La formation professionnelle se prépare pour la rentrée sociale 2019/2020. Des milliers de postes sont créés dans les centres pour offrir des formations et des apprentissages aux jeunes, sachant que les recalés de l’éducation nationale âgés de plus de 16 ans sont exclus.
« Plus de 500 000 élèves échouent chaque année aux examens de fin d’année. 20% d’entre eux sont carrément éjectés des bancs de l’école. La constitution garantit le droit à la scolarité jusqu’à l’âge de 16 ans », a affirmé Bachir Hakem, pédagogue et retraité de l’éducation. Le secteur de la formation et de l’enseignement professionnels sera renforcé pour la rentrée prochaine par la réception de 34 nouveaux établissements d’une capacité de plus de 15.100 postes pédagogiques, permettant au secteur d’accueillir plus de 503.000 stagiaires, selon le compte rendu de la réunion présidée par le Premier ministre consacrée à la rentrée sociale, tenue le 22 août dernier. Pour l’expert en économie et conseiller international, M’barek Malek Serrai, « les responsables de la formation et de l’enseignement professionnels doivent revoir leur management et trouver d’autres canaux de communication pour attirer ces jeunes et leur offrir une formation ». « Ce secteur réajuste l’éducation et son rôle est d’absorber la masse de jeunes qui quittent l’école », dit-il, précisant que « la formation professionnelle est un tremplin pour les recalés de l’éducation ». Toutefois, comment amener ces jeunes aux centres de formation. « Une coopération multisectorielle est nécessaire. Des secteurs comme l’éducation, l’enseignement supérieur, le travail et l’emploi, l’industrie, l’agriculture, le tourisme doivent être représentés dans une commission pour orienter et former les jeunes en prenant en compte les besoins de l’économie nationale en main-d’œuvre », propose Serrai. Bachir Hakem évoque, pour sa part, un problème socio psychologique concernant la réussite dans les études supérieures et leur importance en négligeant l’apport des petits métiers. «Les chercheurs en psychologie expliquent que l’intelligence est plurielle. Chaque individu possède une prédisposition à tel ou tel métier. Pour dire que les recalés n’ont pas d’autres capacités à apprendre un métier », dit-il, faisant remarquer que « dans un quartier, on y trouve deux ou trois médecins mais pas un plombier ou un menuisier ».
« 2 millions de jeunes sont à prendre en charge dans le cadre de la formation professionnelle »
Au premier plan, il est question de valoriser les spécialités et les offres du secteur, en organisant des campagnes à travers le pays pour informer et communiquer avec les catégories concernées. Pour l’expert économiste, et dans le cadre des consultations avec les cercles de réflexion notamment depuis le 22 février, « 2 millions de jeunes sont à prendre en charge dans le cadre de la formation professionnelle ». «Il est urgent de répondre aux revendications des jeunes concernant l’emploi et la participation dans l’essor de l’économie nationale. « Dans ce contexte, nous avons proposé l’établissement d’un programme national multidisciplinaire, global pour le recyclage de 2 millions de jeunes pour fournir en ressource humaine les secteurs de l’industrie, de l’agriculture, et du tourisme », suggère-t-il. Les solutions existent, il suffit de mettre la main dans la pâte et consacrer les moyens humains et matériels, qui existent et commencer. A travers cette suggestion, l’expert prévoit l’absorption du chômage et la garantie d’une main-d’œuvre qualifiée dont ont besoin les secteurs économiques. Le pédagogue Bachir Hakem, pour sa part, dit avoir proposé « une commission mixte éducation-formation professionnelle qui sera chargée d’orienter et d’analyser les capacités de chaque élève ». « Les élèves recalés au BEM doivent être pris en charge à travers l’étude de leur dossier et après les avoir interrogé sur leurs préférences. Accompagner ces jeunes au lieu de les jeter dans la rue, telle est le premier pas à faire », soutient Hakem. Enfin, il est à rappeler que la formation professionnelle diversifie son offre et l’enrichie chaque année, mais la communication fait défaut. « Revoir la stratégie d’information et initier des campagnes de sensibilisation en collaboration avec l’éducation ».
N.I






