Coronavirus: L’Afrique face à la pandémie

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L’Afrique comptait, ce vendredi 27 mars, 3426 cas confirmés de coronavirus. Le Covid-19 a déjà coûté la vie à 94 personnes sur le continent, selon le Centre pour la prévention et le contrôle des maladies de l’Union africaine.

Les trois pays les plus touchés sont l’Afrique du Sud, le Burkina et le Ghana. Sur le continent, 24 pays ont fermé leurs frontières et dix ont suspendu leurs liaisons aériennes internationales. En Algérie, le confinement étendu Le confinement partiel est étendu, à partir de samedi 28 mars, à neuf wilayas supplémentaires. La wilaya de Blida est déjà en confinement total, comme la ville d’Alger est en confinement «partiel»  ce qui veut dire que les habitants sont libres de circuler en respectant les mesures de prévention, mais invités à rester chez eux malgré tout. Dans toutes ces régions un couvre-feu est en vigueur de 19h à 7h le lendemain. En Afrique du Nord, c’est en Algérie qu’on trouve le plus de cas confirmés après l’Égypte, soit respectivement 367 et 495 cas. Le Premier ministre, Djerad Abdelaziz, a décidé l’extension de la mesure de confinement partiel à neuf wilayas, applicable à compter, d’hier samedi et concerne la tranche horaire comprise entre 19h et 7h, indiquait les services du Premier ministère dans un communiqué. «En application des directives du président de la République et conformément au décret exécutif N° 20-70 du 24 mars 2020, fixant des mesures complémentaires de prévention et de lutte contre la propagation du coronavirus (Covid-19) sur le territoire national,  Djerad a pris, ce jeudi, un décret portant extension de la mesure de confinement à certaines wilayas». «L’article 2 du nouveau décret dispose que la mesure de confinement partiel est étendue aux wilayas suivantes : Batna, Tizi-Ouzou, Sétif, Constantine, Médéa, Oran, Boumerdès, El Oued et Tipaza». «Cette mesure de confinement partiel est applicable aux 9 wilayas citées à compter du samedi 28 mars 2020 et concerne la tranche horaire comprise entre 19h et 7 h». L’Algérie qui enregistre 42 nouveaux cas, totalise 409 dont 26 décès, selon le bilan du ministère de la Santé.  Avec 42 nouveaux cas de contamination au coronavirus dont un décès, ce vendredi, totalisant 409 cas et 26 décès, selon un nouveau bilan fourni par le ministère de la Santé. A l’échelle mondiale, le bilan de l’évolution de la pandémie du Covid-19 fait ressortir 467 710 cas confirmés, dont 47 794 nouveaux cas recensés durant les dernières 24h, de même que 20 947 décès, dont 2382 enregistrés durant le même laps de temps, a informé le Dr Fourar. Disparité des mesures contre le Covid-19 sur le continent africain En République démocratique du Congo (RDC), le confinement total intermittent de Kinshasa, qui devait démarrer ce samedi 28 mars, est reporté. Le service de communication de l’hôtel de ville de la capitale vient de l’annoncer. Selon la mairie de Kinshasa, le report a été pris en raison de la spéculation constatée sur les prix des produits de première nécessité. Il s’agit également de prévenir des actes susceptibles de créer l’insécurité. Plus de 50 cas ont été confirmés jusqu’à maintenant dans le pays, dont un dans l’Ituri, le premier hors de la capitale Kinshasa, la région frappée par la dernière épidémie d’Ebola. En Côte d’Ivoire, la capitale Abidjan, le service des maladies infectieuses et tropicales du CHU de Treichville a déjà dédié 5 salles, contenant plusieurs dizaines de lits, aux cas graves de Covid-19. Son unité de réanimation de 20 lits devait être réhabilitée. Sur l’ensemble du territoire, le plan de riposte prévoit l’aménagement d’une quinzaine de sites, d’une capacité totale de 500 lits, «pour une prise en charge graduelle des 1575 cas graves estimés». Le plan de riposte prévoit aussi de suivre médicalement les «contacts» des malades et de les confiner pendant deux semaines. Il préconise également de garantir l’acquisition de stocks de masques, gants et gels hydro-alcooliques, et de prendre des mesures pour éviter la flambée des prix des équipements et produits. Si le gouvernement a encadré le prix des gels en pharmacie, celui des gants et des masques s’est envolé en quelques jours dans la capitale économique ivoirienne. Concernant les dépistages, l’Institut Pasteur d’Abidjan est le seul laboratoire équipé pour les faire. Mais d’autres laboratoires devraient bientôt lui prêter main forte. Au Nigeria, le directeur de cabinet du Président atteint, en effet, le directeur de cabinet et principal conseiller, Abba Kyari, a été testé positif au coronavirus, selon plusieurs personnalités politiques de haut rang. Son entourage dément avec véhémence que le président Muhammadu Buhari, qui est âgé de 77 ans, soit malade. Sa dernière intervention publique remonte à mardi 24 mars. Au Nigeria, 63 cas ont été confirmés jusqu’à maintenant. Au Ghana, le confinement repoussé malgré ses 136 cas confirmés du Covid-19, ce pays n’a pas l’intention de retenir sa population à domicile, du moins pour l’instant.

Le président Nana Akufo-Addo a indiqué jeudi 26 mars qu’il souhaitait évaluer les répercussions d’une telle mesure avant de se prononcer sur son adoption. Lors d’un entretien avec des dirigeants syndicaux, à Accra, il a déclaré que le gouvernement trancherait «bientôt». La principale confédération syndicale (TCU, Trade Union Congress) a appelé, la semaine dernière, au confinement. Du côté de Madagascar, les autorités appellent les forces de l’ordre à faire respecter de manière «plus rigoureuse» le confinement et les distances que les Malgaches doivent garder entre eux. Dans un message sur son compte Twitter, le président Andry Rajoelina demande aux communes de veiller elles aussi au respect des mesures de prévention. Le chef de l’État ajoute que Madagascar dispose d’un stock de «médicaments ayant fait leurs preuves en Chine et en Europe pour 2000 patients». D’autres mesures de prévention, assure-t-il, «seront dévoilées dans les prochains jours». Quelque 24 cas ont été confirmés jusqu’à maintenant à Madagascar. Du côté de l’Érythrée, le gouvernement d’Asmara a suspendu, à partir de ce vendredi, les transports publics, notamment les autobus, minibus et taxi, dans toutes les villes du pays. Il est désormais interdit de se rendre d’une ville à l’autre ou d’une région à l’autre. Les vols internationaux ont été suspendus dès jeudi. Les rassemblements de plus de 10 personnes sont prohibés. Au Sénégal, le président a déclaré l’état d’urgence pour lutter contre la progression du coronavirus et un couvre-feu a été décrété depuis mardi soir, entre 20h et 6h du matin. Au premier jour de sa mise en place, des violences policières ont été dénoncées, et la police a reconnu des «interventions excessives» pour faire respecter la mesure. Depuis, le message semble être passé à Dakar, non sans difficultés pour les habitants de la capitale. Des hommes politiques affectés Le président du Botswana, Mokgweetsi Masisi, le Premier ministre de Côte d’Ivoire, Amadou Gon Coulibaly, et le    «patron» de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, sont en quarantaine après avoir été en relation avec des personnes qui ont été testées positives au coronavirus. «Il va bien et ne présente aucun symptôme de coronavirus», précise l’entourage de Moussa Faki Mahamat. Son collaborateur touché est un ressortissant mauricien de 72 ans, qui selon la ministre éthiopienne de la santé, est rentré à Addis Abeba le 14 mars après avoir séjourné en République démocratique du Congo. Pour limiter la propagation de la pandémie, l’UA a enjoint la grande majorité de ses employés de travailler à domicile.    Un nouveau test de dépistage en Afrique du Sud L’Afrique du Sud entend se servir d’un test utilisé jusqu’à maintenant pour le dépistage de la tuberculose pour identifier plus rapidement les cas du Covid-19. Le GeneXpert, approuvé par les autorités sanitaires américaines, la semaine dernière, est attendu en Afrique du Sud en avril. Plus petit, plus facilement transportable, ce kit ou «test syndromique rapide» permet d’avoir les résultats en moins d’une heure hors laboratoire. En Afrique du Sud, le nombre de cas confirmés était vendredi de 1170. L’Afrique du Sud a entamé par ailleurs son deuxième jour de confinement total ce samedi. La journée de vendredi a pris la forme d’un test pour le gouvernement, qui reconnaît plusieurs ratés et entend travailler sur de nouvelles mesures pour encourager la distanciation sociale et malgré les mises en gardes del’armée et de la police et la dispersion de groupes dans le centre-ville de Johannesbourg, de longues files compactes se sont formées devant les supermarchés, sans aucune distance entre les clients. Dans les taxis collectifs autorisés à circuler, difficile aussi pour les conducteurs de limiter et d’espacer les personnes transportées. Si dans les quartiers les plus riches, la vie semblait comme en suspens, les nombreuses ruelles des townships, ces quartiers défavorisés où s’agglutinent des habitations de fortune, étaient aussi animées que d’habitude, et les habitants ont joué au chat et à la souris avec les autorités. La médecine «traditionnelle» au banc d’essai au Burkina Un essai clinique évaluera l’efficacité d’un médicament à base de plantes, l’Apivirine, pour aider les malades à combattre le virus, selon le ministre burkinabè de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Alassoum Maïga. Il sera mené dans le site de confinement du Centre hospitalier universitaire de Tingandogo, dans la région Centre. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a sollicité récemment la contribution de la médecine traditionnelle dans la recherche d’un traitement de la maladie à nti-coronavirus. L’Apivirine est un anti-rétroviral utilisé notamment contre le VIH. En Somalie, l’importation du khat à l’arrêt En Somalie, les mesures de précaution prises par le gouvernement pour lutter contre la propagation du virus Covid-19 ont des conséquences sur la vie sociale. Elles ont notamment provoqué l’arrêt de l’importation du khat, cette plante stimulante qu’on mâche beaucoup des deux côtés de la mer Rouge. Mais pour le célèbre militant somalien anti-khat Abukar Awale Qaâdiid, la pénurie est une bonne nouvelle.  La Tunisie rend hommage à son personnel médical La Banque centrale de Tunisie a mis en circulation vendredi 27 mars un nouveau billet de 10 dinars (environ 3 euros) illustré, pour la première fois, d’un portrait d’une femme : Tawhida Ben Cheikh, la première femme médecin du Maghreb. Il s’agit, selon Abdelaziz Ben Saïd, un responsable de la Banque, de rendre hommage aux médecins au moment où « notre armée blanche est en première ligne dans la guerre» contre le coronavirus.

Yasmine D.