En prévision du mois de Ramadhan: Des marchés de proximité pour casser les prix des produits de large consommation

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 La ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, Amel Abdellatif, a présidé, récemment, une rencontre nationale des cadres du secteur en prévision du mois sacré de Ramadhan, lors de laquelle les différentes mesures proactives visant à assurer l’approvisionnement du marché ont été examinées, de même que les points liés à la modernisation du secteur et à la formation des ressources humaines.

Cette rencontre, placée sous le thème « le secteur du commerce intérieur, levier d’une économie moderne et transparente », s’est déroulée en présence du Secrétaire général du ministère, des directeurs généraux, des cadres du secteur, des directeurs régionaux, des directeurs du commerce des wilayas, ainsi que des directeurs généraux des organismes sous tutelle. A cette occasion, la ministre a précisé que cette rencontre constitue une étape importante pour évaluer les efforts du secteur, mesurer l’efficacité des politiques adoptées, traiter les insuffisances et renforcer la coordination entre les différentes structures, soulignant le caractère stratégique de ce secteur et son rôle clé dans la réalisation des objectifs de développement socioéconomique et dans la construction d’un système commercial efficace et transparent. Elle a ajouté que cette rencontre s’inscrivait dans le cadre de l’évaluation des préparatifs lancés au cours des derniers mois en prévision du mois de Ramadhan, suivant une approche proactive fondée sur la planification et la mobilisation, en vue de renouveler l’engagement au service des citoyens et de garantir la stabilité du marché, à travers l’intensification des efforts visant à assurer un approvisionnement régulier dans toutes les wilayas du pays, et le lancement du réseau des marchés de proximité à travers les différentes wilayas, en tant qu’espaces proches des citoyens, leur permettent de se procurer les produits de base à des prix raisonnables, protégeant ainsi leur pouvoir d’achat. Après avoir souligné que les marchés de proximité « doivent être, avant tout, un outil efficace de régulation des prix et de réduction du nombre d’intermédiaires, et pas uniquement des espaces de vente », Mme Abdellatif a évoqué les mesures pratiques prises par son secteur pour protéger le pouvoir d’achat des citoyens, dont « la prolongation de la période des soldes d’hiver » et l’initiative nationale du Conseil du renouveau économique algérien (CREA) visant à réduire les prix durant le mois de Ramadhan, dans le cadre d’un partenariat responsable entre l’Etat et les opérateurs économiques. La ministre a, par ailleurs, appelé à intensifier le contrôle des activités de restauration rapide et traditionnelle, en coordination avec les laboratoires de la répression des fraudes, afin de garantir la conformité des produits aux normes sanitaires et commerciales, tout en insistant sur les campagnes de sensibilisation à la nécessaire rationalisation de la consommation durant le mois sacré. Concernant la modernisation du secteur, Mme Abdellatif a précisé que le ministère est déterminé à « généraliser l’utilisation des plateformes numériques pour suivre la distribution des produits, gérer les marchés et améliorer les mécanismes décisionnels, au service de la transparence, de l’efficacité et de la bonne gouvernance, et ce, dans le cadre du plan sectoriel 2026-2028 ». S’agissant de la ressource humaine, la ministre a affirmé qu’elle demeure un facteur clé dans la concrétisation des réformes du secteur, à travers la formation continue, la valorisation des compétences et l’adoption de critères objectifs pour l’accès aux postes de responsabilité, consacrant ainsi le principe d’égalité des chances et de transparence, affirmant que l’ouverture des candidatures, pour la premières fois, pour les postes de directeurs du commerce des wilayas, illustre parfaitement cette orientation.

Dans le même sillage, la ministre a souligné l’importance des laboratoires de la répression des fraudes, qui ont été récemment renforcés grâce à la mise en place de neuf laboratoires mobiles au niveau des ports et des zones frontalières, qui permettent d’effectuer des analyses préliminaires des marchandises importées aux points de passage, de réduire les délais de contrôle et d’accélérer la prise de décision concernant la conformité ou le refus, contribuant ainsi à la protection du marché et de la santé des consommateurs, sans entraver l’activité économique des opérateurs. Ces mesures s’inscrivent dans une vision intégrée visant à soutenir les opérateurs économiques, à renforcer l’activité productive, à simplifier les procédures et à généraliser la numérisation, a-t-elle précisé, mettant en exergue la démarche de modernisation du Centre national du registre de commerce (CNRC) pour en faire un outil efficace au service de l’économie nationale, à même de faciliter le parcours des investisseurs et des entreprises et d’accélérer le lancement des projets. Au cours de la réunion, il a été convenu d’une participation active des opérateurs économiques et des groupes publics aux marchés de proximité, dont le lancement est prévu dans les 69 wilayas à partir de la semaine prochaine, dans le but de rapprocher les produits des citoyens et de renforcer leur abondance, garantissant ainsi la stabilité du marché durant cette période. Dans ce sillage, la ministre a salué l’adhésion des opérateurs économiques aux initiatives pour la baisse des prix à l’occasion du moi sacré de Ramadhan, estimant que ces démarches témoignent d’une responsabilité sociale et contribuent au soutien de la stabilité du marché et au renforcement du pouvoir d’achat du citoyen. Elle a, en outre, mis en avant la place centrale qu’occupe la rationalisation de la consommation au sein des priorités du secteur, compte tenu de sa dimension de développement, soulignant que l’objectif est de protéger le pouvoir d’achat du citoyen et de garantir la durabilité de l’approvisionnement.

La ministre a indiqué que le secteur place la sensibilisation au cœur de son approche durant ce mois sacré, car conscient que la régulation du marché ne se réalise pas seulement par les textes et les réglementations, mais aussi par la promotion de la conscience sociétale, une consommation responsable et consciencieuse et l’application des valeurs islamiques dans le comportement économique quotidien.

Dans ce sillage, Mme Abdellatif a rappelé la vaste campagne nationale lancée récemment par le ministère sous les slogans « la disponibilité des produits est garantie, la rationalisation de la consommation est votre choix » et « le Ramadhan est un mois sacré, n’en faites pas une course au gaspillage », visant à ancrer une culture de consommation consciente, à renforcer les comportements responsables et à préserver le pouvoir d’achat du citoyen durant ce mois sacré. Elle a également souligné l’importance des rencontres de sensibilisation et scientifiques, qui constituent une « opportunité pour renforcer la complémentarité entre la référence religieuse et l’approche économique, et entre les finalités religieuses et les politiques publiques, permettant ainsi de bâtir un modèle national de consommation fondé sur la raison, la solidarité et la durabilité, préservant l’équilibre de la société, la flexibilité de l’économie et la dignité du citoyen ». Pour sa part, le président du Haut conseil islamique (HCI), Mabrouk Zaid El Kheir a indiqué que la rationalisation de la consommation est « un pilier fondamental » pour une bonne gestion du budget familial et « une base essentielle » dans la construction d’une société équilibrée, estimant que la famille « est le fondement de la conscience économique et sociale et de la transmission des valeurs de modération et de responsabilité ». Il s’est référé, dans ce sens, au Coran qui prône la rationalisation des dépenses et bannit le gaspillage, rappelant la modération consacrée en Islam. Dans ce cadre, le président de l’Association « El Aman » pour la protection du consommateur, Hassan Menouar, a cité les effets négatifs des comportements irrationnels des consommateurs et leurs implications multiples sur la santé et l’environnement. Il a également mis en avant les répercussions directes de ce phénomène sur l’économie, notamment la hausse injustifiée de la demande sur les produits alimentaires qui crée des pressions sur le marché et un déséquilibre dans les budgets des ménages. Par ailleurs, il a été question du renforcement des opérations de contrôle durant le mois de Ramadhan, à travers la mobilisation accrue des agents techniques chargés de la répression de la fraude, afin de réguler le marché, lutter contre les pratiques commerciales illicites et protéger le pouvoir d’achat des citoyens.

T. Benslimane

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