Démence: Près d’un cas sur deux pourrait être évité grâce à 14 facteurs de prévention

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La démence touche aujourd’hui plus de 55 millions de personnes dans le monde et près de 10 millions de nouveaux cas sont recensés chaque année.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), ce chiffre pourrait atteindre 78 millions en 2030 et grimper à 139 millions d’ici 2050 si aucune action d’envergure n’est engagée. Face à cette progression préoccupante, la prévention apparaît comme un levier déterminant. Une vaste étude internationale dirigée par des chercheurs de l’University College London (UCL) et publiée dans la revue scientifique The Lancet révèle que près de la moitié des cas de démence pourraient être évités ou retardés en agissant sur quatorze facteurs de risque identifiés comme modifiables.

Ces travaux, menés par 27 experts réunis au sein de la Commission Lancet sur la prévention, l’intervention et la prise en charge de la démence, soulignent qu’il est possible d’intervenir à tous les stades de la vie, dès l’enfance et jusqu’au grand âge. « Il n’est jamais trop tôt ni trop tard pour agir », affirme la professeure Gill Livingston, principale auteure du rapport. Les chercheurs insistent sur le fait que l’exposition prolongée aux facteurs de risque augmente considérablement la probabilité de développer une démence, en particulier chez les populations vulnérables et défavorisées sur le plan socio-économique.

Aux douze facteurs déjà mis en évidence en 2020 s’ajoutent désormais deux nouveaux éléments déterminants : un taux élevé de lipoprotéines de basse densité, communément appelé « mauvais cholestérol », et une perte de vision non traitée à un âge avancé. Ensemble, ces deux facteurs seraient responsables d’environ 9 % des cas de démence dans le monde, dont 7 % pour le mauvais cholestérol et 2 % pour les troubles visuels non corrigés. Le cholestérol, lipide indispensable au bon fonctionnement des cellules et à la production de certaines hormones et de la vitamine D, devient problématique lorsqu’il est présent en excès sous sa forme LDL. Les experts recommandent désormais un dépistage et une prise en charge précoces, notamment à partir de 40 ans.

Les quatorze facteurs identifiés comprennent un faible niveau d’éducation, la déficience auditive, l’hypertension artérielle, le tabagisme, l’obésité, la dépression, la sédentarité, le diabète, une consommation excessive d’alcool, les lésions cérébrales traumatiques, la pollution de l’air, l’isolement social, le mauvais cholestérol et la perte de vision non traitée. Les facteurs déjà reconnus représenteraient à eux seuls environ 40 % des cas mondiaux. Parmi les plus influents figurent la déficience auditive et le mauvais cholestérol, chacun associé à 7 % des cas, suivis du faible niveau d’éducation et de l’isolement social, responsables chacun de 5 % des situations observées.

Les experts appellent les gouvernements à renforcer les politiques publiques visant à réduire ces risques en facilitant l’accès à des modes de vie sains pour l’ensemble de la population. Ils préconisent notamment une meilleure prise en charge de la dépression, le traitement des troubles auditifs, la réduction de l’exposition aux bruits nocifs, la lutte contre la pollution atmosphérique et le tabagisme, ainsi que la promotion de l’activité physique régulière et des interactions sociales. Selon les chercheurs, un mode de vie sain combinant exercice physique, stimulation cognitive à l’âge adulte, absence de tabagisme et consommation modérée d’alcool peut non seulement réduire le risque de démence mais également en retarder l’apparition, avec des retombées positives majeures sur la qualité de vie des individus et sur les coûts supportés par les systèmes de santé.

Dans un contexte de vieillissement accéléré de la population mondiale, ces conclusions viennent rappeler que la démence ne relève pas uniquement de la fatalité biologique. Les données scientifiques montrent désormais qu’une action coordonnée, soutenue et équitable pourrait modifier durablement la trajectoire de cette maladie et offrir des perspectives d’espoir à des millions de familles à travers le monde.

Neila M

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