La CAF a-t-elle un fil à la patte ? Est-elle une filiale de la Fifa, comme le pensent beaucoup d’observateurs ? Des interrogations auxquelles son président, le Sud-Africain Patrice Motsepe a tenté de répondre, sans vraiment convaincre, lors d’une conférence de presse animée la veille de la tenue de la finale, qui a opposé hier à Rabat, le Maroc au Sénégal. La CAN tous les quatre ans, la création de la Ligue des nations africaine, un calendrier calqué sur celui de l’UEFA, pour Motsepe il n’y a pas de complexe à se faire par rapport aux autres nations, même si ces décisions battent en brèche l’autonomie de la CAF et une certaine idée du Panafricanisme. Justement pour le patron du football africain, il s’agit au contraire de débarrasser l’Afrique de ses complexes. « L’Europe n’impose pas son calendrier. Il faut également mettre fin à cette idée absurde que certains peuples sont les ennemis des autres », argue-t-il sans toutefois mentionner que ces décisions ont été prises sans consulter la base. Cela d’autant plus flagrant s’agissant du CHAN, une compétition rayée du calendrier et définitivement enterrée par l’homme d’affaires sud-africain. « Le CHAN est un gouffre financier. Dès mon entrée en fonction, on m’a ordonné de supprimer le CHAN. Nous y avons alloué des ressources à la demande de certains pays qui affirmaient en bénéficier. Je puis vous l’assurer aujourd’hui, le CHAN n’existe plus », a-t-il justifié. Une mise-à-mort et une liquidation dans la règle de l’art. Le président de la CAF veut ainsi effacer l’héritage de ses prédécesseurs sur les conseils et les recommandations de son « ami », l’influent boss du football mondial, Gianni Infantino, même s’il ne l’avouera jamais.
Comme on l’a abordé à de nombreuses occasions, sur ces mêmes colonnes, la CAF est à présent prise en otage par un triumvirat constitué du président de la Fifa, son homologue de la CAF et celui qui tire les ficelles derrière le rideau, le Marocain Faouzi Lekjaâ, dont le pays a investi des milliards de dollars, dans un objectif bien clair, à savoir mettre main basse sur la CAF et ses institutions. Une politique de « Soft Power », diront certains, mais qui ressemble davantage à une hégémonie pour éliminer les rivaux de la scène géopolitique. Ce qui explique les dernières protestations et contestations de la part de certains pays africains qui sont montés au créneau pour dénoncer la mainmise des Marocains sur la CAF. L’arbitrage partiel favorable à l’équipe hôte lors de la CAN, n’est que la partie visible de l’iceberg, d’autres tractations encore plus graves se trament dans les coulisses pour plus de privilèges et de règne au sein de la Confédération.
D’ailleurs, la rumeur selon laquelle la CAN reviendra au Maroc dans quatre ans, a été lancée pour préparer l’opinion publique à cette éventualité. Mais du point de vue de Patrice Motsepe, tout va bien à la CAF, tout se déroule parfaitement sans aucun problème. Un point de vue que tout le monde ne partage pas.
Ali Nezlioui






