La longévité humaine dépend autant de nos gènes que de notre environnement

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La longévité humaine serait liée pour moitié à nos gènes, pour moitié à notre mode de vie. Une étude menée sur des jumeaux nordiques relance ce débat. Elle repose sur des données collectées sur plus d’un siècle. La longévité humaine fascine les chercheurs depuis plusieurs décennies.

Les scientifiques cherchent à comprendre pourquoi certaines personnes vivent beaucoup plus longtemps que d’autres. Pendant longtemps, l’environnement semblait jouer un rôle dominant. Pourtant, de nouvelles analyses suggèrent un équilibre plus marqué entre facteurs génétiques et conditions de vie. La longévité humaine est influencée par une combinaison complexe de facteurs. Pour mieux comprendre leur part respective, une équipe de chercheurs a réanalysé d’anciens travaux sur des jumeaux nordiques. Ceux-ci sont tous nés entre 1870 et 1935. Cette nouvelle lecture des résultats rebat les cartes. Selon l’article publié par New Scientist, les scientifiques ont comparé les durées de vie de plusieurs milliers de paires de jumeaux, en tenant compte de leur environnement. L’équipe a exclu les décès dus aux infections ou aux accidents. Elle a observé que les gènes expliquent environ 50 % de la variation de la longévité humaine. Une proportion bien plus élevée que les 25 % longtemps admis. Ce changement s’explique par une méthode plus fine. Les chercheurs ont isolé la part de mortalité liée uniquement au vieillissement, appelée mortalité intrinsèque. Cela permet de mieux évaluer ce que la génétique détermine vraiment dans notre espérance de vie. Ils montrent aussi que l’influence de l’environnement tend à se réduire dans les pays riches et stables. L’héritage génétique y occupe alors une place plus importante. Comprendre la longévité humaine implique de distinguer deux types de décès. D’un côté, ceux liés au vieillissement biologique. De l’autre, ceux causés par des facteurs extérieurs comme les infections ou les accidents. En affinant leur méthode, les chercheurs ont séparé les décès liés au vieillissement de ceux provoqués par des causes extérieures. Cette distinction leur a permis d’estimer à 55 % la part de la génétique dans la longévité humaine. Les auteurs montrent que cette confusion a longtemps conduit à sous-estimer l’impact réel des gènes sur la longévité. Les anciennes bases de données incluaient de nombreux décès prématurés, dus à des infections ou à des accidents. Ces morts aléatoires masquaient les effets réels du patrimoine génétique. En éliminant ces biais, l’étude révèle des différences nettes entre individus, mieux corrélées à leurs gènes. Le modèle révèle que les individus vivent plus longtemps grâce à la réduction des risques extérieurs. Dès lors, des différences biologiques, jusque-là masquées par des facteurs aléatoires, deviennent plus visibles. Cette approche permet ainsi de corriger les biais des anciennes études, fondées sur des bases de données historiques. À l’époque, les morts prématurées étaient plus nombreuses. Elles survenaient souvent sans lien avec les gènes. Par conséquent, cela réduisait artificiellement les similitudes entre jumeaux ou entre membres d’une même famille. Les résultats, publiés dans la revue Science le 29 janvier 2026, offrent une nouvelle lecture de la longévité humaine. En se concentrant sur les décès dus au vieillissement, l’étude redonne un poids majeur à l’héritage génétique. Comprendre l’influence réelle de la génétique sur la longévité humaine reste essentiel pour orienter les recherches futures. Si une partie de notre durée de vie est bien inscrite dans nos gènes, l’autre dépend de nos comportements. Alimentation, activité physique, niveau de stress ou exposition à des polluants comptent toujours autant. L’étude rappelle aussi que de nombreuses maladies liées à l’âge, comme les troubles cardiovasculaires ou la démence, présentent une composante héréditaire importante. À l’inverse, le cancer semble plus dépendant de facteurs aléatoires ou extérieurs. Cela renforce l’idée que la longévité humaine est le fruit d’un équilibre complexe. Cette nouvelle vision encourage une approche intégrée. Les programmes de prévention doivent continuer à cibler les habitudes de vie. En parallèle, la recherche en génétique peut progresser en identifiant les mécanismes précis qui ralentissent le vieillissement. Mieux comprendre ces mécanismes pourrait, à terme, déboucher sur des traitements capables d’agir sur les causes profondes de l’usure biologique.

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