Gara Djebilet: Le rail relance l’ambition minière de l’Algérie

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Le transport de la première cargaison de minerai de fer du gisement de Gara Djebilet, dans la wilaya de Tindouf, par voie ferroviaire constitue une réalisation historique et une étape déterminante dans la relance du secteur minier national, a affirmé le Dr Ahmed Bekhouch, conseiller du président-directeur général de l’Entreprise nationale de recherche et d’exploitation minière (SONAREM).

Selon M. Bekhouch, cette avancée s’inscrit pleinement dans le cadre d’une nouvelle vision stratégique adoptée par l’Algérie au cours des dernières années, reposant sur la valorisation locale des ressources minières et leur intégration dans des chaînes de valeur industrielles structurées. Cette orientation vise à transformer les richesses naturelles en produits à forte valeur ajoutée, en rupture avec le modèle basé sur l’exportation des matières premières à l’état brut. Le projet marque ainsi la transition du secteur minier d’un secteur traditionnel vers un secteur compétitif, contribuant au renforcement de la sécurité industrielle nationale. Intervenant dans l’émission « Invité du matin » de la Chaîne 1, M. Bekhouch a rappelé que le gouvernement a mis en œuvre, depuis 2020, un plan d’action spécifique au secteur des mines, articulé autour de trois projets stratégiques majeurs. Il s’agit du projet du fer de Gara Djebilet, du projet intégré du phosphate de Bled El Hadba, dans la wilaya de Tébessa, ainsi que du projet du zinc et du plomb de Tala Hamza–Oued Amizour, à Béjaïa. À ces projets s’ajoute la révision de la loi sur les mines, destinée à renforcer l’attractivité du secteur pour l’investissement et à favoriser les partenariats technologiques. Le responsable a précisé que le projet de Gara Djebilet ne se limite pas à l’extraction du minerai, mais repose sur une chaîne intégrée de valorisation. Celle-ci débute par un traitement primaire sur site, avec une capacité de 8 millions de tonnes par an, suivi de la transformation du minerai en concentrés et boulettes au niveau du complexe de Toumiat, pour une capacité de 4 millions de tonnes annuelles. La production ainsi valorisée est destinée à répondre aux besoins des industries nationales, tout en étant orientée vers l’exportation via le port d’Oran. À l’horizon 2040, l’objectif stratégique consiste à atteindre une production annuelle de 50 millions de tonnes de minerai de fer, dont 25 millions de tonnes seront transformées en intrants destinés à l’industrie du fer et de l’acier. Cette production sera répartie entre les complexes industriels de Béchar et de Naâma, renforçant ainsi le positionnement de l’Algérie sur les marchés internationaux et lui offrant de nouveaux leviers de négociation dans les partenariats économiques. M. Bekhouch a souligné que les retombées de ce projet dépassent largement le cadre industriel. Elles concernent également la création d’une dynamique économique, sociale, culturelle et touristique dans le Sud-Ouest du pays, le désenclavement de vastes régions, leur connexion avec le Nord et les infrastructures portuaires, ainsi que l’ouverture de perspectives de liaison avec la profondeur africaine, renforçant le rôle régional de l’Algérie dans les échanges commerciaux. Enfin , il a affirmé que le choix stratégique de la transformation locale des ressources minières constitue la clé de voûte de cette nouvelle vision, en garantissant le maintien de la valeur ajoutée à l’intérieur du pays et en mettant fin au cycle consistant à exporter des matières premières brutes pour les réimporter sous forme transformée. Sarah Cheriet

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