La ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a poursuivi, mardi à Alger, sa série de rencontres interactives avec les professionnels du cinéma, en recevant, au siège du ministère, plusieurs acteurs du secteur à l’occasion de la troisième réunion participative dédiée à l’examen des défis et des perspectives de développement de l’industrie cinématographique nationale.
Cette rencontre a permis un échange approfondi autour du rôle central du film documentaire, considéré par les participants comme l’une des formes majeures de l’expression cinématographique. Les intervenants ont mis en avant sa capacité à accompagner la réalité sociale, à préserver la mémoire collective et à documenter les mutations de la société algérienne. Ils ont également insisté sur la nécessité d’adopter, à l’avenir, une approche intégrée conciliant cinéma commercial et cinéma d’auteur, afin de soutenir la dynamique économique du secteur tout en préservant le goût du public et en renforçant la valeur artistique et esthétique des œuvres produites. Les échanges ont également porté sur les nouveaux modèles d’exploitation des salles de cinéma, notamment à travers l’ouverture à des compétences spécialisées répondant à des cahiers des charges précis. Les participants ont souligné l’importance de garantir la qualité de la gestion, la durabilité de l’activité et la création d’un environnement économique favorable à l’émergence d’une industrie cinématographique nationale pérenne. La réunion a, par ailleurs, donné lieu à une discussion approfondie sur le rôle des ciné-clubs dans la revitalisation de l’espace culturel et l’élargissement de la base du public cinéphile. Leur contribution à la sensibilisation esthétique et critique, en particulier auprès des jeunes, a été mise en exergue, notamment à travers l’accompagnement des projections par des débats et des analyses favorisant une réception consciente et éclairée des œuvres. L’importance de soutenir et d’encadrer ces structures a été soulignée, afin de renforcer la présence du cinéma dans l’espace culturel public. Dans ce contexte, les participants ont évoqué le rôle structurant des fédérations de ciné-clubs, en tant que cadre organisationnel global permettant la coordination des efforts, l’harmonisation des programmes et le développement de la coopération entre les différents clubs à travers le territoire national. Cette démarche vise la mise en place d’un projet culturel cinématographique organisé et durable. En clôture de la rencontre, la ministre de la Culture et des Arts a réaffirmé la volonté de son département d’accompagner et de soutenir ces initiatives, dans l’objectif de renforcer la participation culturelle et d’élargir la base du public cinématographique. Il convient de rappeler que cette troisième rencontre intervient après une deuxième réunion consultative ayant abordé plusieurs thématiques communes, notamment l’orientation de la production cinématographique vers le public et l’analyse de la demande cinématographique en tant que levier essentiel pour instaurer une dynamique durable entre la création et les salles. L’accent avait alors été mis sur la nécessité pour les films de refléter la diversité culturelle, linguistique et identitaire de la société algérienne, ainsi que sur l’importance de soutenir les premières œuvres et les courts métrages comme espaces d’expérimentation et de révélation de nouveaux talents. Les échanges ont également porté sur le développement des infrastructures des salles de cinéma, l’investissement dans la formation de compétences pluridisciplinaires capables de garantir une représentation technique et esthétique de l’Algérie sur la scène internationale, ainsi que sur l’adoption de normes de qualité dans la sélection et le soutien des projets cinématographiques, fondées sur l’innovation, la transparence et l’exigence artistique. À travers ces rencontres consultatives rapprochées, la ministre inscrit le développement du cinéma national dans une vision intégrée, prenant en compte les dimensions artistique, culturelle et économique. Une démarche qui vise à jeter les bases d’une stratégie opérationnelle et durable pour la promotion du cinéma algérien, en favorisant la production d’œuvres de qualité et la construction d’un public conscient, actif et engagé, capable de soutenir et de valoriser la création cinématographique nationale, tant sur le plan local qu’international.
Rayan B






