Face au conflit avec les USA via Israël: Quelles perspectives pour l’économie iranienne?

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Professeur des universités, expert international  Abderrahmane Mebtoul docteur d’Etat 19C4 en management stratégique

Après  plus de 15 jours de guerre entre  les USA via Israël  et l’Iran , tous les observateurs s’accordent  à la conclusion que  l’Iran n’est pas le Venezuela et les US ont minimisé  la résistance iranienne espérant  un soulèvement intérieur d’une opposition presque inexistante , les opposant extérieurs  ayant un impact très marginal.

Et   surtout les U    ont minime sa position stratégique à travers le contrôle du détroit d’Ormuz qui détermine partiellement   le cours des hydrocarbures au niveau mondial(entre 3O/4O%) prix accentué à la hausse qui le 14 mars 2026  a dépassé  1OO dollars le baril, exactement 103,14 dollars et le Wit 98,71 dollars pour un cours 1,15 dollar un euro de  avec la frappe de drone sur les pays pétroliers voisins , avec un impact sur toute l’économie mondiale. Et  les Etats-Unis en  frappant le 13 mars 2026  l’île de Kharg, le hub pétrolier de l’Iran  risque certes de paralyser les exportations iraniennes plus de 3,3 millions de barils/J en 2025 sans compter les exportations de gaz , leurs principales ressources en devises  et d’asphyxier le pays  mais à court  terme d’accroitre  les tensions énergétiques au niveau mondial  du pays

1. Situation géographique de l’Iran et rôle  les gardiens de la révolution

En 2025, la population de l’Iran est estimée à environ 92,4 millions   d’habitants, caractérisée par un vieillissement progressif, avec un âge médian d’environ 34 à 35 ans. La structure d’âge est dominée par la population active (15-64 ans, ~69%), tandis que la proportion des moins de 15 ans (22-23%) diminue face à l’augmentation des plus de 65 ans (~7-9%). En 2025, le taux de scolarisation avoisine 98%, la scolarisation étant gratuite  et l’Iran possédant une élite bien formée.  La superficie est de 1 648 000 km 2, avec comme capitale Téhéran, et les villes principales sont Mashhad, Ispahan, Tabriz, Karaj… L’Iran est bordé au nord par la Mer Caspienne, au sud-est par le golfe d’Oman et au sud par le golfe Persique. Elle partage des frontières avec le Turkménistan au nord-est, l’Afghanistan à l’est, le Pakistan au sud-est, l’Irak à l’ouest, la Turquie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan au nord-ouest.  Elle contrôle un axe stratégique le détroit d’Ormuz   situé au sud -est de Bandar Abbas avec des pays frontaliers qui sont au nord l’Iran, et au Sud-est les Emirats arabes unis, depuis Jazirah al Hammra , suivis du sultanat d’Oman d’ une largeur d’une trentaine de milles marins (55 km) avec un tracé de deux couloirs de navigation de deux milles (3,5 km) de large chacun, l’un montant, l’autre descendant, les couloirs de navigation étant séparés par un couloir tampon de deux miles,. Avec Gibraltar, le Bosphore, Malacca et le canal de Suez, il est un des grands détroits de la planète. Situé sur une ancienne  route commerciale entre l’Asie, la Méditerranée et l’Europe permettant le passage du Golfe Persique au Golfe d’Oman, puis à la mer d’Arabie et à l’océan Indien. La fermeture du détroit de d’Ormuz, affecterait le transit du gaz et du pétrole car « porte de sortie » du pétrole de la région du Golfe qui compte 5 des 10 plus gros producteurs du pétrole au monde localisé au Moyen Orient comme mis en relief précédemment, où transitent plus de 30% des produits pétroliers dont plus de 20% du GNL. Le détroit d’Ormuz constitue une des principales voies de navigation connectant les pays pétroliers du Moyen Orient avec les marchés asiatiques, européen et nord-américain, et l’idée de canalisations pour le contourner exigerait un investissement colossal. Face à cette situation actuelle , en cas de persistance de de conflit  est évoqué une coalition internationale  à laquelle serait associée forcément la Chine  et l’Inde les pays les plus pénalisés pour ouvrir ce détroit au commerce international  mais supposant un affaiblissement de la flotte de guerre maritime de l’Iran L’économie iranienne est principalement contrôlée par le Guide Suprême et sous sa coupe les Gardiens de la Révolution (Pasdaran) d’un effectif de plus de 15O.OOO  qui contrôlent  plus de 6O% de l’économie iranien, détenant un quasi-monopole  dans les secteurs stratégiques  , leur influence s’étendant  aux infrastructures, à l’énergie, aux télécoms et à la finance, via un réseau de sociétés publiques et privée,  ce système s’appuyant  sur des fondations religieuses (bonyads).Les réserves de pétrole de l’Iran expliquant d’ailleurs la convoitise  US ,et par ricochet pour faire pressions sur la Chine dont une grande partie des exportations iraniennes est destinée à ce pays   souvent à des prix préférentiels comme d’ailleurs la Russie en direction de l’Inde et de la Chine  Les réserves de l’Iran  sont d’environ 180/190  milliards de barils, le deuxièmes après l’Arabie saoudite au Moyen Orient,    et les réserves de gaz  sont d’environ 32.000 milliards de mètres cubes gazeux  le premier réservoir au Moyen Orient derrière la Russie environ 35.000 milliards de mètres cubes gazeux et devant le Qatar 20.000 milliards de mètres cubes gazeux  Selon le volume exporté et les fluctuations des prix, les hydrocarbures en Iran représentent 85 à 90% des recettes d’exportation, 40 à 50% des ressources budgétaires de l’Etat iranien et 15 à 20% du PIB. … La plupart des sites de production iraniens sont concentrés et vulnérables, car principalement situés à proximité de l’Irak ou en off-shore dans le Golfe arabo-persique.  Or deux régions d’Iran (Lorestan et Khouzistan pour le pétrole, South Pars pour le gaz) recèlent 90% de son pétrole et 63% de son gaz.

2 .- Des  indicateurs  macro-économiques et macro-financiers sous pressions

L’économie iranienne est caractérisée par la prédominance du secteur public et la  croissance économique de l’Iran a légèrement ralenti à 3,1 % en 2025, après 3,7 % en 2024. Le produit initier brut  de l’Iran membre du Brics+ en  2025 est estimé par le FMI à   à environ 356,5 milliards de dollars, une baisse par rapport aux années précédentes 2O23/2024. Le PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat (PPA) est estimé par Trading Economics à environ 16.437 dollars US   fin 2025 mais  ce montant global voile en réalité   les disparités sociales  du fait que le niveau de vie a stagné. Devant pondérer par le  système de subventions ciblées, avec une forte inflation, le salaire réel moyen tourne autour de 250 USD, peine à couvrir les besoins de base. Le taux de chômage officiel en Iran se situe autour de 7 à 9 % fin 2024/début 2025 selon le gouvernement, mais , selon Trading Economics  et  Macrotrends   le taux réel est estimé bien plus élevé, dépassant souvent 20% à 40% en raison du chômage informel, -En 2024, selon le FMI, le commerce extérieur de l’Iran a montré une résilience, avec des exportations totales (biens et services) atteignant environ 100 milliards USD, tandis que les importations de biens se situaient autour de 68,5 milliards USD.  Les exportations de  pétrole et de gaz   ont dépassé les 82% des revenus suivis des produits chimiques et matières premières et les importations sont  principalement  des machines non électriques (17%), fer/acier (14%), produits chimiques (11%) et véhicules.  En 2025, les réserves de change de la Banque centrale d’Iran sont estimées à environ 33,8 milliards de dollars USD selon le FMI  étant  sont sous pression en raison de la baisse des revenus pétroliers  La dette publique de l’Iran en 2025 a atteint  environ 34 % à 35 % du PIB, et le pays fait face à une augmentation drastique de la charge de sa dette, avec une hausse attendue de 253 % pour -2026, dépassant les dépenses d’investissement.  Face à  un énorme déficit budgétaire , le régime recourt massivement  à la vente d’obligations où  en 2024, les ventes  ont atteint un niveau record de plus de 380 000 milliards de romans, (Selon les données récentes( 1 dollar américain (USD) équivaut à environ 230 000 – 260 000 tomans)  , cela ne faisant  que repousser la date butoir , plus les intérêts, arrivent à échéance , le gouvernement dans un cercle vicieux d’emprunts supplémentaires pour rembourser ses dettes passées.  Et comme   l’emprunt ne suffit   pas le gouvernement iranien a eu recours à la planche à billets .pour combler le déficit par la « monétisation », c’est-à-dire la planche à billets  Comme impact direct sur le niveau de vie des populations, nous assistons à  une  baisse du  potentiel économique,  la poussé de la sphère e informelle , le développement du chômage qui frappe surtout les diplômés,  avec  une inflation alimentaire atteignant près de 58% ( une inflation moyenne en 2025 selon le FMI avoisinant 45%) et une dépréciation du Rial où  environ 735 dollars, on peut désormais détenir l’équivalent de milliards en rials, un chiffre impressionnant qui illustre  la gravité de l’inflation : début février 2026 un   dollar américain égal 2 661 953 625,00 Rial iranien contre en  avril 2024 à 41 848, 865 IRR, un plus bas niveau historique et en six ans, le rial iranien ayant  perdu plus de dix fois sa valeur face au dollar, renchérissant d’autant le coût des produits de première nécessité importés En cas d’enlisement les plus grands perdants seraient certes l’Iran  avec la destruction massive de ses infrastructures  et les monarchies du Golfe  et avec une hausse de l’inflation qui pénaliserait les citoyens américains serait le président Trump qui risque de perdre les élections de fin nombre 2026 expliquant  ses divergences tactiques avec le président israélien qui doit sa survie  à cette guerre, une élection selon les sondages  en Israël  serait sa chute.  Les gagnants de cette guerre ce sont certes les compagnies américaines le plus grand producteur avec plus 13 millions barils jour  et   la Russie 11 millions barils jour et premier réservoir mondial de gaz naturel plus de 35.OOO milliards de mètres cubes gazeux,. En cas d’arrêt du conflit avec l’Ukraine la Russie   devrait augmenter  ses exportations  notamment en direction de l’Asie  à travers tant les GNL que les  canalisations, notamment vers la Chine  et l’Inde    et de l’Europe  et surtout le gaz traditionnel dont ses canalisations opérationnelles, South Stream, North Stream 1 et North Stream 2 d’une capacité totale  de ces trois canalisations de plus de 15O milliards de mètres cubes gazeux  n’ayant pas besoin du détroit d’Ormuz. Nous avons   accessoirement certains pays d’Afrique proches de l’Europe surtout la Libye  premier réservoir  de l’Afrique 48 milliards de barils,  et pour le gaz le Nigeria, le Mozambique plus de 5OOO milliards de mètres cubes gazeux  de réserves  et accessoirement l’Algérie  entre 1O/12 milliards de barils  de  pétrole et 24OO/25OO milliards de mètres cubes gazeux et  le Sénégal –Mauritanie  à travers le gisement de l’Île de la Tortue  . Dans le contexte géopolitique régional futur ,les .relations  futures de l’Iran  et ses relais le Hezbollah  au Liban  et les  Houthis  au Yémen, (tensions en Mer rouge augmentant de plus de 15% le coût du transport , pénalisant le canal  de Suez ), avec ses principaux voisins, en particulier l’Arabie Saoudite, Israël, l’Egypte,, Oman , les Emirats arabes unis,  l’Irak et    la Syrie  façonneront  l’espace Moyen Orient et donc   la stabilité régionale et mondiale .

En conclusion, les tensions au Moyen Orient via les tensions énergétiques affectent toute la planète et plus particulièrement les nations les plus fragiles  dont l’Afrique , les pays mono-exploiteurs  qui verront leurs factures d’importation du fait de l’inflation avec la hausse des taux d’intérêt, augmenter proportionnellement  ne gagnant presque rien en termes de balance devises. Sous réserve de la fin de la guerre, pour les USA  l’objectif n’étant pas  une fin du régime mais  sa mutation favorable à ses intérêts, avec l’entrée les compagnies américaines en Iran , comme cela se passe au Venezuela, supposant   la levée des sanctions et d’une bonne gouvernance ,  l’Iran ,une grande civilisation, la Perse, disposant d’importantes potentialités  humaines et de richesses naturelles colossales, peut devenir un acteur clef de la stabilisation de la région. C e qui est sûr c’est gue cette guerre, Iran-USA , qui ne devrait pas  dépasser quelques mois , sauf scénario contraire  qui paralysera toute l’économie mondiale ,   ainsi que le conflit israélo-palestinien ,  aura un impact sur la reconfiguration géostratégique au Moyen Orient  et sur la nature du régime iranien.

A.M

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