Publié au 87ᵉ numéro du Journal officiel, le décret présidentiel n° 25-320, daté du 30 décembre 2025, institue un système national de gouvernance des données, marquant une étape stratégique dans le processus de transformation numérique de l’Algérie. Ce texte vise à doter l’État d’un cadre unifié pour organiser la gestion, l’échange et la sécurisation des données entre les institutions publiques et les organismes assurant une mission de service public.
Dans un contexte où la donnée est devenue une ressource stratégique au même titre que l’infrastructure et le capital humain, le décret répond aux limites constatées ces dernières années, notamment la dispersion des initiatives, la faible interopérabilité des systèmes d’information publics et les risques liés à la sécurité de l’information, à la protection de la vie privée et à la souveraineté numérique. Le texte s’inscrit pleinement dans les objectifs de la stratégie nationale de transformation digitale « Algérie Numérique 2030 », en particulier l’axe consacré à la gouvernance numérique, qui vise la simplification et la numérisation des procédures administratives, la digitalisation des services publics et l’interconnexion des systèmes sectoriels. Composé de 20 articles répartis en quatre chapitres, le décret définit les fondements techniques, institutionnels et organisationnels du système national de gouvernance des données. Il consacre notamment la souveraineté de l’État sur les données d’intérêt national, encadre leur gestion de manière sécurisée et transparente, améliore leur qualité et favorise leur exploitation encadrée au service de la décision publique et de l’innovation. Le dispositif repose sur plusieurs outils structurants, dont une référence nationale de classification des données, une base nationale des sources de données et un système national d’exploitation interne, dédié à l’échange sécurisé des données entre les institutions publiques, via un réseau national sécurisé indépendant d’Internet. La supervision de ce système est confiée au Gouvernorat suprême du numérique, en coordination avec les structures concernées par la sécurité des systèmes d’information et la protection des données personnelles. Le décret impose enfin à l’ensemble des organismes et institutions de service public de classifier leurs données et d’identifier leurs sources conformément aux normes définies, dès son entrée en vigueur. Cette mesure constitue un levier essentiel pour consolider la transformation numérique, améliorer la transparence de l’action publique et renforcer durablement la souveraineté numérique nationale.
Yasmine Derbal






