Instance de dialogue et de médiation: Karim Younes dévoile aujourd’hui l’agenda des consultations

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En dépit des divergences d’approche et d’analyse, l’ensemble des acteurs nationaux sont mus par la même volonté de contribuer, par des propositions et des feuilles de route, à sortir le pays de la crise politique qu’il traverse et favoriser l’émergence d’une solution consensuelle.

Dans ce cadre, le coordinateur général de l’instance de dialogue et de médiation, Karim Younes, animera aujourd’hui une conférence de presse au cours de laquelle il donnera les grandes lignes de l’agenda des consultations que l’instance mènera avec la classe politique, les personnalités nationales et la société civile et qui constitueront des documents de travail qui seront présentés à la conférence nationale, prévue à la fin des consultations. A cet égard, Karim Younes a affirmé qu’il n’y avait aucune ingérence de quelque partie officielle que ce soit dans la composition de l’instance et la désignation de ses membres, soulignant que le plus important actuellement était de trouver une issue à la crise que traverse le pays. Actuellement, dira-t-il, la principale revendication de l’Instance est la libération des détenus, l’arrêt de la violence exercée sur les manifestants, la levée de l’embargo sur les citoyens qui veulent se rendre à Alger tous les vendredis outre l’ouverture du champ médiatique. Il a également émis le souhait de voir le chef de l’Etat Abdelkader Bensalah honorer ses engagements pour concrétiser ces revendications, particulièrement le départ de l’actuel Gouvernement, principale revendication du Hirak populaire.

La principale revendication de l’Instance est la libération des détenus, l’arrêt de la violence exercée sur les manifestants, la levée de l’embargo sur les citoyens qui veulent se rendre à Alger tous les vendredis outre l’ouverture du champ médiatique

 Pour Karim Younes, les membres de l’instance sont tenus exclusivement de contribuer à la satisfaction des revendications du peuple, en faisant prévaloir l’intérêt suprême du pays, à travers l’entame immédiate des consultations et du dialogue avec la classe politique, les personnalités nationales et la société civile, à condition que toutes ces propositions et avis constitueront des documents de travail qui seront présentés lors de la conférence nationale. « Nous essayerons de parvenir à une plateforme commune qui nous permettra d’exprimer toutes les positions, avis et aspirations des Algériens, en sus de leur concrétisation sur le terrain », a poursuivi M. Karim Younes, assurant que « toutes ces propositions et avis constitueront des feuilles de route principales qui serviront de référence à l’Instance dans l’élaboration de la mouture qu’elle soumettra, après consultations des acteurs de la société civile, à la conférence nationale, prévue au terme des rounds de dialogue avec l’ensemble des partis, personnalités politiques et représentants de la société civile, en sus des acteurs du Hirak populaire sans exclusive ». 

« Nous essayerons de parvenir à une plateforme commune qui nous permettra d’exprimer toutes les positions, avis et aspirations des Algériens, en sus de leur concrétisation sur le terrain »

L’Instance nationale de dialogue et de médiation avait annoncé la création d’un comité de sages regroupant des personnalités et des experts ayant accepté de rejoindre l’Instance, et fait part de sa décision d’entamer « immédiatement » l’organisation des consultations de dialogue avec la classe politique, les personnalités nationales et la société civile. Récemment, le général de corps d’Armée, Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d’Etat-major de l’Armée nationale populaire (ANP), a recadré le dialogue, en exprimant son souhait de voir le dialogue national se dérouler « loin de la méthode imposant des préalables allant jusqu’aux diktats ». Le général de corps d’Armée « a valorisé les étapes franchies sur la voie du dialogue national, notamment après l’audience accordée par le chef de l’Etat à un groupe de personnalités nationales, qui se chargera de la conduite de ce dialogue, s’engageant à mettre à disposition les moyens nécessaires et réunir les conditions idoines pour l’organisation des présidentielles dans les plus brefs délais ». « Dans ce domaine et en réponse aux exigences de cet intérêt suprême de la patrie, le Haut Commandement de l’ANP a œuvré, depuis le début de la crise, à adopter une approche empreinte de rationalité dans sa présentation, de logique dans son traitement et de réalisme dans l’accompagnement du peuple algérien et des institutions de l’Etat, affirmant à maintes occasions, qu’il n’a aucune ambition politique, sauf être au service de la nation et de ses intérêts suprêmes », a-t-il souligné.

A cet égard, Karim Younes a affirmé qu’il n’y avait aucune ingérence de quelque partie officielle que ce soit dans la composition de l’instance et la désignation de ses membres

 « Dans ce contexte précisément, nous valorisons, au sein de l’ANP, les étapes franchies sur la voie du dialogue national, notamment après l’audience accordée par le chef de l’Etat à un groupe de personnalités nationales, qui se chargera de la conduite de ce dialogue, s’engageant à mettre à disposition les moyens nécessaires pour l’accompagner dans cette noble démarche et réunir les conditions idoines pour la tenue des présidentielles dans les plus brefs délais », a-t-il expliqué. Pour le chef d’Etat-major de l’ANP, « il n’est plus question de perdre davantage de temps, car les élections constituent le point essentiel autour duquel doit s’axer le dialogue, un dialogue que nous saluons et espérons qu’il sera couronné de succès et de réussite, loin de la méthode imposant des préalables allant jusqu’aux diktats », a-t-il souligné. 

Le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, avait fait part de sa « disponibilité » à prendre des mesures d’accompagnement et d’apaisement en réaction aux préoccupations soulevées par le Panel

A cet égard, il fait savoir que « de telles méthodes et thèses sont catégoriquement rejetées, car l’Algérie a besoin aujourd’hui de ceux qui se sacrifient pour elle et qui élèvent l’intérêt suprême de la patrie au-dessus de toute considération, de ceux qui font preuve d’intégrité, de sagesse, de sérénité et de clairvoyance, ceux qui haussent le niveau du débat et s’élèvent au-dessus des questions secondaires et s’écartent de la surenchère, car il s’agit de l’avenir du peuple et du destin de la nation ». Par la même occasion, le chef d’Etat-major de l’ANP a évoqué « certaines idées empoisonnées que véhicule la bande et qu’adoptent certains porte-voix qui orbitent autour d’elle, notamment l’appel à l’élargissement des détenus, qualifiés à tort comme des prisonniers d’opinion, l’atténuation des mesures sécuritaires entreprises au niveau des entrées de la capitale et des grandes villes et les tentatives de porter atteinte à la crédibilité et à la performance des institutions de l’Etat, à travers des rumeurs qui visent à tromper l’opinion publique et à compromettre les efforts des responsables intègres et dévoués ». En revanche, le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, avait fait part de sa « disponibilité » à prendre des mesures d’accompagnement et d’apaisement en réaction aux préoccupations soulevées par le Panel. En réaction à une sollicitation des membres du Panel sur les mesures d’accompagnement et d’apaisement qu’il y a lieu de prendre, le chef de l’Etat avait fait état de sa disponibilité à œuvrer pour inviter la justice à examiner la possibilité d’élargissement des personnes, dont l’interpellation s’est faite en lien avec le déroulement des marches populaires, à envisager l’allègement du dispositif mis en place par les services de sécurité pour garantir la liberté de circulation dès lors que cet allègement ne porte pas préjudice à l’impératif de préserver l’ordre public, et la protection des personnes et des biens lors des marches populaires ». Il avait également fait part de sa disponibilité à « faire prendre les mesures de nature à faciliter l’accès aux médias publics à toutes les opinions, à travers l’organisation des débats contradictoires et ouverts à toutes les expressions politiques, sans exclusive ».

T. Benslimane