Le secteur de l’hydraulique a accordé près de 15.000 autorisations de forage de puits depuis 2021 afin d’accompagner les grands investissements agricoles dans les wilayas du Sud, a annoncé mardi à Alger le ministre de l’Hydraulique, Taha Derbal. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale visant le développement de l’agriculture et la consolidation de la sécurité alimentaire, notamment dans les wilayas d’Adrar, Timimoune, El Meniaâ et Ouargla.
Le ministre s’exprimait lors d’une séance d’audition devant la Commission de l’agriculture, de la pêche et de la protection de l’environnement de Assemblée populaire nationale, tenue sous la présidence du président de la commission, Bachir Ferhani, en présence des membres de la commission et de plusieurs cadres du ministère. M. Derbal a précisé que ces autorisations de forage s’inscrivent dans une dynamique de simplification des procédures administratives et d’accélération de l’octroi des autorisations, afin de répondre aux besoins croissants des investisseurs agricoles. À ce titre, l’Agence nationale des ressources hydriques (Agence nationale des ressources hydriques) est chargée de l’identification des sites de forage ainsi que du suivi technique des puits, dans le but de garantir une exploitation raisonnée et durable des ressources en eaux souterraines. Selon le ministre, plus de 70 % des ressources hydriques mobilisées annuellement sont destinées au secteur agricole, afin de couvrir les besoins d’irrigation à l’échelle nationale, tout en assurant, lorsque les conditions le permettent, une irrigation d’appoint à partir des barrages. Sur le plan des infrastructures de stockage, l’Algérie dispose actuellement de 81 barrages, offrant une capacité totale estimée à 8,6 milliards de mètres cubes, un volume appelé à atteindre 9 milliards de m³ avec la réception des barrages en cours de réalisation. À cela s’ajoutent 604 ouvrages de mobilisation, comprenant des petits barrages et des retenues collinaires, contribuant au renforcement de la sécurité hydrique. Évoquant les ressources non conventionnelles, le ministre a indiqué que le pays compte 234 stations de traitement des eaux usées, pour une capacité globale avoisinant 1,1 milliard de m³, principalement valorisées dans l’irrigation agricole. Un programme national est parallèlement mis en œuvre afin de renforcer ces stations par l’introduction du traitement tertiaire, améliorant ainsi la qualité des eaux réutilisées. Dans le cadre de la stratégie nationale de sécurité hydrique, M. Derbal a également fait état de l’existence de 17 grandes stations de dessalement de l’eau de mer, en plus de 13 petites stations monoblocs, destinées à garantir l’approvisionnement en eau potable et à réduire la pression sur les ressources hydriques conventionnelles. Concernant les infrastructures de transfert, le ministre a souligné que le pays dispose de 18 grands systèmes de transfert d’eau, lesquels ont permis d’assurer un meilleur équilibre hydrique entre les différentes régions. De son côté, le président de la commission parlementaire, Bachir Ferhani, a insisté sur le caractère stratégique du secteur de l’hydraulique dans le soutien à l’agriculture nationale et le renforcement de la sécurité alimentaire, notamment dans un contexte marqué par les changements climatiques et la rareté croissante des ressources hydriques.
Amel Driss






