FAF: Un autre dossier épineux sur les bras

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L’affaire de l’enregistrement sonore qui n’a pas visiblement livré tout ses secrets, occupe logiquement l’essentiel de l’actualité sportive, mais un autre dossier tout aussi délicat risque de mettre encore plus la FAF dans l’embarras.

Cela concerne son projet d’amendement de ses statuts afin qu’ils soient en adéquation avec ceux de la Fifa. Une harmonisation recommandée, faut-il le préciser, par la plus haute instance du football. Des amendements une fois votés, donneraient plus d’autonomie à la fédération. Ce qui n’est pas du goût des pouvoirs publics. Ils voient en effet d’un mauvais œil les changements préconisés par Zetchi et son équipe, ce qui les mettraient de facto sur la touche. Le ministre de Jeunesse et des Sports est monté au créneau, ce lundi, en pondant un communiqué dans lequel il rappelle aux instances sportives nationales et locales qu’«il était interdit durant l’année précédant une élection fédérale de changer ou modifier les statuts et les règlements intérieurs, toucher aux système de compétition et disciplinaires ou effectuer le moindre mouvement des cadres techniques mis à disposition par les autorités fédérales ou de créer de nouvelles structures ou réactiver de structures sportives suspendues.» C’est évidemment la FAF qui est la plus visée par ce rappel à l’ordre. En haut lieu, on n’a d’ailleurs jamais apprécié que les associations prennent trop leur aise et essayent d’échapper au contrôle et à la mainmise de l’Etat. Cela a coûté sa place à Mohamed Raouraoua à la tête de la FAF. Kheireddine Zetchi pourrait connaître le même sort, s’il persiste à «défier» les autorités. Un bras de fer inévitable, en somme, sachant que la Fédération s’est déjà bien engagée à amender ses statuts. L’assemblée générale de FAF a par ailleurs adopté, l’automne dernier, et à l’unanimité le changement de système de compétition qui entrera en vigueur dès la saison à venir. L’intervention énergique du Ministre de la Jeunesse et des Sports va-t-elle tout remettre en cause ? Tout porte à le croire, car il y est mentionné clairement et sans ambiguïté qu’une association nationale n’a pas le droit de «toucher au système de compétition durant l’année précédant une élection fédérale». Il est à rappeler à ce propos que le mandat du bureau fédéral actuel de la FAF se terminera l’année prochaine. La Fédération n’avait nullement besoin d’ouvrir un nouveau front, alors qu’elle est déjà bien encombrée par l’épineux dossier de l’enregistrement qui a pris cette semaine, une tournure grave avec la mise en détention provisoire des deux principaux protagonistes de l’affaire, à savoir Fahd Halfaia et Nassim Saâdaoui. Le procureur de la République du tribunal de Sidi M’hamed, Chaker Kara, a par ailleurs, révélé à la presse, que l’enquête n’est qu’à ses débuts. Il est fort probable qu’elle connaisse des nouveaux développements dans les jours à venir. Il se peut que d’autres dirigeants soient mis en examen à leur tour. Ce qui constituerait un fait sans précédent dans les annales du football. En attendant, la commission de discipline de la LNF devrait rendre son verdict dans cette affaire, en principe au courant de cette semaine. Probablement aujourd’hui ou demain. La suspension du directeur général de l’ESS, Hafaia et celle du manager Saâdaoui, ne laisse aucun doute. Reste à savoir si le club sétifien sera concerné par ces sanctions ou pas.

Ali Nezlioui