Double anniversaire du 24 février :  Message  intégral du président Bouteflika 

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Le président de la République, Abdelaziz  Bouteflika a adressé dimanche, à l’occasion de la célébration du double  anniversaire de la création de l’Union générale des travailleurs algériens  (UGTA) et de la nationalisation des hydrocarbures, un message dont voici la  traduction « Au nom d’Allah, le Clément, le Miséricordieux, Prière et paix sur Son messager, les siens et ses compagnons jusqu’au  jour du jugement dernier,

 Messieurs les ministres,  Mesdames, Messieurs,

 Je voudrais tout d’abord féliciter les organisateurs de cette célébration  pour le choix de la ville d’Adrar, capitale de Touat, un choix fort en  symbolique et signification. Si nous avons commémoré, depuis quelque jour, la Journée nationale de nos valeureux Chouhada, nous nous retrouvons aujourd’hui sur les lieux du  brasier qui a ravagé des centaines des enfants de notre peuple, martyrs et  victimes des essais nucléaires menés par le colonialisme abject. Des essais  dont les effets demeurent encore source de souffrance des enfants de la  wilaya d’Adrar dont je salue la population.    A partir de cette wilaya, chère à nos cœurs, et en cette saison de  commémorations historiques, nous nous inclinons, également, à la mémoire de  nos glorieux Chouhada, tombés au champ de l’héroïque bataille de Timimoune  et rendons hommage aux Moudjahidine de cette région que j’ai eu l’honneur  de côtoyer durant la Guerre de libération, à l’époque de l’ouverture du  front du Sud, qui partait d’ici aux territoires de la République du Mali,  frère.   Sur les terres de l’aimée Adrar, j’adresse les salutations de l’Islam aux  Zaouïas de cette pieuse région, qui à l’instar de toutes celles des autres  contrées de l’Algérie, ont été des citadelles pour l’Islam orthodoxe,  l’enseignement des préceptes du saint Coran et la préservation de l’unité  de notre vaillant peuple.  Tout au long de notre riche histoire, Adrar n’a cessé d’être un centre  reconnu d’où se lançaient les prêcheurs de notre religion sacrée vers les  régions les plus reculées du continent africain pour y propager le message  d’Allah et la Sunna de notre prophète (QSSSL).

 Mesdames, Messieurs,

Votre honorable assistance se retrouve aujourd’hui à Adrar à l’occasion du  63e anniversaire de la création de l’Union générale des travailleurs  algériens (UGTA) et du 48e anniversaire de la nationalisation des  hydrocarbures, deux évènements liés de par leur origine et leur finalité.  En effet, les braves travailleurs de l’Algérie avaient décidé, sous la  conduite du Chahid Aïssat Idir, de créer l’Union générale des travailleurs  algériens (UGTA) afin d’encadrer et de mobiliser nos travailleurs en  renfort aux rangs de la Glorieuse révolution de Novembre. Ainsi, des dizaines de milliers de nos travailleurs ont fait partie des  Chouhada et Moudjahidine de notre Glorieuse révolution. De même qu’ils ont  été un facteur déterminant dans l’autonomie de décision de notre Révolution  en étant derrière son financement, aussi bien à l’intérieur qu’en exil,  pourvoyant l’Armée de Libération nationale (ALN) de fonds pour l’achat  d’armes et le Front de Libération nationale (FLN) pour la prise en charge  des familles des Chouhada et des enfants des réfugiés algériens en dehors  des frontières de notre pays. Telle est la noble organisation de l’UGTA, qui n’a de cesse été au  rendez-vous chaque fois que l’Algérie fait appel à ses enfants pour la  protéger contre une menace, et qui n’a pas manqué, encore une fois, d’être  à l’avant garde du sursaut populaire qui a contribué à la sauvegarde de  l’Algérie lorsqu’elle a été prise dans les tourments de la tragédie  nationale. Recueillons-nous, donc, à la mémoire du Chahid Abdelhak Benhamouda et de  tous les martyrs du devoir national parmi nos travailleurs et travailleuses  dans tous les corps, morts pour que l’Algérie continue à vivre, pour que  les écoles demeurent ouvertes, les usines en activité et les hôpitaux à  prodiguer les soins jusqu’à l’avènement du triomphe grâce aux lumières de  la Concorde et la force de la Réconciliation.  Telle est également l’UGTA, qui a dirigé, des décennies durant, la grande  bataille de l’édification en l’Algérie à travers la construction des  routes, y compris dans le désert, la réalisation des barrages, des usines  et de toutes les infrastructures de vie. La bataille qui a permis à  l’Algérie du XXIe siècle de se rapprocher du niveau de développement des  pays développés alors qu’elle était, un demi-siècle auparavant, un champ de  désolation et de pauvreté extrême sous le joug du colonialisme barbare. L’UGTA a joué un rôle décisif dans la nationalisation des hydrocarbures de  notre pays le 24 février 1971.En effet, les compagnies pétrolières étrangères ont pensé qu’il  serait impossible pour les enfants de notre pays de gérer nos champs et nos  complexes pétroliers et gaziers, mais la courageuse décision politique  sous-tendue par la forte volonté de nos travailleurs et cadres ont permis à  l’Algérie d’imposer sa souveraineté sur ses ressources hydrocarbures et de  maintenir en activité ce secteur, qui est devenu et qui demeure la  locomotive de l’économie nationale.

 Mesdames, Messieurs

Lors des deux dernières décennies, l’Algérie a su combiner la richesse des  hydrocarbures et la décision politique indépendante et conjuguer les bras  et la volonté de ses loyaux fils. Une fois le pays sorti des affres de la tragédie nationale et de la  restructuration économique et sociale, nous nous sommes lancés dans le  processus de construction et d’édification qui, peu à peu, a permis à  l’Algérie de se libérer du fardeau de la dette extérieure, d’éloigner le  spectre du chômage qui a failli asphyxier nos jeunes, et d’enrayer  considérablement les manifestations de la misère et de la pauvreté grâce à  la réalisation, à travers les quatre coins du pays, de milliers d’écoles,  de centaines d’hôpitaux, de dizaines d’universités et de millions de  logements. Cette entreprise n’aurait pu être menée sans l’indépendance de notre  décision politique et économique, qui nous a permis de surmonter les  difficultés financières, ces dernières années. En outre, elle a été  possible grâce à la paix sociale et à la mobilisation des travailleurs sous  la bannière de l’Union nationale des travailleurs algériens (UGTA).

 Mesdames, Messieurs

En célébrant, aujourd’hui, cette épopée nationale et les réalisations qui  l’ont accompagné, nous demeurons conscients de tous les défis qui restent à  relever. Au volet sécuritaire, l’instabilité et les fléaux du terrorisme et du  crime transfrontalier marquent notre voisinage immédiat et s’imposent à  notre vaillante Armée nationale populaire (ANP), que nous saluons encore  une fois. Cependant notre armée a besoin d’un peuple conscient, mobilisé et  vaillant pour être un précieux appui et un solide bouclier afin de  préserver la stabilité de notre pays. Il est vrai que nous jouissons d’un progrès social et économique, mais  nous demeurons, profondément, conscients de la nécessité de plus  d’efficacité économique pour garantir la pérennité de notre choix sacré,  celui de la justice sociale et de la solidarité nationale. L’Algérie dispose du potentiel et des capacités lui permettant de gagner  cette bataille, celle de l’édification et du développement et nous pouvons,  à ce propos, méditer l’exemple de la wilaya d’Adrar. En effet, le sous-sol de cette région confirme, année après année,  l’immense potentiel qui nous reste, comme dans les champs gaziers de Reggan  et de Timimoune, et les capacités découvertes ou à découvrir. Dans cette wilaya, toujours, l’industrie est devenue une réalité palpable  grâce à la cimenterie implantée au sud de cette ville, et qui exporte  désormais vers nos voisins sud. Innombrables sont également les possibilités de diversification de  l’économie nationale en richesses minières, potentialités agricoles et  compétences scientifiques qui n’attendent qu’une meilleure exploitation,  avec davantage d’efficacité et de qualité, pour être source de revenus  supplémentaires pour le pays.

 Mesdames, Messieurs,

Cet exposé succinct sur les différentes étapes de l’histoire contemporaine  de l’Algérie en matière de lutte et d’édification se veut une manifeste  illustration de mon message, le message des vertus de la continuité. La  continuité qui fait que chaque génération apporte sa pierre à l’édifice des  réalisations. Une continuité garantissant la persévérance dans la bonne  voie et permettant de remédier aux erreurs marginales. Une continuité qui  permet à l’Algérie de passer à la vitesse supérieure dans la course au  progrès et à la prospérité. Telle est la leçon que nous devons tous tirer de la célébration de ces  deux mémorables dates, et telle est le moyen de témoigner notre fidélité à  nos glorieux Chouhada, de veiller sur nos générations montantes et  préserver notre Algérie bien aimée.

Gloire à nos valeureux Chouhada. »