Professeur des universités, expert international Dr Abderrahmane MEBTOUL
En ces moments de grande crise multidimensionnelle , les institutions internationales parleront de bonnes gouvernances, la réhabilitation de la morale est le fondement de tout processus de développement dépassant le simple cadre juridique, surtout dans une économie mondiale super médiatisée grâce aux réseaux sociaux.
1.-Comment ne pas rappeler le cas d’un pays nordique où un ministre a démissionné pour avoir payé un ticket de métro sur le budget de l’Etat, des démissions de nombreux responsables politiques pour des cas presque similaires La crise morale touche tous les partis Pouvoir et opposition de par le monde devraient méditer les importants travaux d’Adam Smith qui était professeur de philosophie morale à l’université de Glasgow, connu pour on ouvrage universel l’Enquête sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776), considéré par la science économique comme l’œuvre fondatrice de la discipline, pourtant l’auteur accordait une importance capitale à la Théorie des sentiments moraux, ouvrage publié en 1759, ayant pour objet de définir les principes de la morale, saisir les vertus nécessaires au bon fonctionnement de la société et du grand sociologue Ibn Khaldoun (1332- 1406) dans la Muqadima (traduite en Prolégomènes et qui est en fait son Introduction à l’histoire universelle et à la sociologie moderne) montrait clairement que le cycle de déclin des civilisations au Maghreb commençait lorsque l’immoralité gangrenait toute la société du sommet à la bas sur la morale pour fonder leur action s’ils veulent être crédibles, mobiliser les citoyens au moment où face à la détérioration de leur pouvoir d’achat, on leur demande des sacrifices. La lutte contre l’immoralité n’est pas une question de lois ou de commissions, vision bureaucratique du passé mais de s’attaquer au fonctionnement des sociétés.
2.-La crise que connaît actuellement le monde caractérisée par le divorce Etat-citoyens est avant tout une crise morale. Tout processus de développement, étant l’œuvre d’acteurs politiques, sociaux et économiques, il ne peut aboutir que s’il se fonde sur la transparence, la cohérence et la visibilité des décisions reposant sur des institutions crédibles et sur la moralité de ceux qui sont chargés de sa mise en œuvre. Le fondement de la crise mondiale actuelle s’explique par le fait qu’il y a suprématie de la sphère financière spéculative sur la sphère réelle, la dominance des profits spéculatifs sur le travail. Or, comme nous l’ont enseigné les fondateurs de la science économique, disons l’économie politique, le travail mû par l’entreprise est le fondement de la richesse des Nations. L’économie mondiale traverse une très grave crise due tant aux récents tes tensions géostratégiques , qu’aux dysfonctionnements économiques, avec un facteur déterminant le culturel souvent oublié, qui aura des répercussions sur l’ensemble des pays sans exceptions du fait de l’interdépendance des économies et des sociétés étant dans une maison de verre avec la révolution dans le domaine des télécommunications. Aucun pays ne peut y échapper si l’on ne met pas en place de nouveaux mécanismes de régulation supranationaux afin de réhabiliter la sphère réelle, la monnaie étant un signe au service de l’économie et non la dominer et ce en tenant compte des avantages comparatifs mondiaux et devant lier l’efficacité économique avec une profonde justice sociale, les économistes parleront d’équité.
3.-C’est que nous sommes à l’aube d’une nouvelle transition de la société mondiale avec de profonds bouleversements technologiques, culturelles et géostratégiques ce qui supposera des ajustements sociaux douloureux et donc une nouvelle régulation sociale afin d‘éviter les exclusions. Dès lors, il y a lieu impérativement de repenser le fonctionnement du système économique et politique international, où nous assistons à des trafics illégaux de part et d’autres de la planète à travers des réseaux complexes, impliquant les Etats, les entreprises, et les citoyens, existant des liens inextricables entre un développement durable et la morale, en fait la récompense de l’effort et une lutte contre la corruption où toute appréciation sur la perception du monde devrait réhabiliter les vertus du travail et de l’intelligence impliquant une profonde moralisation de la vie politique, économique sociale et culturelle et il semble bien que les bouleversements actuels dans le monde sont bien le fait de l’immoralité qui conduit aux autoritarismes devenus, dans un monde complexe, de très graves menaces à la souveraineté et à l’indépendance des Etats et à la sécurité mondiale.
4.-Le monde a besoin d’une culture fondée sur la morale et de la tolérance, comme nous l’enseignent les philosophes des différentes nations, de l’Occident et de l’Orient, depuis la nuit des temps de Platon, Aristote à nos jours. Car, comment des responsables politiques peuvent-ils inciter l’investissement au niveau de leurs pays, alors qu’eux -mêmes n’ont pas confiance et placent leurs capitaux dans des paradis fiscaux . Aussi, les économistes et les politiques durant cette transition inévitable de la société mondiale doivent repenser les liens entre l’éthique et le développement, existant d’une part un lien dialectique entre le trafic en tous genres et le terrorisme qui est une menace planétaire . D’une manière générale il s’agit si l’on veut mobiliser la population face à des ajustements économiques et sociaux inévitables d’avoir une vision stratégique face au nouveau monde, de mettre aux responsabilités politiques, des personnes crédibles ayant une haute moralité , sinon aucun modèle de croissance ne peut aboutir . L’École et donc le savoir couplé avec la bonne gouvernance, poumon de l’épanouissement de toute civilisation. outre la cellule familiale où les parents par leurs comportements jouent un rôle décisif, je recommande aux ministres de l’éducation nationale d’introduire des cours de morale afin de ’inculquer à nos enfants revenir les valeurs de base qui conditionnent leurs comportements futurs.
5.- un exemple, Feu le président Liamine Zeroual, un homme d’Etat d’une profonde moralité
C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris le décès du président Liamine Zeroual Je tiens d’abord comme je viens au cours d’un long entretien à Radio Algérie Internationale ce 29 mars 2026 à rendre à un grand hommage à feu Liamine Zeroual et à présenter mes condoléances les plus sincères à toute sa famille et à ses proches. J’ai connu ce grand homme qui a rejoint l’Armée Nationale Populaire ALN pour l’indépendance de l’Algérie à l’âge de 16 ans et qui a occupé les plus hautes fonctions au sein de l’ANP après l’indépendance politique. et qui a occupé les plus hautes fonctions au sein de l’ ANP. Il a servi l’Algérie et permis la survie de l’Etat-Nation durant une conjoncture difficile, l’Algérie venait d’être soumise à l’ajustement structurel par le FMI 1993/1994, du fait de la cessation de paiement et ayant connu une guerre fratricide durant la période 1992/1999. L’histoire retiendra, on peut ne pas être d’accord avec sa politique, mais existe une unanimité , et cela explique la grande émotion de tout le peuple algérien qui a soif de justice sociale, sa grande moralité. Étant un des rares chef d’Etat en Afrique, il existe quelques exceptions, à avoir quitté volontairement le pouvoir en 1999 pour assurer l’alternance. Toujours fidèle à ses principes, il a refusé , comme cela a été le cas du général de Gaulle, d’être enterré au niveau des lieux luxueux de la capitale d’Alger mais auprès de ses parents dans sa ville natale Batna. Durant sa retraite toujours sans Sa ville natale, il côtoyait journellement les citoyens et a refusé à maintes fois les faveurs matériels que ‘l’on voulait lui octroyer Cela a été un grand honneur d’avoir servi sous sa direction ,m’ayant désigné président du conseil national des privatisations avec rang de ministre délégué entre 1996/1999, ayant toujours eu sa confiance. C’est à ce titre que je livre aux lecteurs cette contribution sur la MORALE qui a également fait ‘objet de mon intervention lors de la rencontre internationale à l’invitation de la commission économique l’Union européenne « sur la transition démocratique dans les pays arabes » -Malte les 24/26 décembre 2011.
A.M






