Conflits et crises en Afrique: Le président Tebboune plaide pour une approche globale et intégrée

0
84

Représentant le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a pris part, à Addis-Abeba, au 39e sommet de l’Union africaine (UA) au cours duquel les engagements de l’Algérie ont été réaffirmés. A cette occasion, le président de la République a salué les efforts du président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, durant sa présidence du Conseil de paix et de sécurité (CPS) pour le mois en cours, ainsi que l’important rapport qu’il a présenté dans un contexte délicat marqué par des complexités géopolitiques et des pressions sécuritaires accrues.

Il a réaffirmé la position constante de l’Algérie à l’égard des conflits que connaît le continent, réitérant son plein soutien à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo. S’agissant du Sahel, il a relevé la nécessité d’adopter une approche globale et intégrée, tenant compte de l’étroite intrication entre sécurité et développement, tout en s’attaquant aux racines socioéconomiques alimentant l’extrémisme violent. Concernant la situation en Libye, le président de la République a réitéré le soutien de l’Algérie au processus politique inter-libyen, ainsi qu’aux efforts continentaux et onusiens visant à rapprocher les points de vue entre les frères libyens, soulignant que l’unique issue à la crise réside dans l’organisation d’élections libres et transparentes et le retrait complet et immédiat de toutes les forces étrangères et des mercenaires, de manière à garantir l’unité et la souveraineté de la Libye.

Au sujet de la situation au Soudan, le chef de l’Etat a exprimé sa profonde consternation face à la tragédie humanitaire et aux violations sans précédent, saluant le rôle central de l’UA dans ses efforts de règlement de la crise.

Il a également appelé à un cessez-le-feu immédiat et au lancement d’un dialogue national inter-soudanais, souverain et inclusif, à même de mettre fin à l’effusion de sang et de répondre aux aspirations du peuple soudanais.

Dans la région de la Corne de l’Afrique, l’Algérie a souligné la nécessité de respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale des Etats et de régler les différends par des moyens pacifiques à travers un dialogue constructif dans le cadre des mécanismes de l’UA.

S’agissant du processus de décolonisation au Sahara occidental, le président de la République a réaffirmé le soutien de l’Algérie aux efforts déployés par l’Organisation des Nations Unies en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, conformément aux buts et principes de la Charte des Nations Unies et aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, tout en soulignant l’importance de poursuivre un engagement constructif dans le processus politique sous l’égide de l’ONU et d’appuyer le rôle du Représentant personnel du Secrétaire général.

L’Algérie a également appelé à faire face aux ingérences extérieures illégitimes, qui comptent parmi les principaux facteurs attisant l’instabilité et entravant les processus de règlement des conflits et de construction démocratique sur le continent. Il a souligné que la réponse à ces défis requiert la pleine opérationnalisation de l’Architecture africaine de paix et de sécurité, ainsi que la traduction concrète du principe des « solutions africaines aux problèmes africains ».

Dans ce contexte, l’Algérie a réitéré son attachement aux solutions pacifiques aux conflits et son soutien aux approches africaines pour les problèmes africains, ainsi que son engagement à continuer à contribuer efficacement aux efforts de promotion de la paix et de la stabilité et au renforcement des mécanismes de prévention et de règlement des conflits. Elle a, d’autre part, affirmé que sa pleine adhésion au processus de l’action africaine commune demeure un choix stratégique constant qui traduit son engagement en faveur du renforcement de la solidarité continentale, de la consolidation des fondements de la paix et de la sécurité, et de la promotion du développement durable, en vue de conforter la place de l’Afrique et son rôle sur la scène internationale.

Par ailleurs, le chef de l’Etat avait indiqué que le succès du partenariat Italie-Afrique exige de faire du développement économique et social en Afrique et du respect de la souveraineté nationale l’axe de toute coopération entre les deux parties. Dans une allocution adressée aux participants aux travaux du 2e Sommet Afrique-Italie, qui s’est tenu en marge du sommet de l’UA, le président de la République a précisé que « le succès du partenariat Italie-Afrique exige de faire du développement économique et social en Afrique l’axe de toute coopération, de même que le respect de la souveraineté nationale et des choix de développement, le renforcement de la coordination avec l’Agenda 2063 de l’Union africaine, la garantie d’un financement suffisant et la mise en œuvre efficace des projets ».

Rappelant que l’Afrique place en tête de ses priorités « l’établissement de partenariats équilibrés, basés sur la réciprocité, la confiance et les intérêts communs à long terme et non pas sur des approches conjoncturelles ou unilatérales », le président de la République a indiqué que l’Algérie, convaincue du potentiel du partenariat Italie-Afrique, est disposée à poursuivre sa contribution pour le faire aboutir dans un « esprit responsable et constructif ».

Aussi, a-t-il appelé de ses vœux une nouvelle étape (du Plan Mattei) qui soit « plus ambitieuse, plus inclusive et plus efficace », en vue de « construire ensemble un avenir commun prospère au service de l’Afrique et de l’Italie ».

Le président de la République a, par ailleurs, souligné que la concomitance de la tenue du Sommet Afrique-Italie et du Sommet de l’Union africaine confère au premier une dimension politique particulière et traduit une prise de conscience croissante de l’importance de la dimension africaine dans l’établissement des partenariats internationaux.

« Elle nous place également devant une responsabilité collective reposant sur la clarté de la vision et l’engagement dans la mise en œuvre », a-t-il ajouté.

Il a, en outre, indiqué que ce deuxième Sommet est l’occasion d’évaluer ce qui a été accompli depuis le lancement du Plan Mattei et de définir, de manière collective et constructive, les priorités futures. L’Algérie y prend part en tant que « partenaire actif », convaincue que « l’Afrique n’accepte plus d’être un simple spectateur des politiques la concernant, mais entend être un acteur souverain dans leur élaboration et leur mise en œuvre », a-t-il soutenu.

Il a, dans ce contexte, passé en revue les domaines de coopération couverts par l’expérience algéro-italienne, qui remonte à plusieurs décennies, citant le partenariat stratégique entre les deux pays dans le domaine de l’énergie qui représente un « modèle exemplaire », ainsi que d’autres domaines vitaux comme le projet agricole intégré à Timimoun et le Centre de formation, de recherche et d’innovation agricole Enrico-Mattei dans la wilaya de Sidi Bel Abbès, à dimension africaine.

De tels projets font du Plan Mattei un « cadre opérationnel efficace dès lors qu’il se focalise sur des projets structurants, respecte les priorités de développement dans nos pays et s’inscrit, dans sa conception et sa mise en œuvre, dans une perspective africaine », a assuré le président de la République.

De son côté, le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Mahmoud Ali Youssouf, a insisté sur la nécessité de consacrer le principe des « solutions africaines aux problèmes africains », prévenant qu’il ne s’agit plus d’un simple slogan politique, mais d’un impératif imposé par les crises transfrontalières.

Il a mis en avant l’importance de ce sommet, consacré à la sécurité hydrique et aux systèmes d’assainissement, en tant que « ressources vitales pour les peuples africains et leurs économies », mais aussi un « bien commun qui doit constituer un facteur de paix et de rapprochement ».

Il a aussi passé en revue les priorités à l’ordre du jour de ce sommet, qui se tient dans un « contexte géopolitique tendu, marqué notamment par des foyers de tension au Sahel, dans la Corne de l’Afrique et dans certaines parties de l’Afrique centrale, avec la persistance des menaces de groupes terroristes et la montée des conflits internes ».

Pointant les « grandes difficultés auxquelles se heurtent aujourd’hui les efforts visant à faire taire les armes sur le continent », M. Mahmoud Ali Youssouf s’est notamment inquiété de la « fragilité politique et institutionnelle » dans certains pays africains, dans un contexte où « les conflits ouverts ou latents se muent en crises chroniques et où les changements anticonstitutionnels refont surface ».

Le dérèglement de l’ordre international a sans aucun doute un impact considérable sur les affaires du continent, a-t-il souligné, mettant en garde contre le danger des ingérences extérieures dans les affaires africaines, au moment où le multilatéralisme est malmené, avec l’émergence des logiques unilatérales et protectionnistes sur la scène internationale. Il a, à cet égard, insisté sur la nécessité pour l’Afrique de renforcer sa position en accélérant les programmes d’intégration politique et économique, appelant les institutions africaines à « redoubler d’efforts » et à « faire preuve de davantage de détermination ».

Le président de la Commission de l’UA a, par ailleurs, insisté sur l’impératif de mettre fin au génocide commis contre le peuple palestinien. « La souffrance des Palestiniens doit interpeller nos consciences. Il faut mettre fin à ce génocide », a-t-il lancé.

T. Benslimane

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici