l’Algérie a, une nouvelle fois, démontré durant les deux ans de son mandat en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, sa volonté inébranlable de continuer à défendre les causes justes dans le monde, à leur tête les causes palestinienne et sahraouie dans les fora internationaux.
T. Benslimane






